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Hassan Nasrallah : Trump ne se soucie que des intérêts américains et israéliens

Traduit et sous-titré par Sayed Transcription pour information du discours du Secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 14 mai 2018, à l’occasion de la commémoration du deuxième anniversaire de la mort du Commandant du Hezbollah Sayed Moustafa Badreddine
publié le 17 mai 2018

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[…] Après cette introduction consacrée à notre très cher commandant [martyr Sayed Moustafa Badreddine, tué au combat en Syrie le 13 mai 2016], je vais parler des dossiers dont, incidemment, il était responsable. Le premier point – je vais essayer d’être aussi bref que possible [pour les points que je veux aborder, à savoir 1 Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, 2/ L’affrontement récent entre la Syrie et Israël et 3/ Les événements récents en Palestine occupée].

1 Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

Le premier point est ce que fait actuellement l’administration américaine dans notre région, le plus important étant l’annonce par Trump du retrait (américain) de l’accord sur le nucléaire (iranien) – je commence par ce point.

parce que tout mon propos nous amènera à (la question de) la Palestine, qui constituera la partie essentielle de cette deuxième partie de mon discours.

Je ne veux pas analyser ou évoquer l’accord sur le nucléaire lui-même, ses causes, les causes du retrait de Trump ou ses implications et conséquences. Je vais aller directement aux enseignements et aux leçons à en tirer, car c’est ça qui nous sera bénéfique, en tant que peuple libanais, pour le peuple palestinien en premier lieu, pour les peuples de la région, pour les gouvernements de la région et également pour le monde entier. Il faut en tirer les enseignements pour savoir, dans notre parcours politique et notre vie en général, comment cette administration américaine, qui se considère comme la première puissance mondiale, se comporte, pour savoir ce qu’elle est (véritablement). Et en vérité, cela touche à la culture politique, à la conscience politique (générale), plus que cela ne concerne ce développement politique (particulier).

Eh bien, aujourd’hui, l’administration américaine démontre à nouveau, avec les preuves que nous allons évoquer, que c’est un État, un gouvernement – car il ne s’agit pas seulement de la décision de Trump, du Président Trump, c’est une décision du gouvernement américain, de l’institution dirigeante américaine. Aujourd’hui, les États-Unis démontrent une nouvelle fois que tout ce qui les intéresse dans le monde, ce sont premièrement leurs intérêts, et deuxièmement les intérêts d’Israël. Point à la ligne. C’est-à-dire que pour les gouvernements américains successifs, les considérations humanitaires ou les valeurs morales n’ont aucune place. Les considérations humanitaires ou les valeurs morales n’ont (jamais eu) aucune place.

Aujourd’hui, les Palestiniens manifestent pacifiquement à Gaza et en Cisjordanie. À Gaza, il y a des dizaines de martyrs jusqu’à présent, et plus de mille blessés jusqu’à présent. Durant les dernières semaines, il y a eu des dizaines de martyrs et des milliers de blessés. Et pour l’administration américaine, cela ne change absolument rien, ça n’a aucune espèce d’importance et aucune influence sur leurs actions. Et si quelqu’un s’avise d’appeler à une condamnation au Conseil de sécurité, le veto américain est prêt. Tout ce qu’on peut considérer comme des considérations humanitaires, des valeurs morales ou des droits de l’homme est un propos vide, et n’a aucune place dans les coulisses de la prise de décision américaine.

Deuxièmement, les résolutions internationales, le droit international, les organisations internationales et la communauté internationale – au Liban, on nous demande toujours de « respecter les résolutions internationales », d’« appliquer les résolutions internationales » [poussant au désarmement du Hezbollah]. Demain, vous verrez, il suffira de lire la déclaration ministérielle pour lire les mêmes exhortations : « appliquer les résolutions internationales », « respecter les résolutions internationales ». Et quant aux États-Unis, la première puissance mondiale, ils ne respectent pas les résolutions internationales, ni le droit international, ni les institutions internationales, ni même les résolutions internationales à l’élaboration desquelles ils ont participé, celles qu’ils ont façonnées et qu’ils ont agréées. Lorsque ensuite, elles ne correspondent plus à leurs intérêts, ils les délaissent et s’en affranchissent (sans aucune gêne).

