Syrie : Russie, Iran et Turquie d'accord pour réunir régime et opposition à Sotchi

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Jean Levy
publié le 25 novembre 2017
mis à jour le : 22 Septembre, 2019

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Le président iranien Hassan Rohani (g), le président russe Vladimir Poutine (c) et le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Sotchi, le 2 novembre 2017. Les trois dirigeants ont décidé d'organiser un « congrès » sur la Syrie à Sotchi.
Sputnik/Mikhail Metzel/Kremlin via REUTERS

Le sommet de Sotchi s’est achevé sur une déclaration finale et sur une annonce : la Russie, la Turquie et l’Iran veulent réunir l’opposition syrienne et le régime pour sortir le pays de la crise.

Cette déclaration est un peu l’œuvre de Vladimir Poutine qui a mis tout son poids dans la balance pour convaincre Reccep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani. Vladimir Poutine souhaitait profiter du processus d’Astana et des résultats concrets obtenus sur le terrain pour enclencher un dialogue politique. Son idée : réunir ce qu’il appelle un « Congrès de dialogue national », congrès qui réunirait l’opposition et le régime à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Vladimir Poutine a déjà tenté d’organiser cette conférence courant novembre et avait échoué. Il a donc choisi de mobiliser ses partenaires du processus d’Astana pour y parvenir.

En quoi consisterait ce « Congrès de dialogue national » ?

Il s’agirait de réunir toutes les composantes de l’opposition syrienne et des représentants du régime, afin de discuter de l’avenir politique de la Syrie. Concrètement, une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU.

Le problème : c’est également le programme des négociations de Genève qui doivent débuter le 28 novembre prochain. Mais Vladimir Poutine se défend de vouloir court-circuiter Genève et les Nations unies. Il l’a répété ce soir à Sotchi : ce « Congrès de dialogue national », s’il se tient comme prévu, ne pourra que bénéficier, selon lui, aux négociations de Genève. Il est vrai que, depuis un an, rien de concret n’est sorti du processus de Genève, alors que l’Iran, la Turquie et la Russie, dans le cadre du processus d’Astana, ont réussi à avancer notamment sur les « zones de désescalade » qui ont permis sur le terrain de faire baisser les violences.

Le régime et l’opposition ont-ils accepté de se rendre à Sotchi pour entamer ce dialogue ?

Du côté du régime, sans surprise, la réponse, est positive. Bachar el-Assad, qui a fait une visite surprise à Sotchi lundi soir, est l’obligé de Vladimir Poutine. C’est beaucoup plus compliqué du côté de l’opposition. Celle-ci se méfie de la Russie, elle se méfie de tout ce qui pourrait l’éloigner de Genève et des Nations unies. Le pari de Vladimir Poutine est donc de faire pression sur l’opposition syrienne par le biais de la Turquie, qui conserve des relais très importants au sein de la rébellion.

La Turquie est-elle prête justement à jouer ce rôle auprès de l’opposition ?

Difficile à dire, car aujourd'hui ce qui obsède Recep Tayyip Erdogan en revanche c’est la question kurde. Le président turc ne veut surtout pas voir les Kurdes de Syrie conviés à ce futur dialogue inter-syrien, ce qui va à l'encontre des intentions de Vladimir Poutine, qui souhaite inviter les Kurdes aux négociations. C'est un point de divergence absolument crucial, les deux hommes en ont sûrement parlé aujourd’hui à Sotchi, mais bien entendu rien n’a filtré de ces discussions à l’issue de ce sommet.

    « Le président iranien et le président turc soutiennent l’initiative d’un « Congrès du dialogue national syrien ». Nous avons décidé d’organiser cet évènement, ici à Sotchi, avec la participation des représentants de toute la société syrienne. Les ministères des Affaires étrangères de nos trois pays devront définir la composition et les dates du Congrès, qui aura lieu ici, à Sotchi. L’objectif sera de réunir à la table des négociations les délégués des différents partis politiques syriens. En incluant l’opposition intérieure et extérieure, et les représentants des groupes ethniques et confessionnels. Le Congrès étudiera la nouvelle constitution, et l’organisation d’élections sous l’égide des Nations Unies. Ce qui pourra donner une nouvelle impulsion au processus de Genève. Je dis encore une fois : c’est aux Syriens eux-mêmes de décider de l’avenir de leur pays. Qu’il s’agisse des membres du pouvoir actuels, ou de l’opposition. »

Source :ça n'empêche pas nicolas

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