Beyrouth célèbre la victoire

A la surprise du correspondant du Monde, Hassan Nasrallah chef du Hezbollah a déclaré -le 22 septembre- que l'armement du Hezbollah "n'est pas destiné à durer éternellement", mais il sera maintenu aussi longtemps que "les causes" dont il n'est que "l'effet" auront été éliminées, à savoir : l'occupation israélienne, la détention de Libanais en Israël, le détournement par l'Etat juif des eaux de fleuves libanais et les agressions contre la souveraineté du Liban. M. Nasrallah a toutefois exclu de "remettre les armes" au "pouvoir actuel, car ce serait maintenir le Liban à découvert face à Israël" ce qui est logique quand on connait l'état de l'armée libanaise.

Ce "pouvoir" ne lui paraissant pas en mesure "de protéger le Liban, ni de le reconstruire, ni de l'unifier", il a réclamé "un gouvernement d'union nationale", qui n'exclurait personne et à qui reviendrait la tâche de créer "un Etat fort, résistant et juste".

C'est ce à quoi s'emploiera le Hezbollah désormais, a-t-il annoncé, tout en mettant en garde contre toute exploitation à des fins communautaires des profondes divisions actuelles qui empoisonnent le climat politique. Dans l'entourage du premier ministre, Fouad Siniora, on a qualifié de "positif et constructif", l'"appel au dialogue" de M. Nasrallah, bien que ce dernier n'ait épargné, sans les nommer, ni M. Siniora, ni le dirigeant druze Walid Joumblatt, ni la majorité politique dans son ensemble.

"L'armement que nous avons utilisé durant le conflit n'est qu'une petite partie de ce que nous possédions", a-t-il ajouté. Il a rappelé aux casques bleus de l'ONU que leur mandat consiste "à appuyer l'armée libanaise et non à espionner le Hezbollah", ni à se laisser entraîner "par certains", qu'il n'a pas nommés, dans un conflit avec "la résistance" ou à s'ingérer dans les affaires intérieures libanaises.

Il a invité les dirigeants arabes, qu'il tient pour "des moins que rien" parce qu'ils multiplient les concessions à l'endroit d'Israël à prendre exemple sur "la résistance libanaise", qui a remporté, "une victoire historique". "Les armées et les peuples arabes sont capables de récupérer la Palestine de la mer (Méditerranée) jusqu'au fleuve (Jourdain)", a-t-il estimé.