SRI LANKA : Les mensonges de l'AFP

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Jean-pierre page
publié le 15 novembre 2018

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Colombo (AFP)
Le Parlement du Sri Lanka a défié le chef de l'Etat mercredi en votant une motion de censure contre son Premier ministre tout juste nommé dans des conditions controversées, un vote qui aggrave la crise politique dans ce pays.

Le Sri Lanka connaît une confrontation au sommet de l'état depuis le 26 octobre, avec le limogeage litigieux du chef du gouvernement Ranil Wickremesinghe et son remplacement par l'ex-homme fort de l'île (2005-2015) Mahinda Rajapakse.

M. Wickremesinghe qualifie son renvoi d'inconstitutionnel et s'accroche au pouvoir dans ce pays de 21 millions d'habitants en majorité bouddhistes, comme il refuse d'abandonner sa résidence officielle.

La Cour suprême a annulé mardi la dissolution du Parlement par le président Maithripala Sirisena, qui entendait de cette façon convoquer des élections législatives anticipées pour obtenir la majorité absolue et ainsi avaliser la nomination de M. Rajapakse.

Au cours d'une séance chaotique, les députés ont donné leur verdict mercredi sur cette lutte de pouvoir, la majorité des 225 parlementaires ayant voté une motion de censure contre M. Rajapakse.

La crise paralyse le gouvernement et les inquiétudes sur la santé de l'économie et la capacité du Sri Lanka à rembourser sa gigantesque dette extérieure vont croissant.

Cependant, le résultat du vote parlementaire ne signifie pas forcément une victoire pour M. Wickremesinghe. Si sa formation, le Parti national uni (PNU), a le plus grand nombre de sièges au Parlement, le président Sirisena conserve la faculté de choisir le prochain Premier ministre.

Le dirigeant du PNU a malgré tout quitté sa résidence officielle pour la première fois en près de trois semaines pour se rendre au Parlement et saluer le vote.

"C'est une victoire pour le peuple", a-t-il dit à la presse, qualifiant les mesures du président d'"illégales". Les services de l'Etat ne doivent plus prendre leurs ordres auprès du "prétendu gouvernement" Rajapakse, a-t-il ajouté.

- Sceptre -

Le PNU a estimé que le président était désormais tenu de demander au Premier ministre limogé de former un nouveau gouvernement. "Pour moi, Wickremesinghe est toujours Premier ministre. Aujourd'hui, la démocratie a prévalu", a déclaré le vice-président de ce parti Sajith Premadasa.

Au cours de cette séance mouvementée, M. Rajapakse, 72 ans, et son fils député, Namal, sont sortis du Parlement juste avant que son président, Karu Jayasuriyan, n'appelle au vote sur la motion de censure.

Les fidèles de l'ancien homme fort ont tenté de s'emparer du sceptre qui symbolise l'autorité de la chambre afin de perturber le scrutin, sans empêcher toutefois Karu Jayasuriyan de procéder aux opérations.

"Les "oui" l'ont emporté", a-t-il annoncé. "Je déclare que cette chambre n'a pas confiance dans le gouvernement" Rajapakse.

Sur ces entrefaites, des ministres de son gouvernement sont sortis du Parlement en accusant son président d'avoir violé le règlement de la chambre en organisant un vote décisif contre leur volonté.

Ce qui n'a pas empêché l'un des ministres de M. Rajapakse de passer dans le camp opposé juste après l'adoption de la motion de censure.

Le chef de l'Etat s'en est lui aussi pris au président du Parlement, l'accusant d'avoir violé les traditions parlementaires en permettant ce vote.

Le Parlement s'est réuni sous haute sécurité. Des milliers de policiers en armes avaient été déployés sur les principales voies d'accès à l'assemblée située sur un île artificielle construite sur un lac.

Bête noire des défenseurs des droits de l'homme, Mahinda Rajapakse a dirigé le Sri Lanka d'une main de fer au cours de ses deux mandats présidentiels de 2005 à 2015.

Proche de Pékin, il a mis notamment fin en 2009 à quatre décennies de guerre civile en écrasant la rébellion de la minorité tamoule, au prix d'un bain de sang.

Le commentaire de Jean-Pierre Page

Cet article est à l’image de la campagne internationale des médias et de l’ingérence systématique des gouvernements occidentaux en particulier des USA, en précisant pour ce dernier que les plus agressifs sont ceux ayant appartenus à la précédente administration US comme Samantha Powers, Jeffrey Feltman..les ONG liés au réseau HRW où le Crisis group, Georges Soros. évidemment il y a plein d’inexactitudes dans cet article de l’AFP qui se distingue par sa mauvaise foi et son caractère partisan. C’est un article bâclé, par exemple ce n’est pas une guerre de 40 ans mais de 28 ans ce qui est déjà pas si mal. La présentation caricaturale de Mahinda Rajapaksa ne correspond à aucune sorte de réalité, il est le seul homme politique qui a un soutien massif d’une majorité du peuple, des travailleurs, ce qui est insupportable pour la droite et les occidentaux ce sont ses préoccupations sociales, son refus des privatisations et des recettes néo libérales, son non alignement et son refus ferme de toute ingérence étrangère, son respect de la souveraineté. Le fait surtout qu’il a gagné la paix. Grand ami de la cause palestinienne et de Cuba. Autant de raisons qui justifient la haine de la droite et des occidentaux pour qui il est un obstacle dont il faut se débarrasser à n’importe quel prix.