Troisièmement, tous les accords, conventions et chartes n’ont aucune valeur, ni morale, ni légale pour les gouvernements américains successifs. Ils concluent et annulent les accords à leur guise. Ils (ne respectent) aucun accord, aucun engagement, aucune charte. Et je ne parle même pas des accords sur le climat et des accords commerciaux. Je ne parle que de ce qui vient de se passer dans notre région. Cela signifie que personne dans le monde ne peut avoir confiance dans les engagements, accords et promesses des États-Unis.

Aujourd’hui, ils mènent le Président de la Corée du Nord en bateau en lui disant que s’il détruit son arme nucléaire, ils permettront aux compagnies américaines de venir investir en Corée du Nord. Si les Nord-Coréens leur font confiance et détruisent (leur arsenal), comme l’a fait la Libye par exemple, les États-Unis leur diront ensuite que pour que les compagnies américaines puissent venir, il faudra organiser tel type d’élections, respecter tels critères au niveau des droits de l’homme, etc., etc. Et le processus de chantage continuera (indéfiniment).

Ô Libanais, ô Palestiniens, ô peuples de la région, on ne peut pas faire confiance aux États-Unis… Après toutes ces expériences, ce serait un acte d’imbécillité que (de leur faire confiance). La tradition (prophétique) dit que le croyant ne tombe pas deux fois dans le même piège. Ô mon frère, ce n’est pas la deuxième fois mais la centième fois et la millième fois que ces Américains poignardent le monde dans le dos. Cette administration et ces dirigeants ne peuvent faire l’objet d’aucune confiance pour leurs accords, leurs engagements et leurs promesses. Et cette (nouvelle) expérience sous nos yeux le démontre encore. Je ne parle pas d’histoire (ancienne), ça se déroule (en direct) sous nos yeux.

Et de même, l’expérience prouve que l’administration américaine ne respecte pas même ses alliés, pas même leurs intérêts : elle ne s’en soucie nullement. Pour l’accord sur le nucléaire (iranien), les intérêts économiques, politiques, et même sécuritaires des Européens résident dans le maintien de cet accord avec l’Iran. Mais les États-Unis ne les ont même pas consultés. De qui parle-t-on ? De leurs alliés européens, et non de leurs collabos dans le Tiers Monde. Leurs alliés européens, de grands États, qui ont le droit de veto au Conseil de sécurité ! Mais les États-Unis ne les ont consultés ni sur le fond, sur leurs intérêts, ni sur la forme. Comment prendraient-ils en compte les intérêts de ceux qu’ils considèrent comme de simples instruments, des subordonnés, dont Trump dit que sans la présence américaine, tel ou tel État ne survivrait même pas 7 jours ? L’intérêt des pays arabes et des pays du Golfe, et de certains pays du monde musulman, est-il seulement présent dans les calculs, dans l’esprit, dans le crâne des Américains lorsqu’ils prennent leurs décisions ? Il n’a aucune place.

Telle est donc la leçon fondamentale que nous devons tirer aujourd’hui du retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien. Je ne veux pas évoquer ses répercussions, ses conséquences, ses causes, ce qui va advenir de ce dossier, ce n’est pas le sujet de mon discours aujourd’hui. Mais cet aspect est selon nous très important pour quiconque dans notre région et dans le monde, mais surtout pour tous ceux dans notre région qui lient leur destin, planifient leur avenir, façonnent leur région ou prennent leurs décisions (stratégiques) en se fondant sur les États-Unis et en comptant sur eux et sur leurs promesses et leurs engagements, et ce sur n’importe quel dossier, majeur ou mineur.

