CASAMANCE UNE SALE GUERRE ANTI-PATRIOTIQUE ET ANTI-PANAFRICAINE DU RÉGIME NÉOCOLONIAL

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le 1er juin 2021

dans un silence médiatique assourdissant les bombardements réguliers des villages et forêts de la Casamance se poursuivent depuis 5 mois. Pourtant le pouvoir néocolonial autocratique du libéral Macky Sall avait crié "victoire, prise de camps des rebelles et d'archives top secrets", mais "victoire" sans cadavres ni prisonniers de notre armée nationale qui était entrée sur le territoire de la Guinée Bissau avec la permission de son homologue Emballo à l'intronisation duquel il avait été le seul président présent dans un hôtel de la capitale de Bissau.

Alors que nos médias s'enferment dans un mutisme anti-national servile sur la sale guerre en cours en Casamance, voilà ce qu'on peut lire çà et là dans différents médias hors de notre pays :"L’armée sénégalaise bombarde les villages de Toubacouta et de Kouring dans l’arrondissement de Nyassia", " Tirs d’armes automatiques de l’armée sénégalaise près du village d’Elinkine", "15 tonnes d’obus et de bombes déversées en Casamance en deux semaines"," Le pilonnage de l’armée sénégalaise fait fuir les populations vers la Guinée Bissau", "combats intenses dans la forêt de Bissine après la mort d’un officier sénégalais", "Sept militaires sénégalais tués dans une embuscade au nord de Sindian", "Au moins quatre militaires sénégalais tués dans une embuscade dans la forêt de Bissine", " Après l’embuscade dans la forêt de Bissine, la peur s’installe au coeur de l’armée sénégalaise", " Exclusif ! Défection de 21 soldats d’origine casamançaise de l’armée sénégalaise ","14 soldats décampent et rejoignent le maquis du MFDC", "Exclusif ! Défection de 21 soldats d’origine casamançaise de l’armée sénégalaise", " Plus de 600 anciens combattants et militaires rejoignent le maquis du MFDC", "Macky Sall demande l’aide des armées gambienne et bissau-guinéenne pour déclencher une nouvelle guerre en Casamance", etc.

En 2016, Macky Sall s'était ingéré dans les affaires internes de la Gambie pour porter au pouvoir Adama Barrow faisant ainsi des deux pays frères frontaliers - Guinée Bissau et Gambie - des "bases arrières" pour attaquer le MFDC et sa branche armée Atika.

Ce rêve machiavélique d'une implication de la Guinée Bissau dans le conflit en Casamance, Abdou Diouf l'avait aussi eu en 1998 avant de se retrouver mêlé à une guerre entre partisans de Nino Vieira et Ansoumane Mané appuyé par le MFDC. Échec total de cette aventure militaire dont nous attendons en vain un bilan humains et matériels.

Macky Sall suit le même chemin rêvant de réussir là où tous ses prédécesseurs, notamment a. Wade, ont échoué. En effet, l'implication de la Guinée Bissau et de la Gambie a toujours été un couteau à double tranchant divisant ces pays en pro ou anti MFDC comme l'ont montré l'échec de la "confédération sénégambienne" suite à l'invasion de ce pays frère en 1981 et toutes les déstabilisations successives de ces deux pays frontaliers.

La leçon a tiré est simple : la balkanisation coloniale a séparé ou uni par des frontières des micro-Etats des nationalités que l'anthropologie-ethnologie colonialiste a dénommé dédaigneusement ethnies. Cette donnée sociale et politique doit être pris en compte par tout projet sérieux panafricain dont l'ESSENCE DOIT ÊTRE INCLUSIVEMENT DÉMOCRATIQUE.

Même si 60 ans après les indépendances formelles octroyées, ces nationalités se sentent de plus en plus attachées à chacun de nos États nationaux nés de la balkanisation coloniale, elles gardent et préservent des relations parentales tout le long des frontières qui les ont séparées. C'est là un facteur d'unité démocratique panafricaine dont le fondement est "l'union libre des peuples libres d'Afrique" selon la juste formule des communistes africains de la terre du Sénégal et du Mali que sont Lamine Arfan Senghor et Tiémoko Garan Kouyaté. C'EST EN CELA AUSSI QUE LA GUERRE EN CASAMANCE EST ANTI-PATRIOTIQUE ET ANTI-PANAFRICAIN. En effet plus il y a des morts et des blessés, plus s'éloigne l'idée que l'Abbé Diamancoune émettait ainsi : « Laissez les partir, ces casamançais, pour mieux se retrouver peut-être avec le temps dans une situation plus claire, plus naturelle et plus équilibrée » (Ferñent N°65 de novembre 1990 qui cite Xarébi N°30, p.4).

Il n'y a pas de solution militaire à la question nationale casamançaise dont la ré-émergence dure depuis bientôt 40 ans. Après la naissance du RDA en octobre 1946 qui appelait à la création de sections territoriales partout en AOF et AEF, le MFDC est né le 4 mars 1947 à Sédhiou sous l'égide de Victor Diatta. Et cela bien avant le Bloc Démocratique Sénégalais (BDS) de Léopold Senghor et Mamadou Dia né le 27 octobre 1948 comme scission de la SFIO de Lamine Gueye. L'Union des Populations du Cameroun (UPC) est aussi né le 10 avril 1948 dans le sillage de ce congrès panafricain de Bamako du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Il ne peut y avoir qu'une solution politique démocratique inclusive dans une optique panafricaine.

Voilà pourquoi il est fondamental que nous autres Sénégalais nous développions les revendications suivantes : - l'arrêt de la guerre et des bombardements qui tuent, font se déplacer ou s'exiler les civils villageois et font un désastre environnemental - Libération de tous les prisonniers politiques Casamançais, notamment le scandale de l'arrestation du journaliste René Capain Bassène, auteur des ouvrages édités par l'Harmattan et intitulés "Casamance, A quand la paix?" ou encore "Casamance, récit d’un conflit oublié", le responsable civil, Oumar Ampoï Bodian, du MFDC - l'annulation des mandats d'arrêts contre les dirigeants civils et militaires du MFDC, notamment de Mamadou Sané Nkrumah – la cessation de la corruption pour diviser, des trafics et du blanchiment de l'argent sale dans le cadre de l'économie de guerre - l'ouverture de négociation officielle, sérieuse et directe avec le MFDC.

Diagne Fodé Roland

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