Déclaration du Mouvement Populaire du 22 Mars (MP 22)

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Depuis un certain temps, la CEDEAO prépare activement, sans consultation aucune du peuple malien, une intervention militaire au Mali avec l’appui de certaines puissances étrangères. Ces derniers temps, on parle de plus en plus de l’imminence de cette intervention sans encore une fois de plus que les Maliens en soient informés à plus forte raison consultés.
Des pressions de plus en plus fortes sont exercées sur le Premier Ministre de Transition pour qu' il accède à leur demande de requête d’une intervention militaire internationale au Mali. Face à sa résistance, le Président par intérim est appelé à la rescousse pour formaliser cette requête au nom du Mali. Des manifestations et communiqués téléguidés de l’extérieur sont mis à profit pour lui donner un semblant de légitimité populaire.

Dès le début de la crise, les forces vives du pays avaient demandé la tenue d’une conférence nationale souveraine pour donner la parole au peuple malien afin qu' il se prononce lui-même sur les graves défis auxquels il se trouve confronté depuis la violation de l’intégrité du territoire national et le coup d’Etat du 22 mars. A chaque fois la CEDEAO, soutenue par les grandes puissances et avec la bénédiction d’une partie de la classe politique complice de la gestion catastrophique du pays depuis près de deux décennies, a fait la sourde oreille et tenté d’imposer à chaque fois des solutions, des hommes et des institutions qui n’ont plus la confiance des populations maliennes. L’intervention militaire envisagée n’est que la suite logique d’une tentative d’imposer par la force leur solution qui ne peut que se faire au détriment du peuple malien à qui l’on refuse tout droit à la parole. Elle n’est qu' une guerre imposée aux populations maliennes qui risquent de payer un lourd tribut en vies humaines et en biens.

Le Gouvernement de Transition avait en son temps avec le soutien de l‘écrasante majorité de la population, déclaré qu' il ne souhaitait point la présence de forces militaires étrangères sur le territoire national et ne sollicitait qu' un appui matériel et logistique pour aider l’armée nationale à qui il revenait d’accomplir son devoir avec l’appui des populations maliennes.
Les interventions étrangères n’ont réglé nulle part aucun problème, bien au contraire. En Irak, en Afghanistan, au Congo, au Soudan et dernièrement en Libye, elles ont provoqué le massacre des populations civiles innocentes et conduit à des guerres civiles prolongées et à l’instabilité politique chronique. Les gouvernements nationaux mis en place et sous tutelle internationale, ont été contraints à payer la facture de la guerre ainsi décidée de l’extérieur avec les ressources nationales tant convoitées. Le résultat est à l’évidence partout un véritable désastre.
Face à la gravité de la situation, le MP 22 prend à témoin l’opinion publique nationale, africaine et internationale et déclare solennellement ne pas s’associer au scénario envisagé et dénonce avec vigueur les projets bellicistes de la CEDEAO et de la France contraires aux véritables intérêts des populations maliennes. Il continue à exiger le droit souverain pour elles de se prononcer en toute indépendance sur leur propre sort dans le cadre d’une conférence nationale souveraine associant toutes les parties prenantes y compris les populations vivant actuellement sous occupation étrangère dans le Nord du pays. Il n’appartient pas à la CEDEAO, à l’Union Africaine, au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à la France ni à aucune autre puissance étrangère de venir imposer une solution en dehors des Maliens eux-mêmes.

La sagesse recommande vivement qu' il soit fait recours au peuple souverain du Mali pour qu' il puisse assumer en toute indépendance son propre destin avec le soutien de tous ses vrais amis. Les problèmes du Mali doivent être réglés au Mali par les Maliens eux-mêmes et en toute souveraineté.
Bamako le 05 juillet 2012

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