COVID-19 : Combien de secrets les États-Unis cachent-ils ?

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Andrew Korybko
publié le 10 avril 2020

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des informations stupéfiantes ont été révélées au grand jour cette semaine, selon lesquelles l’administration Trump aurait été au courant de la gravité de la pandémie de COVID-19 depuis la fin novembre. Pourtant, le président a publiquement minimisé cette maladie, et ce encore récemment.

Des soignants transportent un patient vers une tente de triage devant le centre de soins de Maimonides, au cours de la pandémie de coronavirus dans l’arrondissement de Brooklyn, New York, États-Unis, le 8 avril 2020 /Xinhua

Des questions se lèvent quant à la manière dont le gouvernement traite des informations centrales quant à la sécurité nationale, quant à la possible politisation de ces informations par des membres de l’information, et quant à la possibilité que Trump ait pu être induit en erreur, ou ait menti à tout le monde pendant toute cette période.

Selon les rapports qui sortent, le Centre national des renseignements médicaux (NCMI – National Center for Medical Intelligence), affilié à l’armée, a fait part de préoccupations dès la fin novembre, décrivant le pire scénario possible au moment du début d’épidémie du nouveau coronavirus à Wuhan comme « pouvant devenir un événement cataclysmique », selon les termes employés par une source anonyme citée par ABC News dans son article à ce sujet sous le titre « Un rapport des renseignements a sonné l’alerte sur la crise du coronavirus dès le mois de novembre » L’article affirme également que les renseignements avaient été soigneusement vérifiés et avaient fini par atterrir sur le bureau de Trump début janvier.

Mais le NCMI a réfuté l’existence de ce rapport, déclarant sèchement qu’« il n’existe aucune production de la sorte de la part du NCMI. » Cependant, un autre rapport, publié plus tôt cette semaine, semble confirmer l’affaire selon laquelle certains dirigeants de l’administration, a minima, étaient au courant de la gravité de cette épidémie virale. Le New York Times a publié un article il y a quelques jours sous le titre : « Un conseiller au commerce a averti la Maison-Blanche au mois de janvier des risques de pandémie, » affirmant que Peter Navarro, le conseiller de Trump au commerce était activement impliqué dans la levée de l’alarme à ce sujet.

Des gens pratiquent la distanciation sociale dans une file d’attente pour accéder à un supermarché d’Arlington, en Virginie, aux États-Unis, le 4 avril 2020. /Xinhua

Le Times a indiqué que « Le mémo de janvier écrit par M. Navarro était daté le même jour que celui où M. Trump a défini le groupe de travail devant gérer la menace, et le même jour au cours duquel l’administration se demandait s’il fallait refuser l’accès au territoire à certains voyageurs en provenance de Chine, une alternative soutenue par M. Navarro. »

L’un des avertissements les plus critiques que M. Navarro aurait émis, serait que « L’absence de protection immunitaire, de traitement, ou de vaccin, pourrait laisser les Américains sans défense en cas d’éclatement d’une épidémie à grande échelle de coronavirus sur le sol étasunien. »

L’article relate également qu’« il a poursuivi en soulignant que le ‘risque d’un scénario du pire en matière de pandémie ne doit pas être négligé’ au vu des informations en provenance de Chine, » ce qui constitue un détail intéressant, suggérant que ce même faucon impliqué dans la guerre commerciale contre la Chine aurait accordé du crédit aux déclarations officielles de la Chine selon lesquelles l’épidémie devait être prise très au sérieux, contrairement à la posture adoptée par Trump à l’époque. Mais ce n’est pas la seule note qu’il a laissée : le Times fait mention d’une autre note en date du 23 février.

Cette nouvelle note, est-il indiqué, aurait expliqué que la « probabilité croissante d’une véritable pandémie de COVID-19, pouvant infecter pas moins de 100 millions d’Étasuniens, avec à la clé la mort de pas moins de 1,2 millions de personnes, » pour lequel Navarro — que les sources du Times mentionnent comme auteur anonyme de cette note — estimait nécessaire que le Congrès débloque des fonds importants, avertissant sinistrement que « Ce n’est pas le moment de compter les sous ou de marchander pour le Congrès. » Bien que la véracité de ces articles ne puisse pas être confirmée, on peut extrapoler beaucoup d’informations en les utilisant comme base.

Si on considère qu’ils contiennent une part de vérité, les scénarios qui suivent pourraient expliquer pourquoi l’administration n’a pas agi plus tôt sur la base des informations qu’elle aurait reçus, ou ne les a pas considérés avec l’attention qu’il aurait fallu.

Tout d’abord, le gouvernement étasunien est un réseau gigantesque d’agences, de départements et d’individus ; exactement comme lors du déroulement des attentats terroristes du 11 septembre, les informations nécessaires pourraient n’avoir pas atteint le bon niveau de décision (dans les temps) pour déclencher le niveau de réponse qu’il aurait fallu.

La seconde explication est que certains dirigeants de l’administration ont politisé ces informations, suivant leur supposition subjective qu’« on ne peut pas faire confiance à la Chine, » induisant dès lors Trump en erreur quant à la dangerosité de ce virus.

Et enfin, le dernier scénario — qui, pour peu probable qu’il soit, ne saurait être définitivement écarté tant que l’enquête des Démocrates à ce sujet n’aura pas été achevée — est que les rouages du gouvernement ont fonctionné comme ils auraient dû, mais que Trump a soit négligé son devoir, soit menti purement et simplement au peuple étasunien : dans les deux cas, cela pourrait constituer un crime.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Source :Traduit par José Martí, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

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