Et par conséquent, puisque c’est aujourd’hui le jour de la Palestine, permettez-moi de tirer également une conclusion sur ce point : lorsque Trump a annoncé sa reconnaissance d’Al-Quds (Jérusalem) comme capitale d’Israël, l’Autorité [palestinienne], ou plutôt la partie palestinienne chargée des négociations, pour ne pas dire son nom [Mahmoud Abbas], a déclaré qu’ils n’accepterait pas de nouvelles négociations ou de règlement du conflit dans lesquels la partie intermédiaire serait les États-Unis, car ce ne sont pas un intermédiaire neutre. Que veux-tu donc à la place ? Il a dit « Je veux le P5 + 1 [5 membres du Conseil de Sécurité + Allemagne], comme pour l’accord sur le nucléaire iranien. Tel est le processus qui m’accorde des garanties et me permet d’aboutir. » Nous lui déclarons aujourd’hui, à l’occasion du retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien, qui a été conclu par le P5 + 1, et sur lequel une décision unanime a été prise au Conseil de sécurité des Nations Unies, que tout cela a été anéanti. Même cette voie ne mène à rien et n’apporte aucune garantie. (Malgré le) P5 + 1, Trump n’a consulté ni l’Europe, ni la Russie, ni la Chine, ni le Conseil de sécurité, ni la communauté internationale, il s’est levé et il est sorti (de cet accord). Si quelqu’un en Palestine, qui qu’il soit, compte sur une résolution à laquelle participent les États-Unis, que ce soit en tant que seul intermédiaire, en tant qu’intermédiaire international ou comme partie d’une formule P5 + 1, se berce d’illusions, vit de manière déconnectée de la réalité, dans des mirages qui ne mèneront à aucun résultat. Cette expérience vous prouve, ô Palestiniens, que ce n’est pas la voie à suivre, en aucun cas. Elle ne mène à rien. […]

source : lesakerfrancophone

2 L’affrontement récent entre la Syrie et Israël

[…] Le deuxième point que je veux évoquer, et qui va également nous amener à la Palestine, est la confrontation récente en Syrie qui s’est produite il y a quelques jours dans le Golan avec l’ennemi israélien. Dans les jours précédents, a eu lieu une confrontation de la plus haute importance en Syrie. On la désigne (dans les médias) comme « la nuit des missiles ». Très bien, disons donc la nuit des missiles. Ce qui s’est passé durant cette nuit et jusqu’à l’aube fut de la plus haute importance, et les implications dans la lutte israélo-arabe, la lutte contre l’ennemi et les développements dans la région (sont immenses).

La question a pris une certaine ampleur, et je veux en parler quelque peu, car nous avons assisté durant les derniers jours à un effort israélien visant à dévoyer la vérité, et à des efforts prodigieux dans les médias du Golfe visant à présenter ce qui s’est passé comme une grande victoire pour Israël. Avec des mensonges, certains peuvent transformer une défaite ou un échec en victoire, grâce à la falsification, ce qui est malheureusement devenu une spécialité de certains médias arabes et surtout de certains médias du Golfe.

Je vous indique une simple donnée. Dans cette confrontation, les Israéliens eux-mêmes n’ont pas utilisé ce nombre, mais les médias du Golfe se sont précipités pour dire que dans cette confrontation, 23 personnes ont trouvé le martyr, Syriens et Iraniens, la moitié d’entre eux étant des Iraniens. Et c’est complètement faux. Ce sont des mensonges grossiers. Même les Israéliens n’ont rien dit de tel. Mais les chaines satellites du Golfe et leurs journaux ont repris cette (fausse) information en boucle pendant 3 ou 4 jours, ainsi que certaines chaines libanaises qui ont mentionné ces (prétendus) 23 martyrs dans leur bandeau déroulant, alors que c’est absolument faux. La vérité est que le résultat de la confrontation, surtout grâce aux défenses anti-aériennes syriennes, est qu’il y a eu 3 martyrs de l’Armée arabe syrienne dans cette confrontation, et cela a été annoncé officiellement en Syrie.

Revenons au cœur du sujet, et à l’événement lui-même pour le décrire et énoncer ses implications en deux mots. Car si nous ajoutons cet événement, cette confrontation de la nuit des missiles, à la nuit où l’avion de guerre (F-16) israélien a été abattu il y a quelques mois, nous en arrivons à des développements absolument majeurs.

