Les peuples d’Afrique et l’impérialisme.

S’il est vrai que les investissements productifs en Afrique, de la part des financiers et états occidentaux a beaucoup baissé ces dernières années, l’impérialisme est de plus en plus présent partout dans le continent, diplomatiquement, militairement, au point parfois de faire penser à une véritable reconquête coloniale (des milliers de soldats britanniques en Sierra Leone, et les multiples privatisations de services vitaux, eau, énergie, au profit de sociétés occidentales, privées ou non). Seules les formes changent, notamment sur deux points :

1.      Avancées considérables de l’impérialisme US au détriment, notamment de celui de la France : ils ont les mêmes objectifs (soutien des plans d’ajustement structurels imposés par la Banque mondiale et le FMI, privatisations et restrictions budgétaires) et ne se concurrencent que pour la maîtrise de marchés.

2.      Cette offensive de l’impérialisme utilise de plus en plus comme relais, une nouvelle bourgeoisie africaine, d’autant plus efficace qu’une partie de ses membres a été formée par les institutions internationales (FMI, ONU, etc...) et qu’une autre partie, non négligeable, est faite d’anciens militants révolutionnaires, convertis au libéralisme.

Les exemples sont multiples, certains particulièrement scandaleux :

·        L’Afrique médiane est au cœur des enjeux mondiaux, parce qu’elle recèle de fabuleuses ressources pétrolières et minières. Mais ses peuples connaissent aussi une misère extrême : le PNB par habitant est inférieur à 200 $ par an en Angola bien pourvu pourtant de diamants et de pétrole. Dans ce pays ravagé par dix ans d’une guerre féroce, menée par l’UNITA (mouvement insurrectionnel soutenu par les USA), la famine menace des régions entières. Tout l’est du Congo Kinshasa est occupé par les forces ougandaises et rwandaises armées par les USA. Rien ne justifie cette occupation, même si ces soldats ont aidé il y a quatre ans le peuple congolais à se débarrasser du tyran Mobutu. En quelques années cette région, pillée par les multinationales occidentales,  a eu deux ou trois fois plus de morts que n’en a fait le génocide subi par les Rwandais en 1994. La presse française le cache y compris trop souvent l’Humanité.

Les peuples rejettent autant qu’ils le peuvent ce « modèle impérial » qui les condamne au non-développement et à l’émigration :

·        Lors des élections en Algérie (mai 2002), 53% des citoyens ont signifié leur rejet d’une politique soumise aux directives du FMI en s’abstenant. Que le FLN, au discours plus « à gauche » , ait largement distancé le RND et plus encore les islamistes dans les votes exprimés, est significatif aussi. Que le « Parti des Travailleurs » (trotskiste), seul parti non gouvernemental présent, ait gagné 21 élus (1 sur 10), en dénonçant les privatisations et les fermetures d’entreprises, l’ouverture et la soumission au capital étranger, les accords inégaux avec « l’Europe » et l’entrée dans l’OMC, a la même signification.

Même si le chemin est encore long, cela présage d’autres luttes populaires contre la mondialisation capitaliste aux quatre coins du continent, à l’image des grèves menées l’an dernier en Afrique du Sud contre les privatisations.

Francis Arzalier

André Prenant

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