La Chine, Hong Kong et les syndicats.

 accueil    strategie 

jean-pierre page Ancien responsable du département international de la CGT.
publié le 14 juillet 2020

envoyer à un ami  recommander à un ami

« Entendre un coup de tonnerre ne prouve pas qu’on a l’ouïe fine ».
Sun Tzu. [1]

Le Parlement Chinois et le Comité Permanent de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) de Chine viennent de voter une loi sur la sécurité nationale, celle-ci est facilement consultable [2]. Elle complète le Statut spécial qui régit Hong Kong depuis 1997.

Cette décision a immédiatement entraîné un concert de protestations. La charge a été sonnée par les Etats-Unis, qui ont été suivi immédiatement par les gouvernements occidentaux et l’Union Européenne avec la mobilisation habituelle des médias. On a accusé tour à tour Pékin « de vouloir absorber Hong Kong (sic) » [3], « Pékin impose au forceps la loi sur la sécurité nationale » [4], « Pékin prend en mains la sécurité de Hong Kong. ».

A travers cette indignation générale et hypocrite on a aussi trouvé des fondations comme celle de « l’Open Society » de Georges Soros, le « National Endowment for Democracy »(NED), l’« Open Technology Fund » (OTF) [5], « Freedom House », ou des ONG comme le « Center for Applied Non Violent Action and Stategies » (CANVAS) [6] de Srdja Popovic, le fondateur « d’OTPOR » qui conseille Joshua Wong le jeune leader séparatiste de Hong Kong ainsi que le « Occupy Central with Love and Peace » (OCLP) organisation initiatrice du « mouvement des parapluies ».

Le syndicalisme international, à travers la « Confédération Syndicale Internationale (CSI) » [7] n’a pas voulu être en reste. Elle s’est également engagée dans cette nouvelle campagne de diabolisation de la Chine. La CSI est connue pour n’avoir rien à dire contre les millions de licenciements actuels, contre la progression exponentielle « de la faim dans le monde » [8], contre l’abime des inégalités et l’enrichissement obscène des plus fortunés, contre le racisme et les violences aux USA, ou contre l’annexion des territoires palestiniens par le régime criminel Israélien. Non ! Elle est indignée de voir la Chine exercer un droit inaliénable, celui de faire respecter sa souveraineté. Sans doute la CSI est-elle nostalgique de l’époque des « Concessions » [9]étrangères quand celles-ci imposaient leurs conditions à la Chine.

Dans cet attelage anti chinois figure aussi la CGT. [10] Cela n’est pas totalement une surprise !

L’attitude à l’égard de la Chine est en conformité avec une orientation dont trop de syndicats et militants CGT sous-estiment encore le changement ! Ainsi, depuis 20 ans, la direction confédérale a pris pour habitude d’adhérer sans nuances aux pires caricatures au sujet de la Chine. Elle a abandonné son programme de coopération avec la Fédération des Syndicats de Chine, encouragé la création de pseudo syndicats en Chine, et fait des manifestations à Hong Kong un sujet de prédilection. On peut même se poser la question de savoir si à travers ce qui relève d’une idée fixe, elle ne tente pas une réécriture de sa propre histoire en forme d’exorcisme. Car la CGT, il y a bien longtemps a compté dans ses rangs des militants et hommes d’état chinois aussi prestigieux que Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Chen Yi, Cai Hesen [11], et beaucoup d’autres du « Mouvement Travail-Etudes » dans les années de 1912 à 1927. [12] Certes, il s’agissait alors de la CGT Unitaire [13], opposée à la majorité réformiste de la CGT dirigée par Léon Jouhaux, ce chaud partisan de « l’union sacrée », à la veille de la première guerre mondiale. [14]

Dans son récent communiqué [15] au sujet des décisions du Parlement Chinois sur Hong Kong, la déclaration de la CGT procède par raccourcis en s’appuyant sur aucun faits précis. Visiblement, dans sa précipitation, le département international de la CGT n’a pas pris la précaution ni le temps de consulter le texte officiel de cette loi spécifique à Hong Kong. Il convient donc de clarifier plusieurs points et de replacer les choses dans leur contexte.

1- Ainsi contrairement a ce qui est affirmé, la présente loi ne met pas un terme aux précédentes, du fait même qu’aucune législation sur la sécurité à Hong Kong n’existait avant celle-ci. C’était d’ailleurs là, le problème comme on va le voir plus loin.

2- La loi réaffirme d’emblée le respect des principes des droits humains, le droit de réunion, de manifestation, d’expression, de publication. Elle rappelle le principe de présomption d’innocence. La loi est placée sous la responsabilité directe du chef de gouvernement de Hong Kong, des institutions et administrations du territoire qui veillent à son application comme à la désignation des magistrats. Le Chef de la police est nommé par les autorités locales. Un bureau et des moyens sont mis en place pour prendre en charge cette mission, son fonctionnement échoit au territoire.

3- La loi n’évoque à aucun moment le respect du droit syndical qui est garanti à Hong Kong y compris le pluralisme syndical puisque il existe plusieurs confédérations d’orientations bien différentes. Oser dire que les « syndicalistes seront considérés comme terroristes s’attaquant à la sécurité d’état » n’est pas un argument sérieux.

4 - Il est tout aussi inexact de prétendre que la nouvelle loi mettrait un terme à 49 conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dont 6 fondamentales que Hong Kong avait ratifié. La loi dont ce n’est pas l’objet n’évoque jamais le droit du travail et encore moins l’action de l’OIT qui d’ailleurs ne s’est pas exprimé sur ce sujet. Faut-il ajouter que la CISL à laquelle a succédé la CSI n’avait rien trouvé à redire quand Bill Clinton a soutenu une réforme de l’OIT conduisant à se débarrasser des conventions et normes jugés obsolètes [16]. Il recommandait d’en conserver que quelques unes. C’est d’ailleurs dans le même esprit que Guy Ryder ancien secrétaire général de la CISL puis de la CSI et actuel directeur général de l’OIT propose une transformation radicale de cette agence internationale qui déboucherait sur une nouvelle charte de Philadelphie [17].

