SAHEL MALI LES MENSONGES D'UNE GUERRE PERDUE

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publié le : 2 janvier 2019

depuis 7 ans, l'armée française fait la guerre au Sahel, dans les savanes et le désert des anciennes colonies françaises, le Mali et les pays voisins, Burkina, Niger. Le Corps expéditionnaire français, Opération Serval en 2013, se nomme aujourdhui Barkhane, dépasse 5000 hommes, avec un armement et des moyens de surveillance aérienne croissants.

La version officielle de cette presence armee claironnée par le Presdent Macron, qui aime se présenter en chef de guerre est la suivante:
Depuis 2013, les gentils soldats français défendent au Sahel les intérêts des Peuples africains menacés par de méchants fanatiques religieux armés, Islamistes, Intégristes, Djihadistes, à la demande des dirigeants de ces pays alliés de la France, qui est d'ailleurs elle-même menacée par les attentats de ces criminels intégristes.

Le probleme est que ces justifications sont des mensonges hypocrites.

1/ Le premier mensonge porte d'abord sur les buts et les résultats de cette longue guerre, dont les medias francais aux ordres n'informent guère l'opinion. Rappelons en premier que l'intervention militaire de l'armée française a commencè en fait en 2011 quand le President Sarkozy a détruit grace aux bombardements des Rafale l'Etat national lybien dirigé par Khadafy, et livré ainsi ce malheureux pays aux bandes armées régionalistes et integristes, qui, depuis, se le disputent dans un chaos sanglant. Et l'invasion de la Libye a entraîné la destabilisation de tous ses voisins sahéliens: les premiers groupes armés au Nord du Mali, d'ailleurs soutenus par la France, furent apres 2011 des touaregs anciennement au service de Khadafy reconvertis en indépendantistes sous le nom de MNLA ! Puis ces bandes armées, notamment revendiquant leur intégrisme, ont grossi au point de dominer le Nord-Mali, et de menacer en 2013 de descendre sur Bamako, ce qui a justifié l'intervention francaise sous le nom d'OPEX Serval. Depuis, de Serval en Barkhane, les milliers de soldats français, aides de drones américains et de troupes africaines gérées par l'ONU ( Minusma ), ne sont pas parvenues à éradiquer les groupes djihadistes, pourtant limites à quelques milliers de clandestins. Mieux, malgré de réguliers communiqués de victoire de Barkhane, l'insécurité s'est aggravée partout au Sahel, où des milliers de familles paysannes ont dû fuir leurs villages, et s'agglomerent en réfugiés à Bamako ou ailleurs. Le 6 mai 2020, sous le titre " Barkhane menacée d'enlisement au Mali", Le Monde révélait un éloquent bilan officiel, c'est à dire inférieur à la réalité: 380 tués en 2014, 1754 en 2018. Meme dégradation au Burkina Faso voisin : Le 2 juin 2020, la reporter Sophie Douce du Monde-Afrique raconte:"Au Burkina Faso, des villages aux mains des djihadistes...les habitants vivent dans la terreur." le 3 juillet 2020, le même Monde Afrique titre: " Au moins 50 morts dans une série d'assauts terroristes au Burkina...les violences se sont aggravées en 2019, avec une hausse de 174% du nombre d'incidents et près de 1300 civils tués ". Le 27 juin 2020, le quotidien algerien El Watan retrace le constat fait par la haute Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU Michele Bachelet: 580 personnes tuées dans la seule region de Mopti au Mali, qu'elle qualifie "d'épicentre des violences", depuis janvier 2020 ! Toujours selon la même source, ces violences sont de natures diverses: 83 cas de heurts intercommunautaires depuis le début de l'année, entre milices Dogons et milices Peuls, sur fond de recrudescence de groupes armés djihadistes et d'exécutions sommaires de villageois Et le 9 aout, 9 " humanitaires" sont enlevés au Niger, par "un groupe djihadiste qui à reussi A se régénérer au Sahel" selon Le Monde"....

UN ECHEC TOTAL DONC, des objectifs affichés par Macron et ses porte-paroles, une flambée des haines ethnicistes et du fanatisme religieux dans trois pays, Mali, Burkina et Niger, qui etaient il y a 10 ans des Nations célébrées par tous ceux qui les connaissaient pour leur paix civile et leur tolérance religieuse !

2/ Une deuxieme contre-vérité des officiels francais porte sur l'origine de cet ethniciste meurtrier qui a fait un retour en force au Sahel ces derniers temps. Ayons le courage de dire que l'attitude des autorités françaises en est la cause principale. Cela débutà en 2013 par le soutien du Quai d'Orsay aux séparatistes Touaregs, qui n'étaient guère représentatifs des nomades sahariens, mais dont le rêve absurde d'indépendance du Nord-Mali sous le nom d'Azawad plaisait bien à l'Elysee aux nostalgiques de l'ère coloniale.
Cette dangereuse collusion persiste 7 ans plus tard comme le met en lumière une enquête de Pierre Alonso pour Liberation du 22 mai 2020.

