LES VISAGES ACTUELS DE L’IMPERIALISME EN AFRIQUE.

Francis ARZALIER

L’héritage colonial.

Quand on observe le monde actuel, les relations nord-sud comme on dit, on ne peut oublier que les pays du sud, en Afrique, Asie et ailleurs, portent en eux l’héritage de la période coloniale : dès le 17ème siècle, la déportation par les négriers européens de plus de dix millions d’esclaves arrachés à l’Afrique et destinés à produire la canne à sucre et les autres produits tropicaux aux Antilles pour la clientèle européenne.
Ensuite, avant 1910, l’Afrique et l’Asie ont été partagés en empires coloniaux, au profit des dirigeants politiques et économiques de l’Occident industriel, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, les USA, etc… Cette réalité coloniale, je vais pour la décrire, donner la parole à un grand écrivain et un militant exemplaire, Aimé Césaire, dont le président Sarkozy a essayé sans vergogne d’utiliser les obsèques.
Il a écrit ce texte intitulé « le colonialisme n’est pas mort » dans la revue Nouvelle Critique, en janvier 1954. Il n’y a pas une ligne à changer :
 La première idée qu' impose l’examen de la réalité est celle-ci : le colonialisme est un régime d’exploitation forcenée d’immenses masses humaines, qui a son origine dans la violence et qui ne se soutient que par la violence.
Je sais bien que l’on a essayé d’obscurcir cette idée initiale, de la dénaturer, qu' en particulier, pour les besoins de la cause, on a voulu faire de la colonisation un aspect de je ne sais quel dynamisme de la civilisation. Mais cette entreprise de mystification a de moins en moins de chance de réussir et le meilleur signe de cet échec est que même les tenants les plus ardents de l’action colonisatrice ont de plus en plus de mal à se maintenir au niveau de ce mensonge.
Je n’en veux pour preuve que l’aveu dépouillé d’artifices de ce colonialiste forcené qu' est M. Albert Sarraut, qui écrit dans Grandeur et Servitude coloniales les lignes suivantes :
« Ne rusons pas. Ne trichons pas. A quoi bon farder la vérité ? La colonisation, au début, n’a pas été un acte de civilisation, une volonté de civilisation. Elle est un acte de force, de force intéressée. C’est un épisode du combat pour la vie, de la grande concurrence vitale qui, des hommes aux groupes, des groupes aux nations, est allée se propageant à travers le vaste monde. Les peuples qui recherchent dans les continents lointains des colonies et les appréhendent, ne songent d’abord qu' à eux-mêmes, ne travaillent que pour leur puissance, ne conquièrent que pour leur profit. Ils convoitent dans ces colonies des débouchés commerciaux ou des points d’appui politiques. De l’aventure engagée, la pensée de civilisation n’est point la promotrice ; elle pourra incidemment accompagner, elle ne dirigera pas l’opération. Qui dit civilisation dit altruisme, dessein généreux d’être utile au prochain ; la colonisation, à ses origines, n’est qu' une entreprise d’intérêt personnel, unilatéral, égoïste, accomplie par le plus fort sur le plus faible. Telle est la réalité de l’histoire ».

Le mécanisme colonial peut se résumer, finalement assez schématiquement à trois caractéristiques essentielles :

  1. Conquête militaire préalable du pays colonisé par la métropole coloniale (Afrique Noire, Algérie, Indochine, etc.) qui profite de son avance industrielle, et donc militaire. Dans certains cas (Maroc, Egypte,), cette conquête se fait d’abord par la prise en main des finances du pays.
  2. Domination politique de la métropole, dont les gouvernements choisissent et contrôlent les hommes qui gouvernent le peuple colonisé.
  3. Exploitation au profit des sociétés industrielles de la métropole des richesses naturelles de la colonie, minerais, sources d’énergie, bois, produits agricoles, ce qui implique une certaine « mise en valeur » exclusivement nécessaire à la production et l’exportation des produits coloniaux : chemins de fer, mines, plantations, ports.
Cette « mise en valeur » réelle, n’est en aucun cas réalisée en faveur du peuple colonisé : le mécanisme colonial implique que la colonie reste exclusivement productrice de matières premières, sans industries de transformation, sous-développées économiquement.
Ainsi, les plaines de l’Algérie française ont été plantées en vignobles, alors que la population musulmane ne boit pas de vin, la vallée du Nil en coton pour les usines britanniques, les vallées irriguées du Soudan (Mali) en coton pour les usines du nord-est français, et les terres du Sénégal livrées à la monoculture de l’arachide pour les huileries marseillaises. Tout cela au détriment des cultures vivrières productrices de nourriture, et de la production locale de vêtements.