5 - Qu’en est-il des 370 arrestations de militants menacés de peine « de prison à vie » selon le département international de la CGT ? Celles-ci sont en réalité moins de la moitié selon les agences de presse et n’ont donné lieu à aucune suite de quelque nature que ce soit. En fait, elles sont le résultat d’une manifestation d’un millier d’étudiants. Il est vrai que ces interpellations par la police ne sont pas plus acceptables à Hong Kong, à Paris ou ailleurs. Toutefois, il faut rappeler au mouvement syndical en France qu’il n’a pas jugé bon de condamner les violences, les incarcérations, les peines de prison ferme dont les gilets jaunes ont été les victimes. Il faut être cohérent! On attend encore un engagement et une action de la part de la CGT en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah ou de Julian Assange. La politique des deux poids et deux mesures est partout inacceptable.

6 -En fait, le problème est que la CSI, la CFDT et la CGT semble contester, mais sans le dire directement, le droit de la Chine à faire respecter son intégrité, son unité et à mettre un terme aux ingérences étrangères. Plutôt, que d’interpeller les autorités chinoises ou solliciter l’avis des syndicats du pays concerné, la CGT sans peur du ridicule, préfère s’en remettre à Macron et son gouvernement qu’elle interpelle « pour faire respecter à Hong Kong les droits fondamentaux ». Sur ce plan en effet et sans ironie, il est difficile de contester l’expertise du locataire de l’Elysée.

7 - L’outrance de certaines déclarations syndicales peut laisser entendre que Hong Kong ne serait pas la Chine. Ce qui logiquement reviendrait à admettre que cela pourrait être aussi le cas du Tibet, de la région autonome Ouïghours du Xinjiang [18] de Taïwan et pourquoi pas pendant qu’on y est de la légitimité du système et du pouvoir politique dans la République Populaire de Chine depuis 1949.

8 - Pourtant, Hong Kong a été très officiellement rétrocédé à la Chine Populaire en 1997. Elle est devenue une région administrative disposant d’un statut particulier jusqu’en 2048. Ainsi, partie intégrante du territoire chinois, elle bénéficie d’un protocole original mais provisoire qui permet un fonctionnement selon la formule « un pays deux systèmes ». [19] Un seul pays et non deux, ce que visiblement certains syndicalistes aveuglés, n’arrivent pas à comprendre, au point de se poser la question : en fait ne sont-ils pas attachés à voir perdurer le capitalisme à Hong Kong? La formule mise au point à l’époque entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping implique l’appartenance indiscutable du territoire à la Chine. Il ne saurait y avoir d’ambiguïté à ce sujet. Le drapeau rouge aux 5 étoiles flotte sur tous les bâtiments publics à Hong Kong et il n’existe aucune frontières entre le continent et la presqu’ile. Le monde entier s’accorde sur ce point. Visiblement, pas tout a fait quand même !

Mais au fond, qu’en est-il des institutions à Hong Kong ?

Depuis 1997, la transition s’est accompagnée d’un fonctionnement original puisque le chef de l’exécutif de Hong Kong précédemment désigné comme « Gouverneur » par Londres est dorénavant proposé par l’Assemblée Nationale Populaire Chinoise. Il est élu par un collège de grands électeurs du territoire : le Comité électoral de Hong Kong. Il s’agit de la Cheffe de l’exécutif Carrie Lam, celle qui a été soumise à la pression des manifestations et qui finalement en a tenu compte en annonçant l’abandon du projet d’extradition. [20] Sujet éminemment politique à l’origine des évènements qui concernait la corruption du monde des affaires et ses rapports avec la criminalité.

Pendant plus d’un siècle et demi et jusqu’en 1997, les colons britanniques ont régné sur Hong Kong, il n’y avait pas d’élections et cela ne posait aucun problème aux puissances occidentales. En fait, la Chine a introduit un système autrement plus démocratique et là, soudainement, ceci est devenu une mise en cause caractérisé des droits de l’homme.

A partir de1998, le Conseil législatif sorte de Parlement a été élu, « le Legco ». Il l’est pour moitié par la population et pour l’autre à travers une désignation des représentants des corporations professionnelles locales. Cette institution parlementaire vote des lois, décide du budget et désigne les magistrats. Le capitalisme comme système perdure dans la sphère économique et monétaire. Il n’y a pas d’armée de Hong Kong c’est la Chine qui depuis 1997 et conformément aux accords de rétrocession assure la sécurité du territoire! Mais c’est la région administrative et la Cheffe de l’exécutif qui doit s’en charger, ce qui sera particulièrement le cas en ce qui concerne l’application de la loi qui vient d’être votée.

Voici, une vingtaine d’années le Conseil Consultatif de Hong Kong devait élaborer et décider d’une telle législation pour laquelle il avait reçu un mandat. Le problème c’est qu’il ne l’a pas fait. Dans le même temps, la recherche systématique de nouveaux sujets de conflits avec la Chine a conduit les Etats-Unis à multiplier ouvertement les ingérences sur le territoire. Devant cet état de fait, le gouvernement central et le Parlement à Pékin ont décidé d’assumer leurs responsabilités afin de combler le vide législatif conséquence des défaillances de l’administration locale.

