LETTRE D'ANDALOUSIE

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Notre camarade Aron Cohen vient de nous transmettre cette courte analyse de la situation politique en Andalousie et en Espagne.
publié le : 2 février 2019

Comme vous le savez, la situation politique chez nous est bien peu lumineuse… Je comprends mal la « surprise » exprimée par certains devant les résultats des élections régionales andalouses de décembre dernier. Discours médiatiques et politiques dominants ont évacué la question de l' « irruption » d'une extrême droite s'affirmant comme telle « sans complexes » comme un simple phénomène d'alignement espagnol tardif sur un tableau à caractère « européen ». Et voilà que, plein de lucidité, le « socialiste » Sánchez réclame « davantage d'Europe » pour le contrer… Il me semble néanmoins que le phénomène « général » se conjugue en Espagne avec d'autres plus spécifiques à prendre en compte pour arriver à cerner la nouveauté de la situation et ses limites. à Grenade comme á Séville, la percée de la marque d'extrême droite est nettement plus accentué en terrain habituellement acquis à la droite, en des quartiers bourgeois des centres-villes : plutôt fragmentation et redistribution du vote à droite (jadis concentré sur le PP) que basculement fascisant de tranches d'électorat populaire. Pour l'instant…! Cela peut bien sûr évoluer assez rapidement. Surtout lorsque toutes les composantes de la droite se retrouvent dans l'essentiel du discours et des gestes (national-catholicisme nourrissant un « espagnolisme » exclusif et caricaturalement réactionnaire et violemment anti-catalan)… et que, sur des dossiers majeurs (notamment internationaux) ce consensus comprend également un parti gouvernant qui, comme le dit le chancelier vénézuélien Arreaza, non seulement n'a plus rien de « socialiste » et d' « ouvrier » mais fait preuve aussi d'avoir perdu toute ombre de dignité « nationale », par sa servilité sans faille vis-à-vis de l'empire. Hélas, à « gauche » les signes ne semblent guère plus rassurants…

Enfin, la situation au Venezuela retient à présent notre attention. L'enjeu est de taille, dans la région et bien au-delà. Face à une résistance chaviste qui frappe toujours par sa force et sa mobilisation absolument extraordinaires à l'intérieur du pays, la campagne brutale de mensonge à l'extérieur véhiculé par tous les grands médias complices et l'indignité de nos gouvernements contribuant activement à la préparation du massacre. Des soi-disant « progressistes » ne manquent pas au rendez-vous des complicités actives et passives. Mercredi dernier, à l'appel de plusieurs organisations sociales et politiques (dont le PCE et IU), nous étions une ou deux centaines à protester contre le coup d'état en cours dans un rassemblement devant la sous-délégation du gouvernement à Grenade…

Aron Cohen

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