Dans les années 1960, le système colonial s’est effondré, notamment grâce aux insurrections des peuples coloniaux comme celui d’Algérie, et toutes les colonies françaises d’Algérie ont obtenu leur indépendance politique. Indépendance théorique, la plupart du temps mise en place par les autorités coloniales, en collaboration avec leurs alliés locaux africains. Ainsi, tous les pays d’Afrique noire francophone (à l’exception de la Guinée) ont accepté pour accéder à l’indépendance formelle des accords diplomatiques, militaires, économiques qui réduisaient le gouvernement du pays à être un simple exécutif des décisions prises à Paris. Ce système, souvent appelé néo-colonial, a vu l’armée française intervenir plusieurs dizaines de fois en quarante ans, pour installer ou rétablir un gouvernement africain à sa dévotion. La domination économique de la France dans son ancien domaine colonial était en 1980 aussi importante qu' avant, les entreprises françaises contrôlaient mines, ports, plantations, pétrole, de façon quasi exclusive, du Gabon en Côte d’Ivoire, de Mauritanie au Niger. Par ailleurs, si les pays africains ont, entre 1960 et 1980, fait des progrès réels en matière d’éducation et de santé, ils restent sous-développés, réduits à l’exportation de matières premières, et à acheter les produits industriels, vêtements, outillage, qu' ils ne produisent pas.

A la veille du 21ème siècle, le discours répandu était euphorique : la guerre froide terminée, on allait entrer dans un monde sans conflits, sans problèmes, voire dans « la fin de l’histoire » selon certains idéologues étasuniens.
La réalité est toute autre, le monde de plus en plus chaotique, parce qu' il est de plus en plus inégalitaire, à l’intérieur de chaque pays, et entre les pays.

L’impérialisme existe-il encore ?

« Impérialisme » n’est pas un terme péjoratif, distribué au hasard, chaque fois que l’on veut dénoncer une politique extérieure qui ne nous convient pas. C’est une réalité définie par les dictionnaires Larousse ou Quillet comme « une politique d’expansion et de domination d’un pays ou d’un état par un autre état ». La définition marxiste va plus loin, qui en fait depuis les travaux de Lénine et Rosa Luxemburg au début du 20ème siècle, une conséquence inéluctable du capitalisme parvenu à un stade de concentration très forte des entreprises, contrôlées par une oligarchie financière née de la fusion entre capital bancaire et capital industriel. Confrontée aux crises régulières de « surproduction », cette oligarchie a toujours besoin de nouveaux débouchés pour exporter les marchandises produites et surtout les capitaux à la recherche de profits. D’où cette course sans pitié aux « zones d’influence », par le biais des états les plus puissants, le partage du globe au 20ème siècle en empires coloniaux concurrents, les conflits entre puissances impérialistes générant deux guerres mondiales successives, etc.
La décolonisation qui a suivi l’écrasement du nazisme, l’indépendance formelle des pays d’Afrique et d’ailleurs après 1960, n’ont rien changé sur le fond et ont laissé jusqu' à aujourd’hui persister un système impérialiste changeant simplement de forme au fil du temps. Dans notre monde très inégalitaire dominé par quelques grandes puissances hyper développées économiquement (le G7), à la tête desquelles les USA font figure de leader mondial depuis la disparition de l’URSS, les trois quarts des « pays du sud », l’Afrique notamment, sont en état de sujétion, réduits comme à l’époque coloniale à vendre des matières premières et à acheter des produits industriels que le sous-développement économique ne leur permet pas de fabriquer. Cette réalité de la domination impérialiste a des formes multiples : politiques et diplomatiques (des accords inégaux donnent depuis 1960 à l’état français un droit de regard sur les choix des gouvernements africains des anciennes colonies), économiques (la vague de privatisation en Afrique depuis 15 ans a entraîné une véritable « recolonisation » par des intérêts étrangers de services aussi vitaux que l’eau, l’énergie, le téléphone), militaires, (depuis les indépendances, l’état français conserve dans ses anciennes colonies africaines des bases militaires), culturelles (les infos radios et télé, les films projetés en Afrique sont pour l’essentiel d’origine occidentale et diffusent le mirage de sociétés occidentales où , certes, il y a des méchants et des gentils, mais où tout le monde vit dans l’opulence).
Les définitions de l’impérialisme citées plus haut sont donc plus que jamais valables à quelques nuances près :