Cette loi sur la sécurité interdit la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec une puissance étrangère ou des éléments extérieurs, toutes choses mettant en cause la souveraineté nationale. Or, Hong Kong n’est pas une lointaine dépendance de la Chine appelée à le devenir ou au statut contesté, c’est la Chine, y compris dans sa continuité géographique ! Cette prérogative du parlement Chinois est par conséquent conforme au droit international. Elle est imprescriptible et régit le statut, les droits et devoirs de tous les membres des Nations Unies sans aucune exception. Il en va de même du fonctionnement de l’Assemblée générale de l’ONU ou chaque état compte pour un. Hong Kong, faut-il le rappeler n’est pas membre de l’ONU.

Chaque état a donc le pouvoir de se donner les moyens de défendre sa souveraineté dans le cadre de frontières reconnues. C’est évidemment très différent de la conception « élastique » qu’ont les Etats Unis et Israël qui déterminent leur sécurité nationale en empiétant ou en s’accaparant unilatéralement le territoire de leurs voisins comme en le voit en Cisjordanie, au Liban ou en Syrie, voire beaucoup plus loin encore, quand Washington le réaffirme selon l’ancienne doctrine Monroe [21] à l’égard de l’Amérique Latine. C’est notamment le cas pour Cuba et le Venezuela, ou encore pour des pays dont la plupart des américains auraient sans doute du mal à les situer sur une carte de géographie comme l’Afghanistan, la Syrie, l’Iran, la Corée, voir l’Europe de l’Est ou les Pays Baltes.

Il faut donc et comme toujours replacer les choses dans leur contexte réel et ne pas laissez faire l’imagination ou la paresse. Prendre le temps et un peu de hauteur de vue sur le sujet est nécessaire, singulièrement pour le département international de la CGT!

La colonisation de Hong Kong était pour l’Empire Britannique un enjeu de première importance. Elle a duré 150 ans. Elle permettait une présence économique, militaire et géopolitique dans une région décisive. Par ailleurs, le marché de l’opium dont elle détenait le monopole était pour Londres une source de revenus non négligeable. Dans une moindre mesure cela était aussi le cas de Macao, pour le Portugal. Aujourd’hui on trouve à Hong Kong 1350 multinationales US qui ont leurs bureaux et 85 000 citoyens américains y vivent, ainsi que 34 000 britanniques et 300 000 canadiens. [22].

Ce qui était vrai hier, l’est tout autant aujourd’hui. Hong Kong permet un accès direct à la Chine et demeure un objet de convoitise. Le port de Hong Kong est devenu avec le temps, l’un des premiers au monde pour le trafic des containers et des pétroliers. A l’extrémité de la rivière des Perles (Zhu Jiang), le territoire est un site particulièrement favorable, véritable porte d’entrée de la Chine [23]. Les caractéristiques stratégiques de Hong Kong sont devenues pour Washington des préoccupations essentielles et ne sont pas étrangères à l’hégémonie que les Etats Unis entendent exercer dans cette partie du monde à travers une conflictualité permanente avec la Chine et la Russie.

Le « National Defense Strategy Plan » [24] qui constitue une bible pour le Pentagone et le Département d’Etat considère en effet « l’Asie du Sud Est » comme décisive pour le maintien de la suprématie mondiale US. Barak Obama en avait fait une priorité avec son « Pivot to Asia ». « Si nous ne fixons pas les règles, la Chine les fixera » [25] avait-il proclamé. Avec Donald Trump, les néoconservateurs ont poursuivi cette politique. Dans le contexte de crise systémique du capitalisme marquée par le déclin US illustré entre autre par l’épidémie de Covid19 et l’explosion du chômage, il ne fait guère de doute que cette préoccupation est devenue obsessionnelle. Dans un avenir proche, et sans doute, de manière plus agressive encore « Sleepy » Joe Biden, s’il est élu président ne dérogera pas de cette orientation y compris avec en prime les risques d’une confrontation nucléaire. Cette perspective n’est d’ailleurs pas sans inquiéter la Chine et d’autres pays de la région comme la Corée du Nord et du Sud ou les Philippines. Xi Jinping a appelé les forces armées chinoises à réfléchir aux pires scénarios. [26] Dans le même temps l’Australie [27] a décidé d’accroitre nettement son budget de défense. Aux Etats-Unis le secteur militaro-industriel est en expansion avec y compris d’importants investissements et même des créations d’emplois pour assurer la modernisation des équipements militaires en particulier la force nucléaire.

C’est pourquoi depuis 1997 l’impérialisme n’a pas ménagé les moyens de pressions pour utiliser, manipuler, influencer, financer les forces politiques, sociales et économiques locales hostiles à la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

Ces tentatives incessantes de déstabilisation ont été imagées par l’hyper médiatisation du « mouvement des parapluies » tout comme la survalorisation des dirigeants séparatistes qu’ils soient étudiants comme Joshua Wong, ou syndicaliste comme Lee Cheuk Yan secrétaire général de la HKCTU ou multi milliardaire comme celui de l’industrie médiatique Jimmy Lai surnommé le Ruppert Murdoch de Hong Kong. Tous sont présentés comme imaginatifs, intelligents, courageux, créatifs, attachés au modèle de vie occidental, à l’économie de marché et à la démocratie mais surtout farouchement hostile au Parti Communiste Chinois. Bref, on nous rejoue David contre Goliath.

Tous, bénéficient du soutien politique et financier de la Grande Bretagne et des Etats Unis comme de leurs nombreuses fondations. Les réseaux sociaux, les lobbies, la presse internationale, les commentateurs et les « experts » assurent leur notoriété. Chaque manifestation à Hong Kong bénéficie d’une couverture médiatique enthousiaste au point de rendre compte en temps réel et à travers le monde par des déclarations et des reportages, qui font pâlir d’envie tous ceux dont les luttes sont maintenues sous l’éteignoir. Deux poids et deux mesures, là aussi. On assiste par ailleurs, à un feu roulant d’annonces plus spectaculaires les unes que les autres. Ainsi, dans le cas de Londres, le premier ministre Boris Johnson a récemment proposé d’offrir des passeports britanniques aux 7,5 millions d’habitants de la presqu’ile qui le souhaiteraient « au nom du maintien des profonds liens d’histoire et d’amitié avec le peuple de Hong Kong » [28] sans semble t’il mesurer l’impact que cela pourrait avoir si il devait passer à l’acte. Cette provocation typiquement « colonialiste » a fait l’objet d’une riposte ferme de la Chine qui a dénoncé un exemple flagrant d’ingérence.

