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Syrie – Le cessez-le-feu imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU ne tiendra pas

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Moon of Alabama
publié le 25 février 2018

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Hier soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 2401 qui appelle à un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie. Le texte de la résolution adoptée ne semble pas encore disponible. On peut trouver une copie du projet initial de résolution ici. Le gouvernement russe a présenté plusieurs amendements. Il voulait que la partie étasunienne garantisse le respect du cessez-le-feu par les ennemis de l’état syrien.

La résolution a été proposée par la Suède et le Koweït au nom des états-Unis. Elle est arrivée au moment où l’armée syrienne s’apprêtait à libérer la zone de la Ghouta orientale qui se trouve à la périphérie de Damas, la capitale. La Ghouta orientale est occupée par plusieurs groupes terroristes, dont al-Qaïda et des groupes salafistes. Cela fait des années qu’on les sponsorise pour harceler les 7 millions d’habitants de la capitale avec des missiles et des tirs de mortier tirés au hasard. Les états-Unis ont lancé une campagne de propagande pour « sauver la Ghouta » parce qu’ils veulent prolonger la menace que la Ghouta fait peser sur la capitale syrienne.

Le cessez-le-feu ne s’applique pas à al-Qaïda, ni à EI, ni aux groupes terroristes associés. La guerre contre eux continuera. Dans la Ghouta orientale, al-Qaida (Hayat Tahrir al-Sham) est alliée à Failaq al-Rahman.

D’après ce qu’on sait, la résolution des Nations Unies permettrait la libération d’importantes zones de la Ghouta orientale, dont Harasta, Arbin, Zamalka, Ein Tarma et Kafar Batna. L’attaque sur le terrain de l’armée arabe syrienne pour libérer ces régions et d’autres parties de la Ghouta orientale a commencé aujourd’hui, quelques heures seulement après l’adoption de la résolution. Elle progresse bien.

L’énorme campagne de propagande sur la Ghouta orientale n’a rien à voir avec des préoccupations humanitaires ni avec le respect des règles de la guerre. L’année dernière, les états-Unis ont détruit Raqqa avec plus de 31 000 tirs d’artillerie et une vaste campagne aérienne, et ils ont tué plus de 3 200 civils. Ils ont même réduit en miettes la canalisation d’eau qui alimentait les habitants de Raqqa – un crime de guerre incontestable. à l’époque, l’ONU avait demandé un cessez-le-feu pour évacuer les civils. Les états-Unis avaient rejeté catégoriquement cette demande. Ils avaient même par la suite laissé sortir les combattants islamistes qui restaient à Raqqa et ils les entraînent actuellement à nouveau en vue d’autres attaques contre l’état syrien.

Les campagnes de propagande autour de la Ghouta font partie de la guerre « froide » entre les états-Unis et la Russie qui divise la Syrie. La campagne américaine actuelle qui vise à maintenir la Ghouta orientale sous le joug des terroristes a quatre objectifs :

  • Démontrer au monde que le gouvernement syrien n’est pas en mesure de garantir la sécurité de Damas ;
  • Montrer que la Russie a eu tort de revendiquer la victoire en Syrie ;
  • Protéger EI et al-Qaïda dont ils ont encore besoin comme mercenaires américains au sol ;
  • Justifier l’occupation américaine du nord-est de la Syrie et de ses champs pétrolifères et limiter ainsi les ressources financières de l’état syrien. (Cela donne également aux états-Unis et à Israël une zone opérationnelle pour de nouvelles attaques contre l’état syrien).

Un aspect intéressant du cessez-le-feu ordonné par le Conseil de sécurité des Nations Unies est qu’il s’applique aussi à l’invasion turque de la zone d’Afrin tenue par les Kurdes dans le nord-ouest de la Syrie. Les YPG kurdes, qui défendent Afrin contre les attaques turques, ne sont pas un groupe terroriste internationalement reconnu. Cela met la pression sur la Turquie pour qu’elle interrompe ou mette fin à sa campagne.

Le président Trump a encore une fois confondu sa position personnelle avec celle de l’administration au pouvoir :
Le président Donald Trump a semblé contredire son propre département d’état lors d’une conférence de presse vendredi en disant que les états-Unis sont en Syrie pour écraser l’EI et qu’ensuite ils partiront. En janvier dernier, le secrétaire d’état Rex Tillerson a donné les cinq objectifs des états-Unis en Syrie : vaincre EI et al-Qaida, résoudre le conflit entre le régime et le peuple syrien, endiguer l’influence iranienne, créer les conditions permettant aux réfugiés de rentrer chez eux en toute sécurité, et mettre en place une Syrie sans armes de destruction massive. L’administration de Trump a également annoncé cette semaine qu’elle se réservait le droit de maintenir indéfiniment des troupes américaines en Syrie, même dans les zones débarrassées des combattants de l’EI, sans nouvelle autorisation du Congrès.

