BRETAGNE : CONTRER L’EURO-DISLOCATION EN MARCHE

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Les analyses ci-dessous pourront paraître excessives à certains de nos lecteurs, notamment en ce qui concerne la Catalogne ou la Corse. Elles sont toutefois nécessaires à nos débats , la collusion entre l'Union Européenne, visage actuel du Capitalisme mondialisé, et les séparatismes est une réalité.
POLEX
le 10 octobre 2021

dans cette région ô combien patriote, où de l’île de Sein au Guilvinec abondent les stèles commémorantle sacrifice des Résistants communistes et non communistes qui moururent pour la patrie française et républicaine, dans ce pays natal de Marcel Cachin, acteur principal du Congrès de Tours, dans cette terre native des Mutins de la Mer Noire qui, à l’appel de Marty et de Tillon refusèrent de combattre la République russe des Soviets, dans ce Finistère des Pen Sardinières où l’ouvrière rouge Joséphine Pencallé soutenue par Charles Tillon, alors délégué par la CGTU nationale, mena à la victoire la grève dure de 1924 (où le courageux maire communiste de Douarnenez, le camarade Le Flanchec, fut gravement blessé par des provocateurs patronaux), l’institution régionale aux mains du cacique Jean-Yves Le Drian et de son ami Bolloré promeut doucereusement l’autonomisme breton, voire, en filigranes, l’indépendantisme bretonnant mâtiné d’hostilité larvée envers l’école publique, la laïcité républicaine et la langue française.


Charles Tillon. Grève de Lesconil-Guilvinec 1926. Douarnenez.

A Audierne par ex., les mats mis en place par la municipalité aux entrées de la ville ne supportent que le drapeau breton noir et blanc (dit « Gwen ha du ») et les armoiries de la Ville à l’exclusion évidente du drapeau français. Dans Le Télégramme de Brest, l’éditorialiste de service ne décompte pas les médailles françaises aux J.O. mais les seules médailles prétendument « bretonnes ». Dans les carteries, par ex. à Locronan, haut lieu touristique du Finistère, on trouve fréquemment exposée à la vente une carte postale scandaleuse, libellée en anglais « I had un dream » et affichant un Hexagone amputé de sa partie bretonne. Dans ce même Télégramme, où pourtant PAS UN SEUL article n’est rédigé en breton, un « feuilleton » prétendument humoristique intitulé « La Bretagne largue les amarres », accoutume chaque jour les lecteurs à l’idée que leur région pourrait devenir indépendante de la France à l’horizon 2030… En politique, on appelle ça un « ballon d’essai » destiné à tester et à conditionner en douce la population!

Bien entendu, le clan Le Drian/Bolloré, qui règne non seulement sur la Bretagne mais aussi, très largement et c’est un comble, sur la France hexagonale (Le Drian a hanté tous les gouvernements PS et LREM depuis Mitterrand, portant notamment toutes les lois de programmation militaire réclamées par l’OTAN!), voire sur la très juteuse « Françafrique » néocoloniale, est encensé par ce même journal. Quant à la prétendue « indépendance bretonne », non seulement elle déclencherait l’éclatement final de la République française (dans la foulée, on pourrait prévoir le départ de la Corse, de l’Alsace, voire de la « Catalogne-Nord », car des forces réactionnaires antirépublicaines, antifrançaises et ultra-européistes travaillent aussi en sous-main dans ces régions périphériques de l’Hexagone…), mais elle ne serait qu’une grossière fiction politique: en effet, cette « indépendance » brisant les liens avec Paris mais renforçant la dépendance directe de la Bretagne à l’égard de Bruxelles – en réalité, de Berlin! – ne ferait que renforcer l’Empire euro-atlantique en gestation, qu’accompagner le triomphe, non pas du breton celtique (et a fortiori du parler gallo, totalement occulté par les indépendantistes parce que relevant du français d’oil), mais du tout-anglais chouchouté par Ursula von den Leyen, tout en signant l’arrêt de mort de la Francophonie internationale: car à quoi bon défendre la langue internationale que demeure le français** si le pays natif de cette langue part en boulettes et relègue sa langue nationale aux oubliettes?

Tout en faisant les choux gras d’un certain Etat qui est le seul à s’être « réunifié » à l’aune de la « construction européenne » contre-révolutionnaire tandis qu’éclataient tour à tour ses voisins proches ou semi-proches de Tchécoslovaquie, de Yougoslavie, de l’URSS occidentale (pays baltes, Ukraine…), en attendant que vienne le tour de l’Italie (le séparatisme de la « Padanie » porté par la « Lega Nord » de Bossi n’attend qu’une occasion pour ressurgir), de Belgique (séparatisme flamand raciste et ultra-réactionnaire du Vlaams Belang) ou d’Espagne, où les prétendus indépendantistes catalans ne veulent eux aussi sortir de l’Espagne que pour dépendre de l’UE sans aucun intermédiaire. Tel est le processus insidieux de l’euro-balkanisation générale du continent en général et de la République française en particulier . Depuis 2010, ce processus régressif s’est constamment aggravé avec notamment la mise en place de la « Collectivité unique de Corse » (dirigée par les éléments arrogamment antifrançais), par le Traité d’Aix-La-Chapelle (qui confère officiellement à Berlin un droit de regard sur les affaires françaises) et par la double création de la « Collectivité européenne d’Alsace » et de l’ « euro-département de Moselle ». Bref, les militants « indépendantistes » et autres « séparatistes » régionalistes qu’omet curieusement de dénoncer Macron – bien trop occupé à pourfendre le « séparatisme musulman » – croient se rebeller contre « Paris », alors que c’est « Paris », c’est-à-dire l’oligarchie post-nationale française qui orchestre en sous-mains, en étroite collaboration avec l’Axe Berlin-Bruxelles, l’euro-dislocation galopante de notre pays incurablement « jacobin ». Et avec lui, de tous les acquis sociaux, laïques, démocratiques, et de tous les atouts productifs industriels, halieutiques et agricoles et de tous les services publics d’Etat et autres statuts publics dont la République laïque et indivisible était le support institutionnel…

