En 1989, un petit Stalingrad et deux coups de poignard en Afghanistan

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le novembre 2021

le 15 février 1989, le dernier soldat de l'Armée rouge quittait l'Afghanistan, honorant très ponctuellement l'annonce du retrait faite le 8 février 1988 par Mikhaïl Gorbatchev devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Retrait parfaitement organisé [1](en contraste absolu avec celui des États-Unis, en août de cette année) qui faisait suite aux échecs des tractations dans lesquelles les Soviétiques cherchaient à négocier leur retrait contre l'arrêt des interventions américaines et pakistanaises.
Retrait qui avait duré presqu'une année et qui ne pouvait qu'augurer la chute imminente, presqu'automatique, du gouvernement progressiste afghan. Le conseil de sécurité des États-Unis qui concluait que « le gouvernement de Mohammad Najibullah n'allait plus tenir que trois à six mois » et recommandait au président Bush (père) de « continuer à armer les moudjahidines pour cette nouvelle et dernière saison de combats. »
Ils suivaient les conseils et prédictions de leur chef moudjahidine préféré, Gulbuddin Hekmatyar, connu pour être le plus sanguinaire d'entre eux, et qui venait de déclarer que « la chute de Kaboul" ne se comptera pas en mois mais en une paire de semaines et aura lieu sans trop de heurts dans la ville. » [2].
Ils décideront donc de précipiter cette chute. Détail édifiant : à la réunion où furent invités des responsables pakistanais, aucun représentant des insurgés moudjahidines afghans n’était présent. Absence que le même quotidien new-yorkais expliquait, reprenant les déclarations d'un « haut fonctionnaire pakistanais », selon lequel « aucun représentant de la guérilla afghane n'était présent à la réunion de mars parce que l'ISI en a la charge. [3] » (ISI, pour Inter-Services Intelligence Agency, les services secrets pakistanais).

Pour montrer leur détermination et leur certitude que la fin du gouvernement communiste de Mohammad Najibullah ne tenait qu'à quelques jours, la Maison Blanche décida alors de fermer son ambassade à Kaboul, suivie dans ce geste, comme d'habitude, par la France et le Royaume-Uni. Suivant les injonctions de Washington, le gouvernement p a k i s t a n a i s décide à son tour, au cours d’une réunion présidée par le Premier ministre Benazir Bhutto avec les responsables militaires de son pays et l'ambassadeur des États-Unis, de précipiter les opérations militaires visant à finir sans attendre l'expérience socialiste afghane. Réunion, encore une fois, où les dirigeants moudjahidines afghans brillaient par leur absence. [4]

Les promoteurs de cette « lutte finale » djihadiste étaient si sûrs de leur réussite, qu'ils décidèrent d'organiser la gouvernance « postcommuniste » en formant d'avance un gouvernement provisoire qui serait présenté à la « Communauté internationale » dès qu'ils auraient trouvé la ville pour l'installer. Les choix furent vite faits ; les Pakistanais et les Américains placèrent chacun leur poulain : Abdul Rasul Sayyaf pour l'ISI, pressenti comme premier ministre et Gulbuddin Hekmatyar pour la CIA, comme ministre des affaires étrangères. Il ne restait alors qu’à choisir et occuper la ville qui devrait faire figure de « capitale provisoire » en attendant la prise de Kaboul. La ville choisie fut Jalalabad, la plus importante de l’Afghanistan oriental, à seulement 120 Km de Peshawar, la ville frontière pakistanaise qui concentrait le soutien en armes et en troupes pour les moudjahidines, et était parfaitement placée à mi-chemin entre Peshawar et Kaboul.

Faire vite, car l'ami américain n'est plus là

À noter que l'opportunité de cette offensive ne résultait pas seulement du départ des Soviétiques mais également de l'arrivé de Najibullah, le nouveau président du pays. Ce dernier était en train de récupérer largement le soutien populaire après les années de terreur et de provocations, sous une étiquette « ultrarévolutionnaire », organisées par Hafizullah Amin pendant qu'il dirigeait le parti et le pays ; un détail pas banal qui mérite un bref retour en arrière.
Amin, sous des proclamations maximalistes de transformations révolutionnaires, avait entrepris une campagne de répression massive et d'élimination de dizaines de milliers de personnes qui ne se soumettaient pas à son fanatisme exacerbé. Une universitaire américaine a bien résumé ses pratiques : « Son gouvernement émit plusieurs décrets mettant en cause les usages de la société tribale traditionnelle afghane et offensant les croyances du peuple (...) L'opposition populaire s'est alors accrue par la lutte armée. En retour, le pouvoir a instauré un régime de terreur arrêtant, tuant et torturant des milliers d'Afghans. » [5]