Il n’y a rien dans le droit international qui permette aux états-Unis d’occuper des pans de la Syrie. L’argument que l’administration utilise pour essayer de justifier sa présence militaire en Syrie est grotesque :
Selon eux, la menace potentielle que constitue état islamique sur le long terme, fournit une base juridique au maintien indéfini, par l’administration Trump, des troupes américaines déployées sur place.

L’argument qu’il est légitime d’assurer une présence militaire « préventive » dans un pays étranger parce qu’un groupe terroriste pourrait s’y développer, pourrait être employé pour n’importe quelles partie du monde. C’est absolument n’importe quoi, mais il est peu probable que le Congrès intervienne actuellement pour mette fin à ce comportement criminel.

Le cessez-le-feu imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU va échouer. Les différents groupes qui contrôlent la Ghouta orientale sont désunis, mais ils ont tous intérêt à poursuivre la guerre. C’est leur seule source de revenu et leur seule raison d’être. Ils vont continuer à harceler Damas, ce qui justifiera d’autres attaques contre eux.

La campagne américaine pour « sauver la Ghouta » va donc échouer tout comme la campagne précédente pour « sauver Alep ». Le gouvernement syrien va libérer et sécuriser la zone par les moyens appropriés, avec le moins de pertes et de dégâts possibles.

Les états-Unis vont alors faire porter leur campagne de propagande sur un autre terrain et continuer leurs manœuvres sournoises et hypocrites pour prolonger la guerre contre la Syrie et essayer d’atteindre leurs objectifs chimériques, en prenant bien soin d’éviter une lutte ouverte.

Traduction : Dominique Muselet

Source :Le Saker Francophone

Le Conseil de sécurité des Nations Unies «réclame» à l'unanimité le 24 février un cessez-le-feu en Syrie pour au moins 30 jours consécutifs. A la demande de Moscou, le Conseil se réunira de nouveau dans 15 jours pour s'assurer du respect de la trêve.

Maintes fois amendée, la résolution adoptée ce 24 février à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU, «réclame que toutes les parties cessent les hostilités sans délai pour au moins 30 jours consécutifs en Syrie en vue d'une pause humanitaire durable».

L'objectif du texte est de permettre «la livraison régulière d'aide humanitaire, de services et l'évacuation médicale des malades et blessés les plus graves».

Des exclusions au cessez-le-feu pour les combats contre les groupes djihadistes Etat islamique (EI) et Al-Qaïda sont prévues. A la demande de Moscou, ces exclusions comprennent également «d'autres individus, groupes, entités, associés à Al-Qaïda et l'EI, ainsi que d'autres groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité.»

Prévu initialement le 23 février, le vote a été repoussé au lendemain en raison de l'intensité des négociations entre les 15 membres du Conseil de Sécurité à son sujet, la délégation russe, en particulier, exigeant des amendements au document initial proposé par le Koweït et la Suède.

La Russie avait reproché au texte initial d'être «utopique», ne permettant aucunement, selon elle, de s'assurer que les milices antigouvernementales contrôlant la Ghouta orientale observeraient le cessez-le-feu. Le texte désormais adopté prévoit, à l'inverse, à la demande de la délégation russe, une réunion du Conseil dans quinze jours pour contrôler l'application du cessez-le-feu.

Moscou avait également fait valoir le 22 février que l'objectif réel du projet de résolution initial soutenu par les Occidentaux était de blâmer le gouvernement syrien pour l'escalade des affrontements dans la Ghouta orientale afin de préparer le terrain, potentiellement, à un changement de régime.

Escalade des violences à la Ghouta orientale : les groupes rebelles refusent toute évacuation des civils

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours à la Ghouta, entre l'armée régulière syrienne et les groupes islamistes. Parmi eux : le Fatah al-Cham (alias Front al-Nosra), la Faylaq al-Rahmane («Légion du Tout miséricordieux), l'Armée de l'islam et le groupe rebelle salafiste Ahrar al-Cham al-Islamyya.

Si le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait proposé aux groupes armés rebelles un plan d'évacuation des civils et des combattants de la Ghouta orientale, ces derniers l'ont catégoriquement rejeté le 23 février.

RT en français

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