Dans le même registre, c’est bien sur le cas des Etats-Unis. C’est ce qu’ont mis en évidence les multiples rencontres à Washington des « pro démocracy » de Hong Kong avec l’ensemble de l’establishment politique républicain et démocrate , avec la Maison Blanche, l’administration et les différentes officines chargés d’assurer le suivi sur le terrain. Afin, de veiller à l’hégémonie nord américaine sur le reste du monde, Donald Trump s’est autorisé à signer une loi en faveur du statut de Hong Kong [29]. Imaginons l’inverse ! Ainsi une rencontre officielle entre le secrétaire d’état US et une délégation des portes paroles de l’opposition séparatiste de Hong Kong comprenant un représentant syndical de la HKCTU [30] a eu lieu. A cette occasion, Mike Pompéeo a déclaré « les Etats-Unis entendent peser de tout leur poids dans la suite des évènements qu’a connu Hong Kong. » [31]. Il répondait à l’appel de Joshua Wong [32] à Donald Trump et au Congrès en faveur de leur intervention afin que les Etats-Unis conditionnent dorénavant toute négociation commerciale avec la Chine à une clause en faveur « du respect des droits humains ». [33]Depuis l’assassinat de Georges Floyd et les violences policières qui ont provoqué cette vague inédite de protestations aux USA, on sait à quoi s’en tenir.

Washington n’a donc pas ménagé les moyens et les efforts à travers la mobilisation prioritaire du personnels de son consulat tout particulièrement ceux de la diplomate Julie Eadeh, cheffe de la section politique, qui a multiplié les rencontres avec les leaders étudiants. Pour leur part, « CANVAS et l’OTF » [34] ont pris en charge la formation sur le terrain des gentils organisateurs de manifestations avec une familiarisation aux « catapultes, herses, javelots, arcs et flèches enflammées » [35] . Ce qui devant autant d’innovations a entraîné dans les médias occidentaux des béats d’admiration !

Lors de la manifestation de soutien devant le consulat des Etats-Unis à Hong Kong on a fait flotter drapeaux américains et britanniques et on a distribuer « un manuel de désobéissance » de fabrication made in USA. Un document fidèle à la rhétorique de Gene Sharp [36]. Il faut reconnaître que dans cette promotion de la non violence, le « smart power » [37]dont les américains sont des experts est une méthode qui a fait ses preuves. Il est intéressant de noter qu’Otpor-Canvas a fait également éditer à cette occasion un livre « Umbrella, a political tale from Hong Kong ». [38] et fait fleurir sur les banderoles le poing noir si caractéristique de son réseau que l’on retrouve dorénavant à Hong Kong, comme à Washington, Paris, Londres, Berlin, Madrid, Moscou… « Les ONG sont des entreprises habillées en mère Térésa mais les journalistes ne les voient pas » [39]disait Linda Polman. Elles sont les agents de la démocratisation américaine et du néolibéralisme, comme le démontre remarquablement Ahmed Bensaada dans son dernier ouvrage [40].

Tout cet investissement politique nord américain coute beaucoup d’argent ! On a donc invité les entreprise locales et américaines à se mobiliser dont la compagnie aérienne Cathay Pacific avec son ex PDG Ruppert Hogg qui est un soutien inconditionnel du « mouvement des parapluies », ce qui a facilité l’occupation de l’aéroport de Kai Tak. On a aussi sollicité le « tycoon » Jimmy Lai déjà cité, mais aussi le grand patron de la « National Basketball Association » (NBA) aux Etats Unis Dary Morey et bien d’autres. On a fait ruisseler les dollars et le NED [41], a activé ses réseaux tout en accordant une subvention immédiate aux organisations « pro democracy ». Elle a été officiellement de 623.933 dollars US dont 194 710 dollars US pour entre autre le syndicat HKCTU.

Ce dernier, entretient des liens avec la CSI, la CGT et la CFDT. Eloigné des revendications sociales, son action est essentiellement politique. Dans une interview au journal de la CFDT en octobre 2019, Lee Cheuk Yan son secrétaire général déclarait : « les dirigeants chinois ne veulent qu’un modèle, celui totalitaire du Parti Communiste » et il ajoutait : « Notre combat dépasse la simple question de Hong Kong, nous nous battons pour tous les travailleurs chinois  [42]». Ce qui avait le mérite d’être parfaitement clair. C’est donc de préoccupations et d’actions politiques dont il s’agit avec des objectifs non dissimulés, comme en d’autres temps le voulait « Solidarnosc » en Pologne [43]! Hong Kong n’est donc qu’un prétexte en forme de cheval de Troie. Pour la clarté du débat, il serait intéressant qu’on nous dise si les syndicats français partagent de tels objectifs et ce qu’en pensent leurs syndiqués.

Faut-il ajouter pour être complet qu’au sein du conseil d’administration du NED dont Ronald Reagan aimait à dire que la mission était d’assumer ce que la CIA ne pouvait faire, on trouve aussi l’AFL-CIO à travers sa fondation l’ACILS [44] impliquée dans 90 pays et particulièrement à Hong Kong. Elle est l’un des autres piliers de la CSI. Il faudrait évoquer enfin les millions de dollars que le NED consacre à la Chine pour le développement de syndicats « indépendants » en faveur de l’économie de marché [45]et de la propriété privée.