Plus politique, la dirigeante communiste Anahita Ratebzad, fondatrice des centres d'éducation pour femmes et plus tard ministre de l’éducation, dressa un bilan plus cru d'Hafizullah Amin : « (...) meurtrier cruel et criminel qui avait fait de la terreur, de la suppression et de l'écrasement de toute force d'opposition une partie intégrante de son mode de gouvernement, et qui commençait ses journées en mettant les opposants à son régime sanglant dans des lieux de torture, des prisons et des abattoirs. »

Formé aux États-Unis pendant sa jeunesse, Amin fut peu à peu soupçonné d'être un agent au service des Américains. Babrak Karmal, son remplaçant au pouvoir, déclarait à la presse allemande en 1980 : « Aujourd'hui, nous avons des informations précises qu'un agent formé par la CIA a pu s'infiltrer dans notre parti et conduire la révolution dans la mauvaise direction (…) Il existe des preuves qu’Hafizullah Amin a eu des entretiens secrets avec de hauts responsables américains lors d'une conférence extraordinaire de l'ONU. Après son retour en Afghanistan, il a lentement usurpé le pouvoir. Ces preuves ont été publiées à Kaboul. » [6]
Le comportement d'Amin pendant son règne fut si étrange, que l'ambassadeur britannique à Kaboul de 1988 à 1992, Rodric Braithwaite, racontait que son collègue américain Adolph Dubs s'était adressé à la CIA en demandant si Amin n'était pas un agent au service des USA. [7] De son côté, la thésarde américaine déjà citée, précisait : « Afin d'atteindre ses objectifs et d'assurer sa survie, Amin a tenté d'établir des relations plus étroites avec d'autres pays, notamment avec le Pakistan et les États-Unis. » [8] Assoiffé de pouvoir, Amin ordonna l'assassinat du président Taraki, pourtant issu de sa même branche politique [9], pour prendre sa place, avant d'être assassiné lui même par un commando soviétique, lors de l'intervention militaire de l'URSS dans ce pays. [10]

Le grand défi

La tâche qui attendait Najibullah ne pouvait donc pas être plus difficile et risquée. Avec un engagement total pour sauver une révolution en péril, il s'attaque sans tarder à rectifier en profondeur les mesures provocatrices d’Hafizullah Amin. C'est ainsi qu'il propose aux moudjahidines un cessez-le-feu immédiat et convoque une conférence nationale de réconciliation, prenant ses distances avec les mesures et formulations irresponsables et en total déphasage avec la réalité sociale et culturelle du pays. C'est ainsi que la nouvelle constitution de 1990 ne se réfère plus au communisme mais reconnait l'islam comme religion nationale.
À la folie furieuse, il faut bien l'avouer, d'Amin qui était allé jusqu'à changer le traditionnel drapeau tricolore afghan par un drapeau entièrement rouge pour effacer le vert islamique, Najibullah « répond » avec intelligence avec une « nouvelle version du tricolore afghan orné en médaillon d’une étoile rouge… surmontant un Coran ouvert. » [11] Ce dernier détail témoigne de la profondeur du changement, dans un nouveau cadre où des petits commerçants et petits agriculteurs pouvaient récupérer leurs commerces et leurs lopins de terre. Et où, dans les villes, il n'y aurait plus de vindictes à l’égard des femmes voilées.
De plus, il commence à négocier le départ des troupes soviétiques ; il estime en effet, qu’après avoir mis fin à l'expérience néfaste d'Amin, le peuple afghan pourrait, en surmontant l'essentiel de ses divisions, faire face à l'insurrection obscurantiste des djihadistes. Les progrès de ces démarches démocratiques et unitaires de Najibullah, y compris avec les segments les moins fanatisés des insurgés, furent tels que le New York Times révélait, presqu'au même temps où la CIA et l'ISI préparaient « l'assaut final », que « (…).des responsables de haut niveau commencent à trouver plus acceptable l'idée, rejetée par la guérilla, que le gouvernement de Najibullah pourrait se voir accorder un rôle dans une solution politique. » [12] Il fallait donc se dépêcher avec l'agression militaire « finale » avant que la nouvelle politique de Najibullah ne continue à porter des fruits.

