Sahel : les missionnaires bottés de la "démocratie à l’occidentale"

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publié le : 25 mai 2020

les 5000 soldats français qui parcourent le Sahel entre Mali, Burkina, Tchad et Niger, sont officiellement requis par les dirigeants de ces nations pour résister aux méfaits des groupes armés intégristes-djihadistes. Encore faudrait-il pour le justifier que les gouvernements de ces pays d’Afrique soient représentatifs de leurs peuples, et non des paltoquets corrompus, parvenus au pouvoir grâce à leurs maîtres occidentaux, et maintenus s’il le faut grâce à la soldatesque étrangère, comme ce fut le cas Il y a fort peu de temps en Côte d’Ivoire et au Tchad.

Officiellement, et nos télévisions inféodées à la monarchie libérale ne cessent de le répéter, les anciennes colonies africaines de la France, admises à l’indépendance nominale depuis 60 ans, sont des " Démocraties " parlementaires ou présidentielles, à l’image de la France ou des USA, ce monde capitaliste qu’on dit " libre ", puisque les " règles du marché " y font la loi. Et, effectivement, le Mali par exemple a un Président et des députés élus au suffrage universel, et il y est légal de former un parti politique. Il en existe même des dizaines, qui se limitent pour la plupart à être la clientèle d’un politicien fortuné, et leurs titres grandiloquents cachent souvent un programme confus.

Par ailleurs, les citoyens de Bamako ou Segou savent bien que les seuls candidats qui ont quelques chances sont ceux disposant de ressources suffisantes, indigènes ou venues de l’étranger, pour pouvoir faire campagne et distribuer force cadeaux aux électeurs les plus miséreux. Le Président actuel IBK le sait bien, qui sillonna le pays avant l’élection présidentielle, grâce à un avion appartenant à un affairiste Corse français, enrichi par les maisons de jeux en Afrique.

Les récentes élections législatives au Mali, ignorées par les médias de notre pays, ont apporté de nouvelles preuves de cette caricature de démocratie. Bassirou Diarra, qui était candidat dans la circonscription du Cercle de Yelimane pour le parti USM-RDA, le raconte :
« Alors que 9 listes s’y opposaient, dont 5 relevaient d’une alliance entre plusieurs partis ( ! ), deux d’entre elles sont arrivées largement en tête au premier tour de scrutin. La coalition RPM-Yelema, soutenue par le Président Ibrahim Boubakar Keïta (IBK, proche des dirigeants francais), a obtenu à l’issue du dépouillement 49,38 pour cent des suffrages. Sa concurrente, regroupement d’opposants (UMRDA- Faso-Jigi-ADEMA-PASJ), ayant obtenu 30,34 pour cent, un second tour devait avoir lieu le 29 avril. Et les opposants ayant reçu le soutien de 7 des listes en présence, avaient quelques chances d’être élus. C’est alors que, sans explications et sans aucun recomptage des voix, le Conseil Constitutionnel du Mali, peuplé majoritairement d’hommes du Président IBK, a proclamé élu au premier tour le candidat du Pouvoir, avec 50,18 pour cent ! ! »

Un tripatouillage qui amène le candidat évincé Bassirou Diarra, à conclure :
« la démocratie malienne, conquise de haute lutte, est en voie de délitement. La seule référence aujourd’hui pour se faire élire, c’est l’argent, la corruption et les relations."

Cet exemple d’une "démocratie" inspirée de Macron et des protecteurs français du régime est loin d’être un cas isolé. Le député sortant Oumar Mariko, opposant résolu, du parti SADI, a lui aussi été remplacé par un homme-lige du président IBK, à la suite de manœuvres du même ordre.

Un reportage du quotidien Libération (Mali, les alliés spéciaux de l’armée française. Pierre Alonso. 22 mai 2020) vient éclairer encore davantage le rôle du sponsor français dans ce malheureux pays d’Afrique sahélienne. Alors que le discours macronien officiel justifie la présence des 5 000 soldats de l’opération Barkhane par la nécessité de combattre le "danger islamiste-djihadiste", le reportage nous apprend avec force détails que l’armée française utilise de plus en plus des milices " antiterroristes " de supplétifs armés constitués au départ de séparatistes touaregs ( Mouvement pour le salut de l’Azawad ) ou Peuls.
Ces groupes pro-francais, motivés par le goût du pillage et la haine éthniciste plus que par le patriotisme malien, aggravent l’insécurité, provoquant massacres de villageois et fuite de réfugiés vers les villes.

Il n’est que temps de mettre fin à l’ingérence française armée au sahel !

PS : "Personne n’aime les missionnaires armés" . Maximilien de Robespierre dans un discours contre la guerre prononcé au club des Jacobins le 18 décembre 1791, déclarait ceci : personne n’aime les missionnaires armés. A bon entendeur, salut ! (NDLR)

Francis Arzalier

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