La situation est très confuse. Contrairement à ce qu’affirme l’article la cour suprême a réservé sa décision jusqu’au 7 décembre pour juger de la constitutionnalité ou non, non pas du changement de premier ministre mais de la dissolution du parlement. Elle a émis un « stay order « c’est à dire une suspension provisoire de la décision présidentielle. Ceci a été interprétée abusivement par la droite et ses alliés de circonstance comme une approbation de leur position politique.

Dans ces circonstances le parlement a pu se réunir , le président de celui-ci est de droite, il a délibérément fraudé et refusé de suivre la procédure. Dans la confusion le vote a eu lieu à mains levées, le comptage est contesté, et il a déclaré immédiatement que le vote de la Motion de censure était adoptée. Tout semble confirmer qu’il n’y avait pas de majorité et loin s’en faut. Par contre des ministres qui venaient du parti de droite et qui avaient rejoint le nouveau gouvernement sont retournés à leur parti d’origine avec des arguments sonnants et trébuchants , ce qui ici est une pratique courante. Elle explique et justifie le discrédit des politiciens dans le peuple qui les considère tous comme corrompus ce qui est en partie exact. Avant le vote des sommes de 100 à 150 voir dans un cas de 500 millions de roupies (environ + de 2 millions d’euros)sont passés de mains en mains. Dans ces circonstances la droite hurle à la victoire de la démocratie avec le soutien des médias locaux et internationaux. Elle appelle aujourd'hui à une grande manifestation.

Des violences et des provocations type révolutions de couleurs se mettent en place. On craint le pire aujourd’hui, car la droite et ses partisans veulent reprendre par la force les ministères occupés par le nouveau gouvernement. L’armée est divisée, la police semble pour l’instant toujours sous le contrôle du premier ministre. Celui ci doit prononcer ce matin un important discours.

La situation est donc très tendue les rumeurs, les fausses nouvelles de toutes sortes vont bon train. Le peuple qui a soutenu massivement le changement est dans l’expectative, les forces politiques qui appuient le nouveau gouvernement dont la gauche peinent à résister alors qu’elles devraient faire appel à une riposte de masse en faisant appel au soutien du peuple et des travailleurs.

La droite et les occidentaux veulent empêcher par tous les moyens des élections générales, dont ils savent qu’ils les perdront. La pratique ici est celle du report des élections par exemple les municipales 3 fois, les provinciales indéfiniment au point que 6 provinces sur 9 sont sans administration.

Si comme le pays en est coutumier il y a des violences qui dégénèrent il ne faut pas exclure une intervention militaire étrangère, surtout avec la 7eme flotte à proximité. L’enjeu géo stratégique que représente le Sri Lanka est considérable et vital en particulier pour les USA face à la Chine. Cette dimension est très largement sous estimée par le nouveau gouvernement et la gauche et bien sûr masquée internationalement. Les heures qui viennent vont être décisives. La situation est très grave.

Il faut aussi noter dans cette période agitée que le parti de droite est minée par les batailles internes pour écarter celui qui dirige le parti depuis des dizaines d’années et qui était l’ex premier ministre totalement sous contrôle des occidentaux Les alliances sont très instables et changent continuellement. Au nord dans la seule province à majorité tamoule les séparatistes s’organisent ils ont fait éclater le TNA, qui est le parti compradore( ancien paravent parlementaire des tigres séparatistes du LTTE) et créer un nouveau parti plus radical avec à sa tête des anciens cadres du LTTE, sans aucun doute avec l’aide de la CIA et d’ONG sous contrôle de Soros et qui pullulent ici.

Tout est donc en place pour une suite qui peut être dramatique si le mouvement populaire n’intervient pas massivement et en urgence. Pour le moment le Président ancien allié de la droite bien que venant du parti de l’ancien président qu’il avait trahit ne s’est pas exprimé, il doit en principe le faire aujourd’hui. On est sûr de rien. Au sein des forces politiques qui appuient le changement , gauche comprise, on discute beaucoup on agit peu, du moins pour le moment. C’est là tout le problème, le peuple attend, les politiques jacassent, les occidentaux et les médias internationaux sont hyper mobilisés avec tous leurs relais et leurs moyens financiers, matériels et militaires. Pour Samantha Powers qui fut ambassadeur US a l’ONU proche parmi les proches d’Obama très impliquée sur le dossier Sri Lankais pour des raisons géo politiques et une des têtes pensantes pensantes démocrates chez les néoconservateurs : «hier, on a fait plier le nouveau gouvernement et Mahinda Rajapaksa, il faut maintenant les casser! » c’est tout dire et cela a le mérite de la clarté.

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