La bataille de Jalalabad

Lourdement équipée par ses sponsors pakistanais, américains, israéliens, chinois et saoudiens, l'offensive djihadiste démarre très bien, en prenant l'aéroport de la ville. Leur victoire s'accompagne d'une campagne de terreur mise en œuvre par Hekmatyar et dont des milliers de civils furent victimes. Terreur qui, selon la version anglaise de Wikipédia, « (...) incita les communistes à se battre plus durement (…) » [13], avec comme résultat, l'arrêt de la progression des moudjahidines par l'armée afghane, accompagnée d'une importante participation civile composée de travailleurs, étudiants, professeurs, paysans et, en particulier, de femmes. [14]
Cet arrêt de la progression fut suivi de quatre mois de résistance et d’affrontements et se termina par la totale déroute des envahisseurs. Jalalabad 1989 c'était un peu Diên Biên Phu 1954.
« Les soldats du gouvernement, ici et à Jalalabad, étaient très enthousiastes aujourd'hui, riant et levant les bras en signe de victoire », racontait un correspondant du Washington Post. [15]

Se fondant sur diverses sources anglosaxonnes, Wikipédia résume bien la situation : « (…) contrairement aux attentes américaines et pakistanaises, cette bataille a prouvé que l'armée afghane pouvait se battre sans l'aide des Soviétiques (…) de nombreux commandants locaux d'Hekmatyar et de Sayyaf ont conclu des trêves avec le gouvernement. Selon le brigadier-général Mohammed Yousaf, un officier de l'ISI, 'le djihad ne s'est jamais remis de Jalalabad'. »
Ce n'est pas seulement Yousaf, le grand chef des opérations CIA-ISI concernant l'Afghanistan, qui le dit. L'intellectuel trotskiste pakistano-britannique Tariq Ali, peu suspect de sympathies prosoviétiques, considère que cette bataille joua un rôle décisif dans la consolidation du gouvernement de Najibullah.

Le deuxième poignard

Les succès de la nouvelle politique d'ouverture et de réconciliation de Najibullah commencent à devenir impressionnants, en particulier dans le domaine le plus sensible et décisif de tous, la guerre civile : « En 1988, deux ans seulement après l'arrivé au pouvoir de Najibullah, 160 commandants de guérilla (sur un total estimé à 2000 à ce moment) avaient conclu des accords avec le gouvernement et plus de 750 étaient en train de négocier. » [16] Mais 1988 était aussi l'année où la perestroïka battait son plein en Union soviétique, avec son lot de concessions et reculades dans ses rapports avec l'Occident capitaliste. C'est à ce moment que le soutien de l'URSS à l'Afghanistan multi-agressé commence à se déliter, déjà sous Gorbatchev, pour prendre ensuite, avec Boris Eltsine, le visage hideux de la trahison ouverte.
Ainsi, en novembre 1991, ce dernier décide de couper toute assistance à l'Afghanistan, y compris les matières premières dont l'URSS regorge, telles que le gaz et le pétrole. C'est alors que, tout simplement, tout s'effondra. Les chars et avions afghans ne peuvent plus avancer ni voler faute de combustible. Selon l'ambassadeur britannique Rodric Braithwaite déjà cité, Eltsine aurait noué des contacts secrets avec les moudjahidines et ce, avant même son accession au pouvoir. [17]

Qui mieux qu'un soldat d'alors pour nous éclairer : « Le général Boris Gromov fut le dernier militaire soviétique à quitter l'Afghanistan le 15 février 1989. Il déclara qu'après la décision de Mikhaïl Gorbatchev de retirer les forces armées, l'Union soviétique continuait à fournir du matériel, des munitions, de la formation et des denrées alimentaires au pays. Cela a suffi pendant trois ans. Mais dès que Boris Eltsine a cessé de soutenir économiquement l'Afghanistan, tout s'est effondré. » [18] Quant au camarade Najibullah, il essaya de se battre et de résister jusqu'à la dernière minute, jusqu'au moment où il fut capturé par de nouveaux djihadistes, dits talibans, qui avaient bien compris que c'était lui l’obstacle majeur à leurs plans réactionnaires et obscurantistes. Suivant les diktats de leurs mentors pakistanais, ils s'occuperont alors de lui faire payer sa résistance. Après une longue séance de tortures, le docteur Mohammar Najibullah, il était médecin de formation, sera castré et tiré, encore vivant, par une voiture dans les rues de Kaboul.

Repères

1973 : le prince Mohammad Daoud Khan, membre de la famille royale afghane, prend le pouvoir par un coup d'État pacifique et abolit la monarchie. L’Afghanistan devient une république.
1978 : Daoud subit à son tour un coup d'État procommuniste. Nour Mohammad Taraki du Parti démocratique populaire d'Afghanistan (PDPA) devient président de la république et commence à appliquer, sous la pression de son premier ministre Hafizullah Amin, des mesures particulièrement radicales qui choquent la population notamment rurale.
1979 : Taraki est assassiné par son premier ministre et rival Hafizullah Amin. Ce dernier lance une violente politique de terreur généralisée pour asseoir son pouvoir.
1979 (27 décembre) : Amin est renversé et tué à la suite d’un coup d’État soutenu par l’Union soviétique. Des agents de ce pays interviennent dans son assassinat.
1979 (28 décembre) : Babrak Karmal, leader d'une faction plus modérée à l'intérieur du PDPA, devient président soutenu par l'Union soviétique.
1980 ( janvier) : intervention massive de l’Union soviétique pour faire face à une insurrection financée et soutenue militairement par les États-Unis, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Chine, Israël et diverses organisations islamistes à travers le monde. L'intervention soviétique rencontre une très forte opposition des moudjahidines et d'une partie de la population.
1986 (30 novembre) : Mohammad Najibullah devient président de la république à la place de Karmal et lance un programme audacieux de réconciliation nationale et de rectification des mesures extrêmes inspirées par Amin.
1987-1988 : succès spectaculaires de la politique de Najibullah, y compris au plan militaire.

