Le feuilleton Wagner : une guerre froide larvée

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le 27 décembre 2021

depuis sept mois maintenant, les populations maliennes vivent un psychodrame, ayant comme trait caractéristique, l’arrivée ou pas, d’un groupe de mercenaires de la société paramilitaire Russe, Wagner.

Le Premier Ministre, Choguel Kokala Maïga et son Ministre des Affaire Etrangères, Abdoulaye Diop, communiquent, chacun à sa manière, pour nous convaincre que l’affaire Wagner au Mali, ne repose que sur des rumeurs.

La fièvre des relations entre la France et le Mali ne cesse de grimper au niveau du thermomètre.

Le 23 décembre 2021, la déclaration conjointe de 15 pays occidentaux, partenaires du Mali, vient en rajouter au suspens Wagner. Les réseaux sociaux (de tout acabit) rivalisent de surenchères.

Le 24 décembre 2021, tombe un communiqué du gouvernement Malien de la transition, avec un élément capital, la mise en demeure des "15" d’apporter des preuves de la présence des mercenaires russes.

Confrontation entre les grandes puissances

Cette affaire Wagner se transforme en une sorte de guerre froide (qui ne dit pas son nom), entre un bloc d’occidentaux et la Fédération de Russie.

Le Mali au même titre que l’Ukraine, semble devenir, un nouveau théâtre d’expérimentation de la confrontation entre les grandes puissances (une confrontation géo-politique et géo-stratégique).

Pour sortir de ce bourbier, le Mali, dans le concert des Nations, doit plus que jamais d’affirmer, avec force et détermination, son indépendance et sa souveraineté.

Le Mali est dans son droit légitime et inébranlable, de diversifier (dans un monde multipolaire), ses relations, ses alliances diplomatiques, économiques, sécuritaires, avec des pays amis.

Mais la réaffirmation de ces principes universels, doit aller de pair avec la sauvegarde et la consolidation des droits et des intérêts du peuple malien.

Avec la France, une longue histoire lient nos deux peuples. La France, est le premier partenaire économique et financier de notre pays.

La France où vivent, travaillent et étudient près de 150 000 à 200 000 de nos compatriotes (qui font vivre des milliers de familles maliennes au pays).

La France que le peuple malien a accueillis à bras ouverts en janvier 2013, lors de l’offensive djihadiste sur Bamako.

Le peuple malien est dans son bon droit pour demander des comptes à cette France, d’attendre des résultats concrets dans la lutte contre le terrorisme.

On ne peut pas comprendre qu’avec 5 100 militaires de la force Barkane, 11 000 casques bleus de la Minusma, qui interviennent aux côtés de nos FAMA et ce depuis huit ans de présence sur le sol malien, la situation sécuritaire du pays ne fasse que se détériorer. Et il en va de même au Niger et au Burkina-Faso.

N’oublions pas qu’en 2013, le peuple malien a accordé à 77% (une première), ses suffrages au Président Ibrahim Boubacar Kéïta, avec le seul espoir que l’homme "providentiel" allait mettre fin au calvaire des populations, en ramenant la paix, la sécurité, le bien-être économique, social et culturel.

Le peuple malien est fatigué.

• Fatigué du terrorisme qui chaque jour ensanglante notre pays, avec des victimes civiles et militaires, avec son corollaire de milliers de déplacés internes.

• Fatigué de la vie chère, de la corruption et du népotisme.

• Fatigué de cette diplomatie de tension, qui ne cesse de monter avec la CEDEAO, dont notre pays est pourtant membre fondateur.

• Fatigué de réclamer que la lutte contre le terrorisme ne soit pas l’arbre qui cache la forêt, de l’inaction économique et sociale au profit du peuple malien, de l’insignifiance des actions bilatérales et multilatérales, pour sortir le Mali de la pauvreté.

Les autorités maliennes de la transition, doivent clarifier définitivement leur position, pour qu’on sache à quoi s’en tenir.

Il en va de l’avenir du pays et celui du peuple.

Bassirou Diarra ancien responsable de l’USRDA, le parti malien qui fut celui du fondateur de l’indépendance Modibo Keita

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