CÔTE D’IVOIRE – DOSSIER DE PRESSE.

On écrit depuis quelques mois tout et n’importe quoi sur le drame ivoirien et le rôle de la France. Dans ce flot, les informations pertinentes n’apparaissent pas toujours. Aujourd’hui l’Afrique en a trié quelques unes ; elles ne sont pas « la vérité », mais des éléments du puzzle nécessaires à la compréhension de l’ensemble.

Aujourd’hui l’Afrique.

IMPORTANCE DE L’ECONOMIE IVOIRIENNE.

La Côte d’Ivoire représente 40% du PIB de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest derrière le géant nigérian. Le pays d’Houphouët est le premier partenaire de la France en zone franc et le troisième en Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigéria.

Jeune Afrique l’Intelligent (du 22 décembre 2002 au 4 janvier 2003) .

PRESENCE FRANCAISE

(du Journal du Jeudi, Burkina Faso, 9/15 janvier 2003)

Dans la zone Uemoa, la Côte d’Ivoire est le pays qui compte le plus d’entreprises françaises. Selon les chiffres de la Direction des relations économiques extérieures du ministère français de l’Economie, obtenus par notre confrère sénégalais Le Soleil, « près de 210 filiales d’entreprises françaises travaillent sur le territoire ivoirien, soit le quart des filiales françaises implantées dans la zone franc ».

Ces entreprises sont toutes actives dans des secteurs stratégiques de l’économie ivoiriennne : télécoms, énergie, eau, transports, banques, bâtiment ou agro-alimentaires.  Elles se nomment France Télécom, Colas, Bouygues ou Bolloré. Des noms avec lesquels les autorités politiques françaises sont obligées de composer.

En Côte d’Ivoire, ces grandes entreprises emploient plus de 60.000 personnes et ont réalisé, en 1999, un chiffre d’affaires d’environ 1.500 milliards de francs CFA. En plus de ces grands noms de l’économie hexagonale, on trouve en RCI un millier de petites structures dirigées par des patrons français. Ces PME sont de droit ivoirien. Elles emploient 40.000 personnes. Bref, si la France s’en va, la Côte d’Ivoire n’a plus d’économie, mais Paris risque aussi de perdre 1.200 entreprises.

R.D.

« ETRANGER » EN CÔTE D’IVOIRE .

Les ressortissants non-ivoiriens sont passés à 700.000 en 1965 (17% de la population totale), près de 1,5 million en 1975 (22%) ; leur effectif dépassait les 3.000.000 en 1988 (28%) et atteignait, au recensement de 1998, la barre de 4.000.000 sur un total de 15.366.672 habitants, plus de un sur quatre...Burkinabé (56% des étrangers recensés en 1998), Maliens (19,8%), Guinéens (5,7%) et Ghanéens (3,3%), réfugiés libériens, etc...

Durant « l’ère Houphouët-Boigny », cette immigration, stimulée par le pouvoir en place, constitua un facteur essentiel de ce qu’il était convenu d’appeler le « miracle ivoirien ». En 1990, avec le retour au multipartisme et l’émergence des difficultés économiques qui, depuis, n’ont cessé d’assaillir le pays, notamment la chute des prix mondiaux des matières premières et l’effondrement des revenus des producteurs, le non-ivoirien commença d’être désigné comme bouc émissaire de la crise.

La carte de séjour instaurée par Alassane Ouattara, puis « l’ivoirité » de l’ex-président Bédié ont formé un tandem explosif dans ce pays, premier foyer d’immigration du continent.

Jean Chatain – L’Humanité 15/01/03.

FILIERE CACAO ET CAPITALISME.

En Afrique, « la seule personne qui ne réalise aucun bénéfice, c’est le paysan », estime Ann Prendergast, analyste chez Refco, une grande maison de courtage en matières premières de New york. « Sa vie s’est considérablement précarisée … »

Sous la pression de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la Côte d’Ivoire a libéralisé son marché du cacao en 1999, abandonnant le système des prix fixes en faveur de celui des cours établis par le marché. Résultat : les planteurs sont systématiquement sous-payés, estime l’Organisation internationale du cacao (ICCO), à Londres, qui compte 42 pays membres. « Les agriculteurs de Côte d’Ivoire, pour la plupart illétrés, ne sont pas armés pour discuter avec des acheteurs qui négocient âprement », concluait l’organisation dans un rapport publié en l’an 2OOO. « L’ironie veut que les Américains et les Européens, alors qu’ils protègent leur agriculture, affirment que les pays en développement doivent s’exposer totalement aux caprices du marché », renchérit un cadre européen de l’industrie du cacao.

A.Cowell – New York Times – novembre 2002. 

afrique Sommaire accueil