" Mali, les alliés spéciaux de l'armée française: pour faire face à l'EL au côté de la force Barkhane, des unités antiterroristes maliennes ont commencè à voir le jour en juillet 2019". Des " soldats d'élite anti-terroristes "financés, entraînés par des Francais, et recrutés par des éléments issus de divers groupes armés, dans le cadre de l'accord d'Alger parrainé par la France. Notamment des combattants issus de la " Coordination des mouvements de l'Azawad". Le journaliste n'a pas tort de craindre que " leur déploiement ...ravive les tensions entre groupes armés locaux ". Cette complaisance pour certains groupes ethnicistes ou séparatistes est d'autant plus dangereuse qu'elle conforte les rumeurs malsaines qui font de tous les Peuls des proches des djihadistes.

3/ Un autre mensonge des officiels francais est de présenter les groupes clandestins qu'ils pourchassent dans le désert comme motivés exclusivement par le fanatisme religieux, l'intégrisme islamiste. Alors que tous les observateurs sérieux et les populations locales savent bien que ces bandes armées pratiquent plus souvent les trafics de drogue, d'armes, de migrants que la lecture du Coran. Et qu'etant donné les fonds délictueux dont elles disposent, il leur est facile de recruter en leur assurant un salaire et une arme parmi les jeunes miséreux au chômage.

Les causes de ces "rébellions" sont locales, et plus à rêchercher dans le sous-développement des pays du Sahel, et la dissolution des Etats nationaux dans le gouffre de la corruption et de la soumission aux affairistes occidentaux.

4/ Enfin, la rengaine macronienne selon laquelle l'armée francaise n'intervient au Sahel qu'à la demande des dirigeants elus est une fiction. Car la plupart des dirigeants ne sont "elus" que grâce au soutien financier des Etats impérialistes d'Occident, notamment de la France. L'exemple le plus parfait de ces caricatures de democratie fut le Mali, dot le President IBK et ses partisans ont en 2020 falsifie sans vergogne les élections législatives. Ces dirigeants corrompus qui ne représentent qu'eux mêmes dirigent des Etats sans autorité, incapables d'assurer la sécurité quotidienne des citoyens.

À Bamako, et dans les autres villes du Mali, c'est un veritable soulèvement populaire qui s'est propagé debut juillet 2020, exigeant la démission d'IBK. Il n'avait été stoppé que par la répression armee des soldats et policiers dévoués au régime: Le 10 juillet, ce sont les FORSAT, ces groupes d'élite antiterroristes recrutés apres "l'accord d'Alger" pour seconder l'armée française dans la chasse aux clandestins djihadistes, qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant au moins 20 personnes. Ce qui implique la responsabilité des donneurs d'ordre maliens, mais aussi des Francais qui les entraînent.
Et il a fallu que l'armée bascule du côté des opposants pour que IBK démissionne enfin, et dissolve l'Assemblee mal elue, ouvrant la perspective d'une transition démocratique, malgré les menaces inacceptables de boycott annoncées par la France et ses alliés occidentaux et africains

DÉCIDÉMENT, IL EST PLUS QUE TEMPS QUE LA FRANCE SORTE DE CETTE GUERRE QUI NOURRIT AU SAHEL LES MAUX QUE NOS DIRIGEANTS PRÉTENDENT COMBATTRE.
LES DIVIDENDES DES ACTIONNAIRES DE ORANO (EX AREVA ), TOTAL, ET AURES MULTINATIONALES, NE JUSTIFIENT PAS LES MILLIERS DE MORTS DU SAHEL !
C'EST CE QUI A AMENÉ L'ANC ET LE COLLECTIF POLEX A INITIER, MALGRÉ LES RESTRICTIONS D'ORDRE SANITAIRE, UNE CAMPAGNE POUR EXIGER DES AUTORITÉS FRANÇAISES LE RETRAIT DES SOLDATS DE NOTRE PAYS DU CONTINENT AFRICAIN. LE PREMIER MEETING SUR CE THÈME A EU LIEU AVEC SUCCES A GEMENOS MARSEILLE LE 12 SEPTEMBRE. LE SECOND, EN REGION PARISIENNE, A SAINT DENIS, ESPACE MANDELA, LE 10 OCTOBRE AVEC LA PARTICIPATION DE REPRÉSENTANTS D'AUTRES MOUVEMENTS ANTI IMPÉRIALISTES, ACCA, AFASPA, MOUVEMENT DE LA PAIX, ARAC, ET DE MILITANTS AFRICAINS DU M5 RFP. D'AUTRES INITIATIVES POUR LE RETRAIT DE L'ARMÉE FRANÇAISE D'AFRIQUE SONT PRÉVUES EN D'AUTRES REGIONS DE FRANCE.

FRANCIS ARZALIER, ANC, COLLECTIF POLEX

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