  1. Lénine en faisait le stade « suprême » du capitalisme, ce qui a trop souvent été compris comme un stade terminal, prémices d’une société nouvelle supérieure et pacifique. Le monde actuel montre que cet optimisme naïf est erroné : le capitalisme, l’impérialisme ont démontré leur capacité  à se transformer, à durer, à se renforcer même.
  2. Depuis un siècle, la concentration capitaliste s’est poursuivie à un point tel que l’économie mondiale est actuellement dominée par des sociétés industrielles et financières transnationales, dont le chiffre d’affaires dépasse pour certaines le total des budgets des états d’Afrique : Général Electric (mat.électronique) dont le siège est aux USA, dépasse 500 milliards de dollars d’actifs, pour 310 000 salariés. Le Sénégal, I0 millions d’habitants, a un PNB de moins de 5 milliards de dollars ; le Nigeria, géant africain, peuplé de 130.000.000 d’habitants, ne dépasse pas 37 milliards de dollars de PNB ! Sur les 25 premières sociétés transnationales non financières du monde, 6 ont leur siège aux USA (1402 millions de dollars d’actifs, dont 35 % à l’étranger. 503 000 salariés, dont 50 % à l’étranger), 4 au Royaume-Uni et Pays-Bas, 4 en Allemagne, 3 en France, 2 au Japon, 2 en Suisse, 1 en Italie, 1 en Espagne, 1 en Australie, 1 à Hong-Kong : ce qui correspond à la liste des états impérialistes les plus actifs. Pour la France ce sont Vivendi (activités très diverses, 123 milliards d’actifs dont 74 % à l’étranger, 381 000 salariés dont 67 % à l’étranger), Total, Fina, Elf (pétroliers, 78 milliards de dollars d’actifs dont 89 % à l’étranger, 122 000 salariés, dont 56 % à l’étranger) et Suez (électricité, gaz et eau, 79 milliards de dollars d’actifs dont 87 % à l’étranger, 188 000 salariés dont 68 % à l’étranger) : on sait le rôle de Elf dans les pays d’Afrique, ceux du golfe de Guinée par exemple ! (source CNUCED).(1)
  3. Comme au début du 20ème siècle , l’impérialisme s’impose toujours par le biais des états dépositaires de la puissance diplomatique, militaire, qui leur permet l’ingérence. Ne nous laissons pas leurrer par le discours « libéral » sur le « moins d’état ». Les seuls états contraints à un véritable démantèlement sont ceux d’Afrique et des pays soumis à l’impérialisme ; les états impérialistes eux, cherchent à se débarrasser de leurs dimensions protectrices ( plus d’« état providence ») mais n’ont cessé de renforcer leur puissance militaire et diplomatique, leurs capacités d’intervention et de domination (cf. notamment l’hyper-puissance militaire des USA) .
• On peut se demander si l’impérialisme dans toutes ses dimensions n’est pas plus présent aujourd’hui dans la vie quotidienne des Africains qu' à l’époque coloniale : le paysan d’un village de brousse de l’AOF en 1930 ne consommait que ce qu' il produisait, lait ou mil ; Il ne ressentait l’oppression coloniale qu' épisodiquement, quand passait le collecteur d’impôts ou le recruteur du travail forcé. Son descendant, paysan dans le même village, se nourrit de riz venu de pays lointains, vend les arachides ou les gousses de cacao qu' il a cultivées : cela au prix fixé dans une lointaine bourse occidentale…

Où en est l’impérialisme français ?

Il existe toujours, surtout en Afrique, multiforme et prédateur comme il y a 30 ans.

  • Il est diplomatique et politique : l’influence de l’état français sur les dirigeants politiques des états d’Afrique s’exerce depuis 40 ans par le biais des réseaux d’influence, dont les plus efficaces passent par les services secrets (SDECE et autres) autant que par les ambassades. Dans leurs mémoires, les gaullistes Foccart et Maurice Robert (« ministre de l’Afrique » ; Seuil 2004), ne se cachent pas d’avoir durant des décennies, choisi des chefs d’état africains, organisé des coups d’état et l’assassinat de ceux qui refusaient les ordres de Paris. Ces réseaux ont évolué, changé d’inspirateurs, ils sont toujours présents : après ceux de Foccart des années 70, ce furent ceux de Mitterrand et de Pasqua dans la décennie 90 : ce sont aussi aujourd’hui les filières ultra libérales qui relient des politiciens africains comme Wade du Sénégal et des politiciens français comme Madelin. (2) (3).
  •  La dimension économique demeure importante. Les sommes versées par l’état français au titre de « l’aide publique au développement » (APD) tournent aujourd’hui autour de 0,33% du PIB, ce qui correspond à la moyenne des états européens, mais dépassent de loin celles consacrées à l’APD par les Etats-Unis (0,10 % du PIB). Ces aides ont pour but premier de créer des marchés aux entreprises françaises ; une partie de l’APD revient en France, dans les caisses de sociétés comme Bouygues, Bolloré ou Delmas, attributaires de grands travaux en Afrique. La France demeure le premier fournisseur et le premier client de l’Afrique , surtout de matières premières agricoles (arachide, cacao, coton) ou industrielles (minerai de fer, d’uranium, diamants, bois), qui ont perdu depuis 1980 une grande partie de leur valeur face aux produits usinés importés ; Dans certains pays d’Afrique (le « Pré-carré »), les sociétés françaises dominent l’économie (le tiers du capital en Côte d’Ivoire, le pétrolier Elf au Gabon et Congo-Brazza, etc.) Les privatisations en cours depuis 10 ans (eau, électricité, téléphone) ont accru cette emprise ; (4)
  •  Depuis 1960, l’impérialisme français en Afrique est militaire. Dès l’indépendance, une dizaine d’états ont avec la France des « accords de défense » qui donnent à l’ancienne métropole coloniale le droit d’intervenir militairement dans le pays africain signataire « pour sa défense intérieure et extérieure » ; à partir de 1960, la France dispose en Afrique de bases, au total plus de 8 000 hommes en 1997. Entre 1960 et 1998, la France a accompli 60 interventions militaires en Afrique, dont 6 seulement répondant à une agression extérieure. 23 de « maintien de l’ordre », 14 aboutissant à un changement de régime et 16 qualifiées, souvent abusivement, d’humanitaires. C’est dire que cet interventionnisme militaire a eu pour objectif essentiel d’assurer l’accession ou le maintien au pouvoir de gouvernements africains favorables à l’alignement sur la France. On constate un certain désengagement en 1998 par le gouvernement Jospin (moins de soldats sur les bases, au profit des forces aéroportées d’intervention) : la désastreuse opération Turquoise au Rwanda en 1994 n’avait réussi ni à maintenir le régime en place allié de la France , ni a empêcher le génocide ; et un évident réengagement militaire de la France porté par Chirac ces dernières années : En 2004, près de 10 000 soldats français sont en Afrique, le plus fort contingent occidental dans le continent. Il y a à peine quelques mois, l’intervention militaire directe de la France au service du dictateur Deby, lui a permis de conserver le pouvoir.
    Par ailleurs la France, depuis l’indépendance, forme les cadres des armées et gendarmeries de ses partenaires africains : aujourd’hui encore, elle y consacre environ 30 millions d’euros par an.(5)
  • Cet impérialisme français a aussi une dimension culturelle, qui s’exprime notamment par la radio RFI, plus écoutée parfois en Afrique que les émetteurs nationaux, parce que disposant de beaucoup plus de moyens ; RFI dépend directement du Quai d’Orsay et exprime ses points de vue ; il s’exprime aussi par la « Francophonie », club de chefs d’états pro-français financé par Paris ; au-delà d’une certaine défense de la langue française, leur souci premier est de soutenir les positions de la France, de ses alliés africains et de l’Occident en général.
  •  L’impérialisme a toujours eu une dimension migratoire. Les énormes progrès de la société française durant le 20ème siècle n’ont pu être faits que grâce aux travailleurs émigrés venus du Maghreb et d’Afrique noire peupler les usines françaises (et parfois les bidonvilles !) ; Du fait des mutations de l’économie française à partir des années 80, cette émigration africaine a diminué en nombre et changé de nature en se perpétuant. La France se ferme aux migrants non qualifiés qui formaient autrefois le peuple des O.S. chez Renault ou Citroën, mais elle continue à ponctionner en Afrique des gens qu' elle n’a pas eu la peine de former, qualifiés et souvent attirés par le mirage occidental de prospérité générale que répandent en Afrique cinémas et télévisions. Les migrations actuelles, véritable pillage des cerveaux et des capacités africaines, sont une des formes de l’impérialisme aujourd’hui.
  • La politique migratoire de la France.