Que les syndicats dont la CGT ne trouvent rien à redire à de tels faits avérés. Que l’on se trouve à l’aise dans un compagnonnage avec des organisations dont la question syndicale n’est sans doute pas la première des préoccupations, peut s’apparenter, à de l’ignorance diront certains, à de la duplicité diront d’autres, plus vraisemblablement aux deux!

Cela étant dit, les manifestations à Hong Kong d’une partie importante de la population sont incontestables. Celles-ci expriment un mécontentement réel à l’égard des insuffisances et des responsabilités de l’administration locale mais cela se conjugue aussi avec d’autres exigences que l’on ne doit pas sous estimer comme la vie chère, la crise du logement, des transports et l’aggravation spectaculaire du chômage qui sont des évidences difficiles à nier.

Faut- il encore en comprendre les causes. Hong Kong est une des villes les plus chères au monde et depuis plusieurs années l’influence de ce qui était hier l’un des tigres asiatique a décru dans des proportions significatives face à des rivales comme Canton (Shenshen), Gangshou et surtout Shanghai. Lire dans la déclaration de la CGT qu’à Hong Kong on applique et respecte les conventions de l’OIT est consternant, car ce n’est tout simplement pas le cas. Il faut connaître ce que sont les conditions de vie et de travail dans cette immense mégapole ! Il faut faire l’effort de s’informer et découvrir ce qu’est l’existence précaire de millions de gens qui vivent à Hong Kong, comme ceux sur le village flottant d’Aberdeen et son port de pêche, ou dans les immenses bidonvilles de Kowloon et de Sham Shui Po ou l’on s’entassent dans des logements grands comme des toilettes. Bien des familles ne gagnent qu’autour de 400 euros par mois alors que dans le même temps les milliardaires s’enrichissent de manière éhontée, entretenant une corruption dans le secteur privé qui est devenue endémique. Le marché de l’immobilier résidentiel et commercial à Hong Kong se partage entre quatre conglomérats dynastiques. Ce sont ceux là qui gangrènent la vie locale et qui craignent par dessus tout les réformes, les inculpations, les condamnations et les extraditions. Ils sont les principaux soutiens des protestations. Dans cette situation chaotique qu’a connu Hong Kong pendant plusieurs mois, une question peut se poser : le mécontentement légitime ne s’est-il pas trompé de cible ?

Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les problèmes que rencontre la Chine, sujet que ne contestent pas les dirigeants chinois eux-mêmes. Dans ce pays continent de 1,4 milliards d’habitants, comme en serait-il autrement. N’y a t-il pas une incroyable prétention, une arrogance typiquement occidentale à vouloir donner des leçons à la Chine, quand le capitalisme a le bilan qui est le sien, tout spécialement en France en Europe ou aux Etats-Unis ? C’est pourquoi, tordre les faits au point où certains le font à la CSI, à la CFDT, mais aussi à la CGT est faire preuve d’une rare mauvaise foi.

Ne faudrait-il pas mieux pour le mouvement syndical, réfléchir et étudier sérieusement cette vaste région du monde au centre de tous les défis et enjeux et dont le développement prochain détermineront aussi le notre. Hong Kong se trouve au centre d’un affrontement aux conséquences planétaires dans cette vaste région récemment baptisée « Indo-Pacifique », un nouveau concept étasunien. Celui-ci est en fait une reconfiguration géopolitique visant à exclure la Chine de la communauté des pays asiatiques mais qui y inclut unilatéralement les Etats-Unis. Cette politique mise au point à Washington est conduite par un « quarteron » stratégique sous leadership américain, « la quadrilatérale ». Elle est composée des Etats-Unis, de l’Inde, du Japon, de l’Australie qui entendent résister à la montée en puissance économique, financière, politique, culturelle de la Chine, et contrer son influence grandissante en Asie du Sud Est et internationalement. Il est significatif qu’à l’occasion de la session du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève, 46 états ont récemment apporté un soutien incontestable à la Chine dans sa lutte contre le terrorisme et le séparatisme dans la province du Xinjiang [46].

Il est un fait que l’impact des initiatives de la Chine bouleversent la donne internationale et donc le rapport des forces. Mais cela doit-il être vu comme un risque ou plutôt comme une opportunité. La croissance mondiale est dépendante pour 35% de la croissance chinoise (chiffres 2017) [47] autant dire des millions d’emplois dans les pays développés dont l’Europe et la France. La crise systémique et les conséquences du désastre économique et social qui s’annonce simultanément à la pandémie de Covid19 devraient aider certains dirigeants et militants syndicaux à anticiper autrement qu’en faisant référence à l’air du temps, comme c’est malheureusement le cas.

Par exemple comment ne pas tenir compte dans les analyses syndicales des bouleversements qui interviennent et se préparent à l’échelle mondiale, illustrés par la coordination stratégique de la Chine avec la Russie, ou les alliances anti hégémoniques illustrées par « l’Organisation de coopération de Shanghai » et de nombreux traités de libre échange entre voisins. Comment doit-on articuler cela avec les préoccupations quotidiennes dans les entreprises. C’est particulièrement le cas des nouvelles routes de la soie. Que pensent la CGT et sa Fédération des cheminots, des trains de fret Chine-Europe qui sont un point phare de cet immense projet  en comptant sur ce nouveau pont continental entre l’Asie, l’Eurasie et l’Europe qui concerne 34 villes de 12 pays européens ? N’y a-t-il pas là matière au développement de coopérations syndicales ? Comment anticipe t’on toutes les incidences en matière d’emploi, d’innovations, de formation ? Pourquoi faut-il s’enfermer dans le cadre étroit d’une prétendue relance économique verte dans une Europe intégrée dont les travailleurs font depuis longtemps l’amère expérience ? Doit-on faire le choix de participer à des campagnes politiciennes de diabolisation de la Chine ou chercher à donner un sens concret à la coopération et la solidarité syndicale internationale avec un agenda au service de l’emploi et du développement ?