Cette nuit, et ce pour la première fois dans l’histoire depuis l’accord de cessez-le-feu dans le Golan, depuis la guerre de 1973, les positions des forces d’occupation israéliennes dans le Golan occupé - il faut bien garder ce fait à l’esprit : ce n’est pas (seulement) le Golan syrien, mais le Golan syrien occupé, pour lequel les Israéliens s’efforcent jour et nuit depuis des années, du fait des événements en Syrie, d’obtenir une reconnaissance internationale attribuant le Golan à l’entité israélienne. Pour la première fois dans cette histoire, les positions de l’armée d’occupation dans le Golan syrien occupé ont subi une frappe de missiles de cette ampleur, en quantité et en qualité.

Ce qui s’est passé exactement - je vais être très précis. Les Israéliens parlent de 20 missiles tirés, affirmant qu’ils ont intercepté la plupart d’entre eux. Mais la vérité est que 55 missiles ont été tirés, dont certains étaient lourds.

Ces missiles ont ciblé un certain nombre de positions militaires, des positions de l’occupation sur le Golan, entrainant de très fortes explosions dans la région du Golan qui ont conduit et forcé la totalité des colons du Golan (plus de 20 000) et d’une partie du nord de la Palestine à se précipiter dans les refuges. Et c’est la première fois depuis l’année 1973 qu’ils descendent s’abriter dans les refuges, effrayés, apeurés et terrifiés.

L’ennemi a dissimulé ses pertes, au cas où il en aurait eu. Quoi qu’il en soit, c’est son habitude. Il a imposé le silence sur les cibles des missiles et l’endroit où ils sont tombés, et il a essayé d’amoindrir l’importance de l’événement. Lorsqu’il a parlé de 20 missiles, il n’a pas donné le véritable nombre. Et sa riposte aux tirs de missiles a consisté à frapper un certain nombre de points dont la plupart avaient été précédemment évacués. Les défenses syriennes, les forces de défense anti-aériennes ont fait face (à l’agression) avec un héroïsme et un savoir-faire remarquables, comme cela a été le cas durant la « nuit de Trump », lors de l’agression tripartite contre la Syrie, et un grand nombre de missiles des forces aériennes israéliennes a été interceptés. Les missiles des défenses anti-aériennes sont parvenus au-dessus de Tibériade et de Safad [au nord de la Galilée], ce qui a contraint Israël à utiliser les Patriot pour les intercepter. Certains sont tombés au-dessus (des villes israéliennes) de Safed, de Tibériade et de Metoula, ainsi que d’Habariyé au sud(-Liban), et il y a eu un véritable affrontement.

Vers l’aube… Et bien sûr, même les cibles qu’a frappées Israël en réponse aux missiles syriens étaient très précises, limitées, et ils ont évité les cibles civiles, gouvernementales et politiques — je vais vous expliquer pourquoi je précise cela. Ils ont choisi de frapper des cibles en sachant qu’elles étaient vides. Car après avoir effectué ces frappes, ils ont contacté l’UNDOF (Forces des Nations Unies chargées d’observer le désengagement), les forces d’observation présentes sur le Golan, et leur ont demandé de contacter les Syriens pour leur dire que si leur opération était terminée, ils avaient eux aussi terminé. Ça m’a rappelé — parce que nous avons suivi les images durant toute la nuit - ce qui se passait avec Israël avant l’an 2000 [Israël s’efforçait de contacter le Hezbollah pour obtenir un cessez-le-feu].

Tel est donc l’événement, tels sont les faits. Disons maintenant deux mots sur les implications, car elles sont extrêmement importantes.

Premièrement, cette attaque de missiles est l’une des manières - ce n’est pas la seule - de riposter aux agressions israéliennes continuelles contre la Syrie, et contre ceux qui sont en Syrie (Hezbollah, Iran), que les cibles soient l’Armée syrienne, la présence iranienne - qu’on les désigne comme des conseillers ou qu’on parle de bases, car il y a un débat à ce sujet - ou n’importe lequel des alliés. C’est une des formes de riposte parmi d’autres. Le message transmis par cette attaque de missiles aux Israéliens et au gouvernement ennemi, et qui a été bien reçu - car nous suivons les médias israéliens de très près, ce que disent les ministres, les députés, la Knesset, les médias et même la rue. Et j’estime que dorénavant, les habitants du Golan, c’est-à-dire les colons du Golan et les groupes de colonies au nord de la Palestine occupée, auront également leur mot à dire au gouvernement israélien.