    La politique du pouvoir de Sarkozy à l’égard de l’immigration a deux aspects, qui peuvent paraître parfois contradictoires, et qui sont en fait complémentaires.

    1. La chasse aux immigrés sans papiers, et les expulsions selon des quotas, incarnées par le ministre Brice Hortefeux, relève en grande partie du spectacle délibérément organisé pour des raisons politiques. N’oublions pas que Sarkozy n’a été élu président que grâce à l’apport d’une bonne partie de l’électorat de Le Pen, qu' il a drainé vers lui en flattant ses sentiments xénophobes et racistes. Quand un immigré père de famille est arrêté à la porte de l’école où il venait accompagner ses enfants, qu' il est expulsé bien que vivant de son travail depuis vingt ans en France, les honnêtes gens de gauche sont indignés : cela ne gêne pas Sarkozy puisque, de toute façon, ils ne font pas partie de son électorat. Mais ce même spectacle d’expulsion brutale plaît aux électeurs xénophobes, qui pensent que les étrangers sont la cause de tous les maux qui affligent la France.
    2. Le deuxième aspect de la politique du pouvoir actuel est « l’immigration choisie ». Contrairement à ce qu' on entend parfois, ce n’est pas une invention française, tous les pays capitalistes développés, Allemagne, Angleterre, Italie, USA, Canada, etc, la pratiquent, parfois sans le dire. Tous s’efforcent de limiter ou d’empêcher l’arrivée chez eux de migrants pauvres, réfugiés politiques, malades, c'est-à-dire de ceux qui auraient le plus besoin d’un pays d’accueil. Mais ils attirent au contraire, y compris en faisant de la publicité dans les journaux africains par exemple, les immigrants qualifiés, déjà formés dans leur pays, pour assurer en France (ou au Canada) un emploi à moindre prix, par exemple dans les services d’urgence des hôpitaux. Les conséquences de ce système sont dramatiques pour les pays d’origine : c’est un véritable pillage des cerveaux et des compétences, la forme contemporaine de l’exploitation des pays du sud, anciennement colonisés, par leurs anciennes métropoles coloniales. C’est la nouvelle forme des rapports de domination au 21ème siècle. Ce mécanisme est d’autant plus pervers qu' il joue du désir volontaire, et normal, de la plupart des diplômés africains ou asiatiques, de fuir le chômage ou les persécutions dans leur pays d’origine. Car depuis les indépendances, contrairement à ce que disent les nostalgiques de l’empire colonial, les pays autrefois colonisés ont fait d’énormes progrès en matière d’éducation : il y a aujourd’hui en Algérie, au Mali, au Sénégal, dix fois plus de professeurs d’université et grandes écoles qu' il n’y avait d’étudiants en 1960. Ces universités forment des milliers de diplômés scientifiques ou littéraires chaque année. Mais une bonne partie sera sans emploi, parce que leur pays est resté sans industries de transformation, et simplement fournisseur de matières premières pour l’occident industriel, comme à l’époque coloniale. Par ailleurs, le FMI et la Banque mondiale imposent aux pays du sud, s’ils veulent le moindre crédit, de limiter au maximum les emplois publics d’éducation de santé, etc…