Ce sont là, les vraies questions auxquelles il faut répondre et qui touchent aux priorités comme au contenu des orientations internationales indépendantes de la CGT. Là aussi les syndicats doivent assumer leurs responsabilités et montrer dans la clarté par la démocratie syndicale et ouvrière, que ce sont eux qui sont la Confédération Générale du Travail et nul autre.

Depuis son affiliation à la CES et à la CSI, la CGT a fait le choix de rompre avec ses précédents engagements internationaux, et surtout avec une démarche indépendante qui lui avait valu reconnaissance et prestige au sein du mouvement syndical mondial. Aujourd’hui, 20 ans après, ne faut-il pas reconnaître que cette évolution handicape le travail de toutes les structures de la CGT? En Europe, la CGT participe dorénavant aux côtés de la CES [48] et de la CFDT à l’accompagnement des décisions de la Commission de Bruxelles et de la Banque Centrale européenne en revendiquant toujours plus d’intégration. Au niveau international elle fait le choix d’épouser des causes politiques conformes aux orientations du syndicalisme institutionnel et du système dominant. Contrairement à la décision de son 52e congrès national, d’avoir des relations avec toutes les centrales syndicales internationales, la direction de la CGT persiste à faire preuve d’ostracisme à l’égard de la FSM et de la plupart de ses affiliés. Dans cette impasse, persister serait sans issue ! Ne faut-il pas mieux se ressaisir et changer ce qui doit l’être ?

Il fût un temps où la CGT prétendait que son affiliation à la CES changerait l’orientation de celle-ci. On sait depuis qu’il n’en a rien été et qu’en fait c’est bien la CES de surcroit présidée par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger qui dorénavant influence la CGT. Internationalement on assiste à une mutation identique, c’est la CSI qui a déteint sur la CGT et non l’inverse.

Ces évolutions se sont imposées le plus souvent sans véritables discussions et débats. Faut-il s’en accommoder, ou faut-t-il en tirer les conséquences? Le moment n’est il pas venu de renouer sans attendre de vaines échéances, illusoires par ailleurs avec un internationalisme au contenu de classe affirmé ? La réponse appartient aux syndiqués et militants qui font la CGT ! Il faut convaincre qu’il y a urgence à répondre à de telles questions, et cela d’autant plus vite que l’on vit un moment historique décisif, fait de risques comme d’opportunités. Cela ne saurait être différé ! Ce sont des responsabilités nouvelles, inédites. Plus que jamais le combat pour l’unité et la cohésion est à l’ordre du jour!

Pour conclure ! Un peut plus d’une semaine après sa mise en application, que constate t’on à Hong Kong ?

Le climat a évolué, l’initiative a changé de camp. L’objectif de créer un point de fixation propice à une internationalisation des problèmes dans la forme de Tian’anmen, voici presque 30 ans, est un échec. Il n’y a pas eu d’intervention militaire pour rétablir l’ordre comme l’espéraient certains apprentis sorciers. Les autorités chinoises ont fait preuve de sang froid, de discernement et de patience laissant aux institutions locales le soin de gérer une situation chaotique. L’armée est demeurée dans ses casernes, elle est actuellement mobilisée au nettoyage des rues après les manifestations violentes et les actes de vandalisme de la dernière période.

Les importants moyens humains matériels et financiers mis en œuvre par les Etats-Unis et la campagne médiatique internationale ont été tenu en respect et n’ont pas atteint leurs objectifs. Certaines organisations comme « l’OTF » ont du plier bagages. Plusieurs dirigeants étudiants séparatistes cornaqués directement par l’administration US flanquée de groupes comme CANVAS ont annoncé leur démission. C’est le cas de Joshua Wong, Nathan Law, Jeffrey Ngo, Agnès Chow qui quittent le parti « Demosito » [49]. Ils ont précisé qu’ils poursuivraient leur action mais à titre individuel. Joshua Wong a donné rendez-vous en 2048. En attendant il va rejoindre l’Open University [50]de Hong Kong dont le réseau mondial est financé à hauteur de 1 milliard de dollars par Georges Soros dans son combat contre Xi Jiping et Donald Trump qu’il considère comme les principales menaces à toute société néolibérale et ouverte. L’opposition dite modérée de Claudia Mo Man-Ching déclare vouloir négocier avec les autorités après les élections de septembre.

Enfin, une importante partie de l’opinion et c’est là l’essentiel, souhaite voir les choses évoluer et aspire à plus de calme, elle rejette la violence. La perspective d’une « révolution de couleurs » à Hong Kong ne semble plus d’actualité.

Ce constat n’est pas sans illustrer un contexte international caractérisé par le recul d’une domination US minée par la crise de domination impérialiste, une crise qui est économique, sociale, politique, environnementale, démocratique et gravissime sur le plan sanitaire. Cette évolution qui va s’accélérer et s’aggraver entraîne pour les Etats-Unis une indiscutable perte de crédibilité ce qui entrainera de nombreuses conséquences dans un proche avenir.