Bref, tout cela n’est pas à prendre à la légère, comme font hélas tant de touristes français inconscients qui baladent le « BZH » indépendantiste sur la lunette arrière de leur auto parce qu’ils trouvent cela « joli » et « couleur locale ». D’autant qu’avec son « Pacte girondin » visant clairement à désarticuler la République indivisible issue du « maudit » Robespierre, et avec sa politique linguistique grossièrement anti-francophone et pro-globish, le pouvoir « central » parisien, Macron, la Parisienne Hidalgo et la Francilienne Pécresse complétant cette Trinité maléfique, travaille lui aussi à l’euro-désintégration de la France.

Concitoyens et camarades de Bretagne et d’ailleurs, faisons en sorte que le prétendu « dream » indépendantiste breton vanté par les cartes postales (le Ramina-Globish de l’euro-mondialisation néolibéral aura tôt fait d’avaler sans reste le breton, comme il a déjà avalé le gaélique, s’il avale le français: qui peut le plus peut le moins!) ne tourne pas au cauchemar français généralisé!

Tout en soutenant la très respectable aspiration des habitants de chaque contrée française à préserver leur patrimoine culturel et linguistique, notamment ces langues régionales qu’il faut considérer non pas d’un point de vue particulariste, ethniciste et communautariste, mais concevoir comme un élément du patrimoine indivis de la Nation républicaine indissociable de la promotion de la langue nationale unificatrice, ne perdons jamais de vue la nécessité impérieuse, pour tous les progressistes, et d’abord pour tous les communistes, de défendre partout l’idéal d’une République française souveraine, indivisible, sociale, francophone, indépendante de l’UE atlantique et en marche… vers le socialisme. Cet idéal que défendirent longtemps – avant que, par électoralisme, le PCF ne se fût allié aux autonomistes de l’UDB – les « Bleus » et autres « Rouges de Bretagne » qui portèrent les Mutineries de la Mer Noire et la grande grève des « Penn Sardin » de 1924. Cet idéal trahi par la fausse gauche, il revient aujourd’hui aux militants franchement communistes et franchement progressistes de Bretagne, de la Région parisienne et d’ailleurs de l’assumer de manière offensive.

Quant à la Bretagne, pas davantage que la Corse, que l’Alsace, que la Flandre française, que le Pays nissart ou que la Savoie, elle n’a rien à gagner à « sortir de la France » pour s’asservir davantage encore à l’UE ; car un tel asservissement signifiera A COUP SÛR, non pas l’essor des cultures locales (une fois la France détruite, le grand capital broiera les langues régionales comme il a broyé le français en Louisiane, l’hawaïen à Hawaï, les parlers celtes d’Ecosse, d’Irlande et du pays de Galles ou les langues amérindiennes d’Amérique du Nord), mais l’éradication finale du « produire en France », des statuts publics, du Code du travail et du SMIG national, de l’Education NATIONALE, d’Electricité DE FRANCE, de la Société NATIONALE des Chemins de Fer, de l’Office NATIONAL des forêts, etc., et de tout ce que notre peuple et notre classe ouvrière unie avaient gagné de haute lutte sous l’égide de la Révolution jacobine, des luttes laïques et du mouvement ouvrier révolutionnaire. Les travailleurs bretons, corses, alsaciens, catalans, basques, franciliens, marseillais, etc. ont au contraire vitalement avantage à construire au plus vite le « tous ensemble en même temps » contre le grand capital et son UE qui détruit TOUT notre pays. Le but étant de construire, non pas un monde émiettés de féodalités rétrogrades à la main des Vinci, Bolloré, Bouygues et Cie, mais une humanité nouvelle de nations libres, égales et solidaires refusant la « concurrence libre et non faussée » du Traité de Maastricht pour défendre en commun la paix, les lumières partagées, la santé publique et l’émancipation sociale.

En un mot, pour que les choses aillent mieux pour les travailleurs bretons et non bretons, la Bretagne ne doit pas sortir de la France, c’est la France tout entière qui doit sortir, par la voie progressiste, de l’UE supranationale, atlantique, fascisante, impérialiste et néolibérale. *Laquelle est pourtant de fait la langue maternelle de 99% des Bretons actuels – parfois avec le breton gallo, un dialecte francien, ou avec le breton celtique -. Sans parler des citoyens non bretons d’origine qui vivent en Bretagne, des travailleurs immigrés et des centaines de milliers de descendants de Bretons qui vivent, en français et selon la loi commune, dans le reste de l’Hexagone ou dans les Outremers ! **

Le français est actuellement la langue d’usage de 300 millions de personnes de par le monde et il est compris ou parlé à des degrés divers par près de 900 millions d’individus. Etant donné la démographie africaine, il y aura plus d’un milliard de francophones natifs à horizon 2050. On mesure par ces chiffres le degré d’abaissement national auquel est parvenue la bourgeoisie « française » des Macron et autre Pécresse contemptrice de son propre pays et destructrice cynique de sa propre langue.

Georges Gastaud initiative-communiste.fr

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