    Le résultat de cette nouvelle forme de la traite, conséquence directe de l’impérialisme mondial est parfois effarant. Le journal algérien El Watan en donne la mesure pour son pays : depuis 1989, 80 000 diplômés ont quitté l’Algérie ; près de 50 000 cadres algériens font profiter de leurs compétences les USA ou le Canada ; 7 000 médecins et 3 000 informaticiens qualifiés sont établis en Europe. Selon le scientifique Abdelkader Djeflat, on peut estimer l’apport des compétences algériennes aux pays d’accueil à 45 milliards de dollars annuels. Savez-vous qu' il y a plus de médecins béninois à l’extérieur qu' au Bénin ?

    Dénoncer ce pillage des hommes des pays « du Sud », notamment africains, par les grandes puissances mondiales, y compris la France, ne contredit en rien notre attachement au droit de tout homme de se déplacer vers le pays de son choix, prévu par la Charte Universelle de 1948, même s’il est logique que chaque nation ait le pouvoir de réglementer les modalités de ces déplacements.  Mais pour que ce droit ne soit pas vide de sens, il faudrait que chacun ait la possibilité de vivre dans son pays de son travail, et en sécurité. Ce n’est actuellement pas le cas pour des millions d’hommes et de femmes d’Afrique ou d’ailleurs, acculés à la misère, au chômage, aux persécutions, parce que leur pays a hérité de la période coloniale et des pressions impérialistes le sous-développement économique, l’absence d’industries et d’agricultures nourricières. Les hommes ne quittent pas leur pays d’origine par plaisir, ou caprice, mais parce qu' ils ne peuvent y vivre normalement. Le monde court à l’apocalypse, si les pays du Sud ne peuvent à terme développer industries de transformation et cultures vivrières. Notre devoir de citoyens des pays développés économiquement est d’exiger de nos gouvernements de les y aider ; la proposition ci-dessous devrait être portée par toutes les organisations démocratiques françaises, ONG, partis politiques, syndicats, etc. :
    La France consacre chaque année environ 20 milliards d’euros à des dépenses d’impérialisme militaire, qui sont à la fois injustifiées, dangereuses pour la paix, et coûteuses. Le bon sens veut au contraire :
    1.Le retour définitif de tous les soldats français engagés dans des conflits, en Afghanistan, au Tchad, etc.
    2.La fermeture de toutes les bases militaires françaises à l’extérieur, en Afrique, au Golfe Persique (Abu Dhabi).
    3.L’utilisation par la France des milliards d’euros ainsi économisés à des investissements productifs, industriels et agricoles, répondant aux besoins des consommateurs locaux, dans les pays d’Afrique « francophone » notamment, dont les citoyens sont obligés d’émigrer, faute d’emplois, de ressources et de sécurité.

  •  Enfin, l’impérialisme contemporain, se manifeste par des délocalisations vers les pays d’Afrique à bas salaires et forts taux de profits. Les salariés malgaches des « zones franches » fabriquent des tee-shirts qui se vendent à Paris l’équivalent de leur salaire mensuel. ! Ces délocalisations qui démantèlent la classe ouvrière en France, ne se font pas au profit des peuples d’Afrique ; on transfère des emplois, pas les centre de décision des entreprises, et ces créations de postes de travail sous-payés sont toujours temporaires : on trouvera toujours moins cher ailleurs… D’autre part, les entreprises délocalisées produisent à moindre coût pour la clientèle occidentale, pas pour les consommateurs du pays.
  •  L’impérialisme français est donc toujours très présent en Afrique, et tout aussi prédateur qu' autrefois. Mais le concept de «  Françafrique » pour le caractériser est réducteur car il se réfère souvent à un système de réseaux ancien qui évolue très vite ; Et surtout parce qu' il limite les responsabilités en Afrique au seul impérialisme français, alors que celui-ci agit dans le cadre d’un système impérialiste mondialisé, en concertation avec des organismes internationaux (Banque Mondiale et FMI, OMC, OTAN et Communauté européenne, ONU) et en compétition avec d’autres impérialismes, à commencer par celui, conquérant en Afrique, des USA.
  • Les visages mondialistes de l’impérialisme

    L’impérialisme français de 2004 s’insère délibérément dans un système impérialiste mondialiste, exprimé par de multiples organismes supranationaux ; le substrat de ce système est constitué par les sociétés multinationales, dont le siège social est situé dans la mouvance d’un état impérialiste mais dont le capital peut provenir de nombreux pays. Ainsi, une grande partie de la bourgeoisie française possède des actions de transnationales centrées aux USA, ce qui explique son attirance pour les choix atlantistes (cf. l’évolution de la droite avec Sarkozy). Dans la plupart des pays d’Afrique, les Ambassades de rance ont pour rôle essentiel de convaincre les dirigeants politiques locaux d’appliquer avec célérité les prescriptions du FMI et de l’ OMC.