Cela ne rend pas la situation moins périlleuse, tant il est connu que « quand la bête est blessée c’est là, qu’elle est la plus dangereuse ».

notes

  • [1] Ainsi contrairement a ce qui est affirmé, la présente loi ne met pas un terme aux précédentes, du fait même qu’aucune législation sur la sécurité à Hong Kong n’existait avant celle-ci. C’était d’ailleurs là, le problème comme on va le voir plus loin.
  • [2] La loi réaffirme d’emblée le respect des principes des droits humains, le droit de réunion, de manifestation, d’expression, de publication. Elle rappelle le principe de présomption d’innocence. La loi est placée sous la responsabilité directe du chef de gouvernement de Hong Kong, des institutions et administrations du territoire qui veillent à son application comme à la désignation des magistrats. Le Chef de la police est nommé par les autorités locales. Un bureau et des moyens sont mis en place pour prendre en charge cette mission, son fonctionnement échoit au territoire.
  • [3] La loi n’évoque à aucun moment le respect du droit syndical qui est garanti à Hong Kong y compris le pluralisme syndical puisque il existe plusieurs confédérations d’orientations bien différentes. Oser dire que les « syndicalistes seront considérés comme terroristes s’attaquant à la sécurité d’état » n’est pas un argument sérieux.
  • [4] Il est tout aussi inexact de prétendre que la nouvelle loi mettrait un terme à 49 conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) dont 6 fondamentales que Hong Kong avait ratifié. La loi dont ce n’est pas l’objet n’évoque jamais le droit du travail et encore moins l’action de l’OIT qui d’ailleurs ne s’est pas exprimé sur ce sujet. Faut-il ajouter que la CISL à laquelle a succédé la CSI n’avait rien trouvé à redire quand Bill Clinton a soutenu une réforme de l’OIT conduisant à se débarrasser des conventions et normes jugés obsolètes. Il recommandait d’en conserver que quelques unes. C’est d’ailleurs dans le même esprit que Guy Ryder ancien secrétaire général de la CISL puis de la CSI et actuel directeur général de l’OIT propose une transformation radicale de cette agence internationale qui déboucherait sur une nouvelle charte de Philadelphie.
  • [5] Qu’en est-il des 370 arrestations de militants menacés de peine « de prison à vie » selon le département international de la CGT ? Celles-ci sont en réalité moins de la moitié selon les agences de presse et n’ont donné lieu à aucune suite de quelque nature que ce soit. En fait, elles sont le résultat d’une manifestation d’un millier d’étudiants. Il est vrai que ces interpellations par la police ne sont pas plus acceptables à Hong Kong, à Paris ou ailleurs. Toutefois, il faut rappeler au mouvement syndical en France qu’il n’a pas jugé bon de condamner les violences, les incarcérations, les peines de prison ferme dont les gilets jaunes ont été les victimes. Il faut être cohérent! On attend encore un engagement et une action de la part de la CGT en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah ou de Julian Assange. La politique des deux poids et deux mesures est partout inacceptable.
  • [6]En fait, le problème est que la CSI, la CFDT et la CGT semble contester, mais sans le dire directement, le droit de la Chine à faire respecter son intégrité, son unité et à mettre un terme aux ingérences étrangères. Plutôt, que d’interpeller les autorités chinoises ou solliciter l’avis des syndicats du pays concerné, la CGT sans peur du ridicule, préfère s’en remettre à Macron et son gouvernement qu’elle interpelle « pour faire respecter à Hong Kong les droits fondamentaux ». Sur ce plan en effet et sans ironie, il est difficile de contester l’expertise du locataire de l’Elysée.
  • [7] L’outrance de certaines déclarations syndicales peut laisser entendre que Hong Kong ne serait pas la Chine. Ce qui logiquement reviendrait à admettre que cela pourrait être aussi le cas du Tibet, de la région autonome Ouïghours du Xinjiang de Taïwan et pourquoi pas pendant qu’on y est de la légitimité du système et du pouvoir politique dans la République Populaire de Chine depuis 1949.
  • [8] Pourtant, Hong Kong a été très officiellement rétrocédé à la Chine Populaire en 1997. Elle est devenue une région administrative disposant d’un statut particulier jusqu’en 2048. Ainsi, partie intégrante du territoire chinois, elle bénéficie d’un protocole original mais provisoire qui permet un fonctionnement selon la formule « un pays deux systèmes ».
  • [9] Les concessions des puissances impérialistes en Chine au 19 et 20e siècle dont la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Russie, et les Etats-Unis étaient des zones placées sous administration étrangère situées à l’intérieur des villes chinoises.
  • [10]«Nouvelle attaque de la CGT contre la Chine », Jean-Pierre Page, Le Grand Soir, 21 aout 2019.
  • [11] Cai Hasen était un ami proche de Mao Zedong. avec qui il partageait une importante correspondance. Les deux sont à l’origine de la création du PCC dont l’idée était née à travers les échanges entre Cai Hesen Mao Zedong.
  • [12] « Montargis, berceau de la Chine Nouvelle », Le Monde, 9 septembre 2006. On y découvrira comment Deng Xiaoping travaillait et militait à la CGT U chez Hutchinson à Châlette-sur-Loing dont il fût licencié pour sa participation à une grève et ses activités syndicales. Le Mouvement « Travail-études » organisait et encourageait de jeunes chinois à venir étudier en France où par la suite plusieurs d’entre eux se sont familiarisés avec l’étude du marxisme et de la révolution russe.
  • [13] CGT Unitaire, née en décembre 1921 de la scission de la CGT, la CGTU était affiliée à l’Internationale Syndicale Rouge.
