MALI 2020 PLUS FORT QUE BURKINA 2014 ET MALI 1991

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publié le : 2 janvier 2019

c'est fait, IBK a démissionné, dissout son gouvernement et le parlement avant de confirmer à la délégation de la CEDEAO son intention de ne pas revenir au pouvoir.

Le mouvement populaire a été prolongé par l'arrestation d'IBK et de son gouvernement par la fraction militaire du peuple. L'autorité morale l'iman Dickou a déclaré que son travail est terminé. La suite est entre les mains des militaires, des politiques, des syndicats et des organisations de la société civile.

La présence militaire inefficace et à double jeu de Serval/Barkhane et de la Minusma du G5 dans la lutte contre les séparatistes djihado-terroristes est dos au mur. Va-t-elle continuer à empêcher l'armée malienne de libérer Kidal et tout le territoire des mercenaires séparatistes djihado-terroristes comme cela a été le cas jusqu'ici ? Telle semble être l'option de l'impérialisme français et de la CEDEAO qui menacent le Mali de "sanctions et d’embargo".
"Sanctions et embargo" divisent la CEDEAO des chefs d'états néocoloniaux. Les présidents comme Ouattara et Condé qui cherchent un troisième mandat anticonstitutionnel dans leurs pays en sont les chauds partisans. D'autres présidents s'en démarquent notamment pour des raisons économiques. C'est le cas du Sénégal de Macky Sall dont l'économie dépend en partie des importations maliennes et dont l'échéance présidentielle est en 2024.

Les "sanctions et l'embargo", c'est aussi la stratégie impérialiste française pour continuer d'emprisonner l'armée et le peuple malien dans la dépendance vis à vis de son occupation militaire du Mali. On se souvient que c'est le prétexte d'une descente des séparatistes djihado-terroristes sur Bamako qui avait été utilisé, voir provoqué pour obligé l’État malien à faire "appel à l'intervention militaire" française dont Hollande alors président a pu dire : « Je n’oublie pas que lorsque la France a été elle-même attaquée (…), qui est venu alors ? C’est le Mali ! (…) Nous payons aujourd’hui notre dette ». Il suffit de voir comment la France des droits de l'homme maltraite les sans papiers réfugiés, exilés pour comprendre la démagogie pour attrape nigaud qui confond l'engagement des "tirailleurs" africains pour libérer la France de l'occupation nazie et l'occupation militaire du Sahel pour les intérêts de Total, Areva, Orange, Bouygues, Bolloré, et autres Monopoles impérialistes français.
Quand Hollande jubile en disant « Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique », le peuple malien un moment trompé par traumatisme vient lui rappeler qu'il ferait mieux ainsi que son successeur Macron de s'occuper du peuple français de plus en plus victime de leurs politiques libérales qui donnent tout aux grands patrons du Medef/Cac40 et rien aux travailleurs qui ne cessent de s'appauvrir. Sans oublier que c'est son prédécesseur Sarkozy qui, avec Obama et Cameron, ont envoyé la Libye riche à "l'âge de pierre" selon l'expression cynique du Yankee Bush.

Une nouvelle étape vient d'être franchie par la Révolution populaire malienne inachevé en 1991 puis en 2012. Le sort de celle de 2020 dépend des questions posées et à résoudre suivantes :
- Les peuples voisins du Mali, notamment le Sénégal, la Guinée, la Côte d'Ivoire doivent absolument empêcher les "sanctions et embargo" en général et particulièrement des armes pour permettre à l'armée malienne de se doter de tous les moyens militaires pour libérer le pays et garantir son unité nationale et territoriale démocratique;
- la mise en place d'un gouvernement de transition civil et militaire dont la mission est triple :
- libérer le pays des séparatistes djihado-terroristes pour restituer l'autorité de l’État sur tout le territoires
– pour cela diversifier en toute souveraineté les alliés militaires africains et internationaux et assurer la coordination des opérations militaires de tous les acteurs présents sur le territoire malien
– préparer des élections démocratiques transparentes présidentielles et législatives. Une fois ces missions réalisées les militaires doivent retourner dans les casernes.

Si le Mali réussit cette fois à imposer sa souveraineté nationale et surtout populaire, ce sera un tournant historique équivalent au NON à la "communauté française" de la Guinée en 1958 qui a précipité les indépendances nominales du pré-carré françafricain d'alors. Il faut surtout éviter le piège des débats intellectualisants stériles qui ne font que le jeu des ennemis du Mali et de son peuple. C'est ainsi que le Mali retrouvera le chemin perdu suite au seul véritable coup d'état que ce pays a connu en 1968 contre le patriote martyr Modibo Keita.

Diagne Fodé Roland

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