  •  Les plus influents de ces organismes supranationaux sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International  théoriquement placés sous l’égide de l’ONU , en fait, contrôlés exclusivement par les quelques états les plus puissants financièrement (USA et G7). Ils contrôlent la dette des pays d’Afrique, qui non seulement ponctionne en remboursement plus que les états africains ne reçoivent en « aides » financières, mais surtout contraint les gouvernements africains, s’ils veulent obtenir les crédits nécessaires à la survie de leur économie et de leur état (ne serait-ce que pour payer les fonctionnaires), à accepter les « plans d’ajustement structurels » : privatisation, restriction des services publics, d’où la croissance de l’économie « informelle » et le démantèlement du poids des états dans leur dimension protectrice, remplacés dans ce rôle souvent par des ONG occidentales dont le budget dépasse parfois le leur. Il serait absurde de nier l’altruisme de ces milliers de « fous d’Afrique » occidentaux qui se consacrent, parfois au péril de leur vie, à des actions humanitaires ou caritatives en Afrique ; Il reste qu' une foule d’ONG, parfois détournées de leur vocation originale, nourries pour l’essentiel de fonds publics occidentaux, sont devenues des sinécures pour des « missionnés », parasites des maux de l’Afrique, qui vont d’hôtel de luxe en hôtel de luxe, en 4/4 rutilant : dans certains pays de la corne de l’Afrique, le véhicule tout terrain neuf est appelé par les habitants pas dupes « un ONG »(6)
  •  L’organisation Mondiale du Commerce (OMC) devient peu à peu le carcan le plus efficace au service de l’impérialisme. Chargée d’organiser le commerce mondial selon l’évangile « libéral » de la loi du marché et de la liberté absolue du commerce, son objectif avoué est de faire accepter ou disparaître toutes les protections douanières. Le résultat est catastrophique d’ores et déjà, pour les pays africains et leur production alimentaire, évidemment moins « rentable » que celle des pays industrialisés. Au Sénégal, l’apport massif de blé et de riz a fait quasiment disparaître les producteurs locaux de mil et de riz. Aujourd’hui que diverses causes et notamment la spéculation des boursiers occidentaux, et l’emploi de millions d’hectares de terres arables pour fabriquer des carburants plutôt que de la nourriture, provoque la flambée des prix, les plus pauvres sont contraints à de véritables émeutes de la faim, et on a vu la même chose en Mauritanie, en Egypte, au Burkina, etc…L’agence de l’ONU prévoit de véritables famines si le mécanisme continue(7)
  • • La communauté européenne et l’OTAN, bras armé conjoint des puissances occidentales, jouent d’ores et déjà, un rôle important dans les zones de conflit africains, notamment en finançant les forces africaines ou autres, appelées à intervenir selon ses choix dans un conflit du continent subsaharien. Ce fut le cas pour la force d’intervention en Ituri (nord-est de la RDC en 2003 et en Côte d‘Ivoire en 2004). L’Europe, l’Otan ont fait leur la doctrine du « droit d’ingérence », nouvelle mouture du droit colonial.(8)
  •  Enfin, la caution donnée par l’ONU à une intervention militaire en Afrique ne garantit en rien son caractère non impérialiste, parce que le Conseil de sécurité est totalement inféodé aux grandes puissances ; Ainsi, non seulement ce Conseil de sécurité a confié à la France, ex-puissance coloniale, un rôle de « pacificateur » en Côte d’Ivoire, mais il a, en novembre 2004, approuvé à l’unanimité, sans état d’âme, le mitraillage inacceptable des manifestants ivoiriens par les forces françaises.
  • L’impérialisme des USA à l’offensive

    Le développement des dimensions mondialistes de l’impérialisme n’empêche pas la persistance des contradictions inter impérialistes ; elles sont très fortes en Afrique, surtout entre un impérialisme français sur la défensive qui a hérité de son histoire une influence disproportionnée par rapport à sa puissance sur l’échiquier mondial, et un impérialisme étasunien conquérant, qui progresse partout, de l’Afrique australe aux grands lacs, de la Corne au Maghreb et au Sahel, notamment depuis la disparition de l’URSS. Sa pénétration est multiforme.