  • [14] Léon Jouhaux : secrétaire général de la CGT de 1909 à 1940. Il contribua après la seconde guerre mondiale à la création de Force Ouvrière et à la scission du syndicalisme français avec l’aide des services secrets US. et de l’AFL.
  • [15] « Hong Kong alignée de force sur le droit chinois » déclaration de la CGT, 2 juillet 2020.
  • [16] Discours à la conférence internationale du travail de Bill Clinton. OIT, 16 juin 1999.
  • [17] L’OIT est une agence spécialisée du système des Nations Unies. L’OIT adopte la Charte de Philadelphie en 1944. « A l’OIT, combattre l’attaque visant à désarmer le mouvement syndical et les travailleurs » Swadesh Dev Roye, dans « Camarades, je demande la parole, Jean-Pierre Page, Investig’Action 2016
  • [18] A ce sujet il faut signaler le soutien apporté à la Chine par 46 états du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Valeurs actuelles 5 juillet 2020.
  • [19] « Un pays, deux systèmes »  selon la formule énoncée par Deng Xiaoping en 1997.
  • [20] Carrie Lam est la cheffe de l’exécutif de Hong Kong depuis 2017. Diplômée de Cambridge. Elle est élue par le collège électoral des grands électeurs de Hong Kong.
  • [21] La doctrine Monroe dès la fin du 19e siècle caractérise la politique étrangère expansionniste des USA. L’objectif au départ concernait la mer Caraïbes, la mare nostrum s’est étendue ensuite à toute l’Amérique Latine en raison de son importance stratégique.
  • [22] « Cui Tiankeu rassure les ressortissants américains à Hong Kong », French/China org, 2 juin 2020.
  • [23] « Trafic portuaire et organisation de l’espace à Hong Kong », Les cahiers d’Outre Mer, janvier-mars 1980.
  • [24] « How Biden would wage great power compétition », Patrick Tucker, Defense one, 1er juillet 2020
  • [25] « Quel pivot pour le bilan asiatique d’Obama », Philippe Le Corr., Asialyst, 2 novembre 2016
  • [26] « Ce rapport secret qui exhorte la Chine à se préparer à la guerre » Jérémy André, le Point, 8 mai 2020. Cette information donnée par l’agence Reuters serait basée sur des conversations mais sur aucun document écrit.
  • [27] « L’Australie va nettement accroître son budget défense » Reuters, 1er juillet 2020.
  • [28] « L’Australie va nettement accroître son budget défense » Reuters, 1er juillet 2020.
  • [29] « Trump signe une loi en faveur de Hong Kong » le Figaro, 28 novembre 2019.
  • [30] HKCTU : Hong Kong Confederation of Trade Unions est une organisation syndicale hostile à la rétrocession à la Chine. Elle bénéficie d’une aide importante de la CSI et de l’AFL-CIO. Ses forces sont 5 fois moins importantes que celle de la Hong Kong Federation of Trade Unions (HKFTU) présenté par les médias comme pro Pékin.
  • [31] « US Secretary of State Mike Pompeo weighs in on extradition bill in Hong Kong » South China Morning Post, 17 mai 2019.
  • [32] Joshua Wong fréquent visiteur à Washington est très proche du sénateur républicain Marc Rubio qui propose de sanctionner les pays qui font appel à l’aide médicale cubaine et qui est par ailleurs un soutien inconditionnel de Juan Guaido, la marionnette US vénézuélienne.
  • [33] « Hong Kong activist Josha Wong seeks from Donald Trump », Hong Kong free Press, 15 septembre 2019.
  • [34] CANVAS et OTF déjà cité, voir notes 4 et 5.
  • [35] « Hong Kong, le système D des manifestants » Le Télégramme, 16 novembre 2019.
  • [36] Gene Sharp est un philosophe américain qui a inspiré les partisans des révolutions colorées comme le Printemps arabe, Otpor en Serbie. Voir « Arabesques », Ahmeed Bensada , Investig’Action, 2016
  • [37] Les concepts de « smart power, soft power, hard power » ont été développés par Joseph Nye, conseiller à la sécurité de plusieurs présidents des Etats-Unis, politologue et professeur à Harvard University.
  • [38] « Umbrella, a political tale from Hong Kong », Kong Tsung Kan, Pema Press, 2017
  • [39] « The crisis caravan », Linda Polman, 2010.
  • [40] « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien » Ahmed Bensaada, Alger, Epic éditions, 2020.
  • [41] NED : National Endowment for Democracy créer par Ronald Reagan pour selon son expression « faire ce que la CIA ne pouvait pas ».. Il est facile de consulter son site pour connaître le montant des subventions accordées dans le monde entier.
  • [42] « Hong Kong, nous n’avons rien d’autre à perdre que nos chaînes », interview de Lee Cheuk Yan, secrétaire général de la HKCTU, affilié à la CSI. Bulletin CFDT du 5 novembre 2019.
  • [43] « Solidarnosc, une solidarité qui a couté cher » Bruno Drweski, préface de Jean-Pierre. Page, Delga, 2019.
  • [44] ACILS : American Center for International Labor Solidarity. Connu pour avoir financé le coup d’état contre Hugo Chavez en 2002 avec 154 377 dollars versés à la centrale syndicale du Venezuela CTV affiliée à la CSI.
  • [45] Le NED a versé plus de 3,5 millions de dollars en 2015 pour des programmes de formation politique et idéologique à vocation syndicale en Chine. Ces programmes se tiennent notamment à Hong Kong.
  • [46] « La Chine soutenue par 46 états. » Valeurs Actuelles, 5 juillet 2020.
  • [47] «  La contribution de la Chine à la croissance mondiale » Xinhua, Worlspress, 2017
  • [48] CES : Confédération Européenne des Syndicats, institution à vocation syndicale dont le budget est assurée à 75% par l’Union Européenne.
  • [49] Demosito est un parti créé en 2016 lié au mouvement étudiant. Après le vote de la loi sur la sécurité Joshua Wong, Nathan Law, Jeffrey Ngo et Agnès Chow ont annoncé le démantèlement du parti.
  • [50] « Georges Soros announces 1 billion dollars to start Open University », RTT News 24 janvier 2020. Il a fait cette annonce en marge du Forum de Davos janvier 2020.

 

 accueil    strategie 

55 visiteurs ont lu cet article