Quel est donc le message ? Le voici : « Si tu penses (ô Israël) que tu peux continuer ainsi, surgir en Syrie et bombarder, tuer, détruire, sans faire face à la moindre réaction, et pouvoir menacer et intimider impunément et voir tout le monde s’incliner, tu te berces d’illusions. » Tel est le message. Et bien au contraire, on ripostera, de la manière appropriée, au moment approprié, à l’endroit approprié, de la façon appropriée - car c’est une des formes que peut prendre la riposte, et il n’est pas sûr que la riposte prenne toujours cette forme. Tu ne peux pas continuer, toi Israël, l’ennemi, à agir à ta guise et violer en permanence la souveraineté syrienne et à l’agresser ainsi que ses alliés, et l’Axe de la Résistance en Syrie, sans subir de riposte et de châtiment. Nous sommes arrivés à une étape complètement nouvelle, inaugurée par cette attaque stratégique de missiles.

Par conséquent, même au sein de l’entité (sioniste), on commence à dire : « Où est-ce que vous nous menez ? Nous ne sommes pas prêts à la guerre, et si ce que vous faites appelle des ripostes, puis des réactions aux ripostes, cela peut mener à la guerre, et ce n’est pas notre intérêt de mener une guerre. Calmez-vous, calculez bien, etc. » Nous sommes bien arrivés à une nouvelle étape. Voilà le changement majeur qui s’est produit. Nous sommes à une nouvelle étape dans laquelle Israël doit pondérer avec le plus grand soin ses actions en Syrie. Peut-être qu’avant, il ne faisait pas beaucoup de calculs. Après que l’avion (de chasse israélien) a été abattu, nous qui suivons les questions militaires de près, nous avons clairement vu que les mouvements de l’aviation israélienne en direction de la Syrie ont mis en place de nouveaux protocoles et mesures, et de nouveaux calculs. Après cette attaque de missiles, la décision israélienne, cette gâchette facile comme on dit, cela va disparaitre.

Je ne dis pas qu’ils ne vont plus rien faire. Mais je dis qu’ils vont minutieusement calculer tous leurs mouvements. Et je vous dis également que c’est là le message de cette attaque stratégique de missiles qui doit être prise en compte dans ces calculs.

Deuxièmement, cette riposte de missiles s’est produite malgré les menaces et intimidations israéliennes. Si vous vous souvenez bien, durant deux ou trois semaines (avant l’attaque), les Israéliens disaient qu’ils s’attendaient à une riposte, mais que si elle advenait, ils détruiraient, bombarderaient, tueraient, mettraient tout sens dessus dessous. Eh bien, la riposte a eu lieu, et ils s’y attendaient, et ils savaient que la nature de (leurs adversaires) les conduirait à une riposte de cette ampleur, mais ils n’ont rien mis sens dessus dessous, et ils n’ont pas osé toucher certaines des lignes rouges en Syrie. Car je vais vous révéler un secret, le gouvernement ennemi a été prévenu par des intermédiaires internationaux que si la riposte israélienne en Syrie dépassait les lignes rouges, le second bombardement ciblerait le cœur de la Palestine occupée (Tel-Aviv), et non pas le Golan.

Voilà une des raisons pour lesquelles ils ont paniqué durant cette nuit, contacté l’UNDOF, et déclaré que si la Syrie avait fini, eux aussi (s’en tiendraient là). Malgré toutes les intimidations et menaces, ils ont pris cette décision et lancé cette riposte. Et cela signifie que nous en avons fini avec les menaces, les intimidations, la terreur, et que sais-je encore, tout ça c’est terminé.

Troisièmement, malgré les efforts dans le recueil d’informations et les mesures des Israéliens durant tous les jours qui ont précédé l’attaque de missiles pour empêcher que des missiles soient lancés depuis la Syrie, les missiles ont été lancés, et c’est un échec militaire israélien et une victoire pour ceux qui ont tiré les missiles.

