L’Amérique rebelle en pleine ébullition

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Alex Anfruns
publié le 12 juin 2019

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Les manifestations au Brésil, en Colombie et au Honduras ces dernières semaines le prouvent : le fatalisme n’a pas gagné les esprits, ces sociétés jeunes et dynamiques ne sont pas prêtes à accepter le sort qu’on leur impose du côté nord de l’hémisphère. Une ingérence étasunienne de plus en plus flagrante, comme cela a été observé sans le moindre froncement des sourcils par ce qu’on appelle la « communauté internationale » lors de la crise vénézuélienne.

Et pourtant, dans la patrie de Bolivar, le plan n’a pas fonctionné comme prévu. C’est que le peuple vénézuélien a depuis longtemps compris – depuis la révolte du « Caracazo », réprimée dans le sang – que les desseins du FMI ne feront pas son bonheur, et que les politiques qui appellent à une intervention militaire pour les imposer non plus.
Il s’est également passé une année après l’échec d’un coup d’État au Nicaragua qui n’a pas été appelé par son nom. Il a fallu du temps pour que les enquêtes présentent sous un jour nouveau la réalité des faits et exposent le vrai visage des criminels agissant avec la complicité des manipulateurs. Mais c’est sans doute Cuba le pays qui a la plus longue expérience en la matière, en ce qui concerne les attaques et sabotages multiformes qu’il a subis depuis 60 ans. Le renforcement du blocus par l’administration Trump n’a d’autre objectif que de faire plier son peuple, en guise de châtiment pour avoir osé continuer la révolution, par l’asphyxie brutale de son économie.

Peu importe qu’une armée de nouveaux bourreaux médiatiques, véritables spécialistes de com’ et de marketing pour l’empire, aient réussi à stigmatiser des processus historiques en ciblant leurs dirigeants et les mouvements populaires qui les ont conduits. Les peuples latino-américains savent ce qu’ils ne veulent plus : cette privatisation qui les condamne à envoyer leurs enfants dans des écoles sans pupitre, à ne pas pouvoir se soigner dans des hôpitaux par manque d’argent, à vivre éternellement dans des maisons aux toits en carton. C’est grâce aux pays rassemblés dans l’ALBA – Cuba, Bolivie, Nicaragua, Venezuela…– que cette page a pu être tournée.

Mais les États-Unis reviennent à la charge. Et voici que les mots du vice-président, Mike Pence, devant l’Académie militaire de West Point, s’adressant à des futurs soldats des sales guerres, annoncent la couleur : « L’Amérique (Les États-Unis, sic) a toujours cherché la paix. Mais la paix n’est possible qu’à travers la force. Et vous êtes cette force-là. C’est une certitude virtuelle que vous combattrez sur un champ de bataille pour l’Amérique (idem) à un moment de votre vie. Vous conduirez des soldats au combat. Cela va arriver (…) Certains d’entre vous peuvent même être appelés à servir dans cet hémisphère. Et ce jour-là, je sais que vous entendrez le son des fusils et que vous ferez votre devoir, vous vous battrez et vous gagnerez ». Telle est la parole décomplexée de l’Empire…

Soyez-en sûrs, les nouvelles pages de lutte pour la dignité des millions de Latino-américains, s’écrivent en ce moment même. Quoi qu’il arrive, elles annoncent un destin commun, celui de la résistance des peuples de « Notre Amérique ».

Source :investig'action

 

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