Henri Martin : un témoignage

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mis à jour le : 11 Mai, 2019

J' ai fait connaissance d'Henri Martin en 1962. A l"époque il était au secrétariat fédéral de la fédération Seine nord est qui allait devenir en 1968 la fédération Seine Saint Denis. C'est à ce moment qu'il a quitté la région, suite aux affrontements internes autour de la désignation du nouveau secrétaire fédéral.

Nous nous sommes retrouvés en 1978 lorsqu'on m'a demandé de travailler sous sa responsabilité à la direction de l'école centrale du PCF et de prendre en charge la direction de l'école d'un mois. Les quatre ans de travail en commun qui ont suivi ont été la période la plus enrichissante de ma vie militante.

Il savait être à l'écoute et ne croyait pas, tout membre du CC du PCF qu'il était, avoir toujours raison. La période 1978-1982 a été une période d'affrontement interne et le travail d'éducation des cadres communistes a été un des enjeux de cet affrontement : la direction du parti visait a transformer la formation des cadres en les endoctrinant, ce avec quoi nous n'étions pas d'accord. Nous avions la volonté commune de permettre à ces cadres de dépasser le Marxisme que je qualifierais de "tendance pif le chien", c'est à dire celui qui consiste à aligner les citations comme des recettes de cuisine et d'en tirer des conclusions politiques : en particulier dans le domaine de l'économie politique, où il m'a soutenu totalement dans ma volonté de transformer notre façon d'aborder les problèmes de fond en comble.

Dans cette bataille, il m'a appris ce qu'était le courage politique : choisir les points d'affrontement sans se disperser et sans jouer le cheval fou. Il faisait partie de ces dirigeants du parti dont on aurait aimé qu'ils soient plus nombreux. Au début des années 1990, face à l'opportunisme galopant de la direction, il a choisi de mener la bataille dans le parti. Nous nous sommes retrouvés dans ce qui était à l'époque "Polex Rouges Vifs", qui est devenu le Collectif Communiste Polex qui s'efforce d'être digne de lui dans la lutte anti impérialiste.
Henri, repose en paix, tu l'as bien mérité.

Jean-Louis Bertrand

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