  • Elle est idéologique , par le biais d’ONG aux gros moyens, fortes de personnels qualifiés n’hésitant pas à vivre à l’africaine et à parler les langues africaines, souvent liées à la CIA (Peace Corps) ; par celui de prédicateurs « évangélistes » liés à ceux proches du pouvoir aux USA ; leurs moyens financiers leur permettent de développer une audience populaire très vaste dans des populations urbaines en pleine crise sociale ; et certains sont les conseillers très influents de chefs d’état (Moïse Koré près du président Gbagbo et de son épouse).
  • Elle est politique et diplomatique, par la multiplication des voyages officiels depuis Clinton, et de missions très nombreuses qui mettent souvent en avant des diplomates ou financiers afro-américains. Une nouvelle génération de politiciens ou banquiers africains, souvent formée aux principes du libéralisme économique par leur passage dans les universités américaines ou les bureaux du FMI, de l’OMC ou de l’ONU, se font volontiers les vecteurs de l’influence des USA ( Wade, président du Sénégal, Ouattara, prétendant au pouvoir en Côte d’Ivoire et ex-cadre de la Banque mondiale, etc.)
  • Elle est économique, par le biais des multinationales en quête de profits et des ressources minières ou énergétiques d’importance stratégique : elles étaient largement présentes dans le pillage organisé de l’est de la RDC occupé par les troupes rwandaises et ougandaises ces dernières années (largement dénoncé dans plusieurs rapports de l’ONU) ; elles sont très intéressées par les minerais rares qui en proviennent (le coltan, nécessaire à la téléphonie portable, l’uranium, les diamants, etc.) et tout autant par les ressources pétrolières des divers pays du Golfe de Guinée, de l’Angola au Tchad et Cameroun : selon certains experts, cette zone serait appelée à fournir dans 20 ans jusqu' au tiers des approvisionnements US !(9)
  • Elle est militaire : dans ce domaine, la présence des USA se fait essentiellement par le financement de militaires africains : en 2002, le programme de formation militaire financé par Washington dans 7 pays d’Afrique, de l’Ethiopie au Nigeria, a concerné 1500 officiers, pour un coût de 10 millions de dollars (sur un total de fonds US « d’aide militaire » de plusieurs dizaines).Au nord du Sahara, les USA envoient des techniciens et du matériel aux gouvernements en lutte contre les bandes armées islamistes, alors même que la CIA a longtemps regardé avec complaisance le GIA algérien dont certains responsables ont longtemps résidé et agi depuis New York ou Londres ; la base militaire de Djibouti, exclusivement française il y a 20 ans, est aujourd’hui essentiellement étasunienne, dans le cadre du dispositif de surveillance de la Corne de l’Afrique et du Moyen Orient.(10) (11) (12)
    Les militaires US cherchent à s’implanter dans toute l’Afrique dans le cadre du projet AFRICOM. Ils ont envoyé les Ethiopiens occuper la Somalie sous prétexte d’y combattre l’intégrisme, et ils poussent (avec le soutien de Sarkozy) à une intervention militaire contre le Soudan en prétextant un « génocide » au Darfour, alors que la situation humanitaire est pire en Somalie.

    Le choc des impérialismes et les conflits africains

    Il serait absurde de défendre un impérialisme contre son concurrent : Ils sont tous aussi néfastes aux peuples africains. Mais ce n’est nullement dédouaner l’impérialisme français que de constater le rôle essentiel de l’impérialisme étasunien dans l’explosion de guerres et de massacres qui ravagent le continent africain. Il est nécessaire de discerner le choc des impérialismes dans quelques conflits d’une Afrique qui n’est plus celle des années 60 à 80. Le développement des dimensions mondialistes de l’impérialisme n’empêche pas la persistance des contradictions inter-impérialistes. Elles sont très fortes en Afrique, surtout entre un impérialisme Le développement des dimensions mondialistes de l’impérialisme n’empêche pas la persistance des français sur la défensive, qui a hérité de son histoire une influence disproportionnée par rapport à sa puissance sue l’échiquier mondial, et un impérialisme étasunien conquérant, qui progresse partout. Le dernier exemple sanglant de cet affrontement par Africains interposés fut le Rwanda en 1994, qui vit les partisans de la France massacrer près d’un million d’hommes en un immense pogrom raciste, et perdre le pouvoir malgré tout au profit du FPR pro-américain.

    Depuis, la situation a changé. Avec l’arrivée de Sarkozy, le rapprochement avec les dirigeants US se marque en Afrique aussi. Il y a quelques mois, l’intervention militaire française au Tchad en faveur de Deby avait pour but de protéger l’exploitation du pétrole par la France et les USA.
    La base militaire de Djibouti, longtemps exclusivement française, est aujourd’hui surtout étasunienne. Il est vrai que de nouveaux concurrents se profilent, comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, qui proposent parfois aux pays africains des conditions bien plus avantageuses, parfois même une certaine industrialisation, selon une logique qui n’est plus exclusivement coloniale.
    Dans ce nouveau contexte, rien d’étonnant à voir se multiplier les conflits, qui correspondent à une remise en cause des zones d’influence. Les peuples sont rarement gagnants à ce « grand jeu ».

