MEDITERRANEE ORIENTALE, LA POUDRIÈRE

Envoyer à un ami  envoyer un lien sur cet article a un ami

publié le : 10 septembre 2019

le Moyen-Orient, a l'est de la mer Mediterranee, est depuis le début du XXeme siecle une des "zones à risque "de notre globe, parce que les grandes puissances mondiales s'y disputent les richesses à exploiter, et la domination sur les peuples et leurs dirigeants. Ce fut longtemps pour les gisements de pétrole, par le biais de grandes sociétés transnationales et de gouvernements asservis et corrompus, à Téhéran, à Bagdad, à Beyrouth, à Riyad, a Tripoli.
Et quand se mirent à souffler apres 1945 les vents du " Tiers-mondisme", qui portaient en Iran, en Irak, au Liban, les désirs de développement et d'indépendance nationale, c'est par la guerre et la subversion que les Imperialismes Occidentaux tentèrent de maintenir ou rétablir leur main-mise sur les peuples désireux de libertés et de progrès: c'est par l'invasion militaire et avec la complicité d'insurgés corrompus ou de fanatiques intégristes que les États Unis, la France, etc, ont détruit les Etats nationaux d'Irak, de Libye, et tenté de le faire en Syrie et en Iran. Dans cette sale besogne, ces paladins du Bizness d'Occident ont su utiliser les services des "petits" imperialismes locaux, l'Etat colonial d'Israel, pointe avancée de l'offensive contre les peuples arabes, Palestiniens ou Libanais, l'Etat crypto-islamiste et autoritaire de Turquie, qui occupe toujours un morceau de Syrie grâce à des suppletifs djihadistes, la Théocratie pétrolière d'Arabie Saoudite, qui rêve de détruire l'Etat national iranien, et, en attendant, écrase de bombes made in France les populations du Yémen.

Car le plus paradoxal de ce nid de guêpes venimeuses est que les divers protagonistes a l'Est de la Mediterranee sont tous des pays d'économie capitaliste, alliés du grand frère etatsunien.

Et la plupart d'entre eux sont membres de l'OTAN, cette alliance militaire fondée autrefois contre l'URSS, qui s'est perpétuée après sa disparition en coalition anti-russe et surtout contre les nations en quête d'indépendance:
la Turquie d'Erdogan est un pilier essentiel de l'OTAN, ses bases militaires abritent les fusées nucléaires dirigées vers la Russie et vers l'Iran, deux concurrents indépendants de l'Occident. L'élément nouveau dans la région est la découverte depuis quelques années de gisement de pétrole et surtout de gaz naturel sous-marins, que les progrès techniques récents permettront d'exploiter. Les Etats riverains lorgnent sur ce pactole, la Grèce et la Turquie, Chypre et Israël, et sont prêts à le "mettre en valeur" avec l'aide de sociétés transnationales, et des Etats occidentaux qui les soutiennent.
Voilà pourquoi les risques de guerre dans la région sont évidents, notamment entre la Grèce et la Turquie !
Voilà pourquoi aussi le Président Macron, digne héritier des colons français qui contrôlèrent le Liban de 1918 à 1945, est allé proposer son ingérence aux Beyrouth ravagés par une explosion, et surtout A ENVOYÉ VERS LA MEDITERRANEE ORIENTALE PLUSIEURS NAVIRES DE GUERRE, dont le porte-avion Charles de Gaulle. "À toutes fins utiles ", a t'il laissé entendre, dans l'éventualité où les Turcs dépasseraient une " ligne rouge" dont personne ne sait en quoi elle consiste !
Car comme il le fait en Afrique, notre Président se conduit en monarque, ni l’Assemblée nationale, ni l'opinion ne sont informés des risques de conflit meurtrier pour les beaux yeux des actionnaires de Total et des dirigeants israéliens.

Les prétextes humanitaires sur les rivages libanais ne valent pas mieux que les discours anti- djihadistes au Mali. Ils sont le cache-sexe de l'impérialisme guerrier et financier d'une France, qui génère les risques de guerres.

Il n'est que temps de reconstruire dans notre pays un mouvement anti-impérialiste fort, comme il le fut au XXeme siècle contre l'agressivité coloniale de nos dirigeants.

Francis Arzalier

 accueil    sommaire 

83 visiteurs ont lu cet article