Notes

  • [1] Les images des retraits étaient aussi contrastées. Les Américains au pas de course vers l'aéroport ; le jeune général soviétique Gromov quittant le pays, ému, avec un bouquet de fleurs à la main.
  • [2] https://www.nytimes.com/1989/02/09/nyregion/ news-summary-096389.html. Whether to attack or just wait is the question pondered by Afghan guerrillas on the outskirts of Jalalabad.
  • [3] https://www.nytimes.com/1989/04/23/world/ pakistan-officials-tell-of-ordering-afghan-rebelpush.html Hekmatyar, connu entre autres « exploits », pour la méthode de lancer de l'acide aux femmes qui ne portaient pas le voile était, de loin, le chef moudjahidine favori de la diplomatie américaine.
  • [4] Benazir Bhutto, fille du Zulfikar Ali Bhutto, avait comme son père (pendu en 1979 après un coup d'État militaire) tendance à résister au Deep State militaire de son pays, notamment dans le dossier Afghan. Dans une conversation avec le ministre soviétique d'alors, Chevardnadze, elle disait être disposée à revenir sur le rôle du Pakistan dans le dossier Afghan. Elle fut assassinée par un militant islamiste en 2007.
  • [5] https://digitalcommons.unomaha.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1427&context=studentwork2 6 Der Spiegel (30-03-1980), « Hafisullah Amin war ein Agent der CIA » https://www.spiegel.de/politik/ hafisullah-amin-war-ein-agent-der-cia-a-a27ad0240002-0001-0000-000014323190
  • [6] Michel Parenti : « Retour sur l'expérience communiste en Afghanistan » https://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/PARENTI/48065
  • [7] Shaista Wahab ,December, 1993, University of Nebraska https://digitalcommons.unomaha.edu/ cgi/viewcontent.cgi?article=1427&context=studentwork
  • [8] Le Parti démocratique populaire d'Afghanistan, avait deux branches, une très radicale, le Khalq (celle d'Amin et Taraki) et une autre, plus attentive à la réalité de la société tribale afghane, le Parcham (celle de Karmal et Najibullah).
  • [9] Curieusement, c'est Amin lui-même qui invite les Soviétiques à intervenir sans savoir que les ces derniers étaient parfaitement au courant de ses proximités avec les Américains et les Pakistanais.
  • [10] https://lvsl.fr/afghanistan-comment-le-cauchemarislamiste-a-germe-sur-les-ruines-de-la-revolution/
  • [11] Special to the NYT by Henry Kamm,https://www.nytimes.com/1989/04/23/world/paki stan-officials-tell-of-ordering-afghan-rebelpush.html 23.04.1979
  • [12] https://en.wikipedia.org/wiki/Afghan_Civil_ War_(1989%E2%80%931992)#cite_note-21
  • [13] « Ils considéraient que leur destin était lié à celui du gouvernement. Face à une contre-révolution qui avait montré ce dont elle était capable, les populations des villes – en particulier les femmes – se sont battues avec détermination pour empêcher une victoire des moudjahidines. » https://archive.is/20121202045144/http://www.gr eenleft.org.au/node/23708#selection-99.0-507.19
  • [14] https://www.washingtonpost.com/archive/politics/1989/07/08/afghanistan-rebels-lose-key-battle/074ff765-327d-4a60-b8ab-ed118a87ba50/*
  • [15] Dave Holmes, Norm Dixon, « Behind the US War on Afghanistan » ; Resistance Books, Chippendale, Australia, p. 41
  • [16] Michel Parenti : « Retour sur l'expérience communiste en Afghanistan » https://www.mondediplomatique.fr/2012/08/PARENTI/48065
  • [17] Le Figaro (02-09-2021). https://www.lefigaro.fr/ international/la-memoire-a-vif-du-dernier-militaire-sovietique-a-avoir-plie-bagage-20210902
  • [18] https://tolonews.com/afghanistan/researchersblame-pakistans-isi-death-ex-president-najibullah

Vladimir Caller

extrait du Drapeau Rouge Journal du Parti Communiste de Belgique Novembre- Décembre 2021 - N°89

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