    Les comparses de l’impérialisme

    Le déclenchement des conflits en Afrique n’est pas de la seule responsabilité des impérialismes les plus forts dans le continent, étasunien, français, « européen », etc.
    L’implication de volontés impériales secondaires est souvent très lourde, qu' elles agissent en simples porte-paroles ou supplétifs des prédateurs majeurs , ou à leur profit exclusif (les deux se combinent souvent).
    • Ainsi, des anciennes puissances coloniales comme Royaume Uni et Pays Bas, très liées aux USA (ce sont pour l’essentiel des soldats britanniques qui ont « pacifié » Libéria et Sierra Léone), Portugal, Italie, Allemagne, qui agissent surtout par le biais de la communauté européenne.
    • Ainsi, pour Israël, très présent dans de nombreux pays d’Afrique noire par ses services secrets (Mossad), ses conseillers militaires et de sécurité ; cela en coopération avec les USA mais aussi par des trafics spécifiques (ventes d’armes, de diamants, etc.)
    • Evidemment, les volontés de conquête et pillage à leur profit de certains dirigeants des états africains ne doivent pas être sous-estimées, elles s’ajoutent aux calculs géopolitiques des grandes puissances qui les soutiennent et les débordent parfois :
    • Ainsi, l’Ouganda de Museveni et surtout le Rwanda de Kagame ont déjà conquis et mis au pillage l’est de la RDC ; le Maroc maintient son occupation du Sahara occidental et refuse toute solution d’auto-détermination grâce au soutien de la France et à l’ambiguïté des USA.
    • L’action d’autres gouvernants africains est parfois très complexe, on ne peut en juger qu' au cas par cas : la Libye de Khadafi, quelles que soient ses contradictions, a une influence positive, en Afrique sahélienne, quand elle finance des profits qui, autrement le seraient par l’Arabie Saoudite intégriste ou le FMI et ses diktats impérialistes. Mais aujourd’hui, Khadafi se rapproche des puissances occidentales pour obtenir leur assentiment à un leadership libyen en Afrique… L’Afrique du sud, libérée de l’apartheid, seule puissance industrielle du continent, reste un pays capitaliste dans lequel l’héritage des combats de libération nationale et le mouvement ouvrier sont forts. Les stratèges de Washington s’efforcent d’en faire un relais de leur influence diplomatique et économique en Afrique et trouvent une oreille complaisante auprès d’une certaine bourgeoisie noire sud-africaine. Les interventions nombreuses du président Mbeki (Congo, Côte d’Ivoire) reflètent cette complexité.
    • Aujourd’hui la Chine, grande puissance en devenir, devient de plus en plus active en Afrique, d’Algérie au Soudan et au Gabon. Elle peut avoir un rôle progressiste quand elle permet à un pays africain d’échapper au tête à tête avec les multinationales occidentales. Ceci dit, le développement impétueux de l’économie chinoise se fait sur la base d’un capitalisme brutal qui peut à l’avenir, devenir expansionniste. Les mêmes contradictions valent pour l’Inde et le Brésil, qui ont certes des gouvernements « de gauche », mais une économie capitaliste en expansion et conquérante en Afrique.
    • Enfin, si les impérialismes manipulent et utilisent partout en Afrique les ethnicismes, les intégrismes, les terrorismes à leur profit, ils ne les inventent pas : les politiciens africains qui cultivent démagogiquement ces haines entre peuples, religions et cultures ont une grande responsabilité dans les conflits impérialistes et doivent être dénoncés.

    Rappelons enfin que si l’impérialisme est bien présent en 2008 en Afrique, sa nocivité est très réelle aussi dans les autres continents : occupation de l’Irak et colonisation de la Palestine, menaces de guerre contre l’Iran, bases US projetées en Europe de l’Est contre la Russie, dépeçage des Balkans et du Caucase, menées contre les gouvernements anti-impérialistes en Amérique Latine (Cuba, Vénézuela, etc.) : tout cela ne peut être abordé dans le cadre de cet article.

    Références bibliographiques
    (1) Informations et commentaires, n° 127, avril-juin 2004-
    (2) Revue Jeune Afrique. L’Intelligent, n°2291, 5 au 11 décembre 2004
    (3)Pascallon (direction de) La politique de sécurité de la France en Afrique. L’Harmattan 2004. P. Bohn, sur la genèse du NEPAD
    (4)Pascallon. Déjà cité, J.P. Benoit, sur les liens économiques franco-africains
    (5)Pascallon, déjà cité. Relations militaires franco-africaines
    (6)Extrait d’un ouvrage collectif à paraître en 2005 au Temps des Cerises sur « Les conséquences de la disparition de l’URSS en Afrique ».
    (7)Pascallon déjà cité. P.A. Wiltzer, sur le commerce africain.
    (8)Pascallon, déjà cité, Abdou Fall, J.P. Benoit, Scarbonchi, Dumoulin, sur les actions européennes en Afrique.
    (9)Monde diplomatique. Juillet 2004. P. Abramovici. Activisme militaire de Washington en Afrique.
    (10)Pascallon, déjà cité, W. Cosby, sur « l’aide militaire » US
    (11)Monde diplo Juillet 2004. Abramovici déjà cité,
    (12)El Watan. 2 mars et 16 août 2004. S. Tlemçani et A. Kharief.

    sommaire