Quatrièmement, malgré le fait qu’ils sachent, par leurs analystes et peut-être par leurs informations, que la cible était le Golan, qu’ils aient déployé le Dôme de Fer et tous les systèmes chargés d’intercepter les missiles, qu’ils aient envisagé toutes les possibilités et aient été à un niveau d’alerte maximal, ils n’ont pas réussi à empêcher que la plus grande partie des missiles touchent les positions militaires israéliennes dans le Golan, et cela constitue également un échec militaire pour Israël.

Cinquièmement - où en sommes-nous, au quatrième ou au cinquième point ? Peu importe. Cette expérience a démontré les mensonges des dirigeants israéliens, et nous Libanais, Syriens, Palestiniens et toute la région devons le savoir pour ne pas nous faire bourrer le crâne par les Israéliens, qui n’arrêtent pas de menacer de guerre, affirmant que leur front intérieur est prêt à la guerre. L’une des implications les plus importantes de cet événement a été de prouver que le front intérieur (israélien) n’est pas prêt à la guerre. Leur population n’est pas prête psychologiquement et moralement, pas plus que leurs abris ou leur front intérieur. Le scandale (de leur impréparation) a été exposé aux yeux du monde entier avec cet événement. Et c’est également l’une des raisons de leur précipitation pour mettre fin à la confrontation et l’empêcher d’aller vers l’escalade.

Une des autres implications qui était riche en enseignements est le besoin d’Israël de dissimuler l’ampleur de ce qui s’est passé en recourant aux mensonges, lorsqu’il a parlé de 20 missiles (au lieu de 55), lorsqu’il a affirmé les avoir interceptés (alors que la plupart ont touché leur cible), lorsque Liberman a déclaré que leur riposte à l’attaque de missiles dans le Golan a détruit toutes les bases iraniennes en Syrie et en a fini avec elles. Ce sont des mensonges, des mensonges absolus. Ils n’ont aucun fondement de vérité. Et bien entendu, le deuxième jour, des responsables israéliens se sont exprimés pour dire que s’il se passait quelque chose, ils détruiraient les bases iraniennes en Syrie. Mais n’avez-vous pas déjà affirmé les avoir détruites ? Indépendamment de la question de savoir s’il y a (vraiment) des bases iraniennes en Syrie, ou s’il y a seulement des lieux où se trouvent les conseillers,

nous en parlerons une autre fois. L’exagération de ce qu’ont fait les Israéliens, et l’atténuation des implications de ce qui s’est passé sont des tentatives israéliennes d’occulter et de dépasser ce développement.

Le dernier point quant aux implications de cette question, avant de nous consacrer à notre dernière partie, la Palestine, est la prise de position humiliante et honteuse de certains pays du Golfe. Lorsque par exemple le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn déclare qu’Israël a le droit de se défendre, c’est la un développement… Comment dire… Il n’y a plus aucune pudeur, aucune honte, aucune valeur, aucune morale, aucune religion, je ne sais que dire (pour décrire un tel acte). De l’impudence ? Je dis pour ma part que c’est une abjection. Il n’y a rien de plus hideux, de pire, de plus atroce (que cela). Peut-on imaginer que ce soit là une prise de position arabe ? Qu’Israël ait le droit de riposter face à la Syrie, de bombarder, de détruire, de tuer, en légitime défense. Tu reconnais donc aussi le Golan comme appartenant à Israël ? L’opération a eu lieu dans le Golan (occupé), espèce d’imbécile, d’abruti, de pervers, de traître ! Quoi qu’il en soit, la présence de ce ministre, de ce pouvoir au Bahreïn constitue l’une des plus grandes oppressions de l’histoire contre le peuple bahreïni. Et celui qui exprime la véritable position du Bahreïn, c’est le peuple du Bahreïn, les gens qui au Bahreïn sont descendus (dans les rues) et ont manifesté pour dénoncer les propos du ministère des Affaires étrangères du Bahreïn. Un tel niveau de vice, d’imbécillité, d’abrutissement, de soumission, de flatterie des Américains et des Israéliens est vraiment effarant. En vérité, nous avons vécu et nous avons vu (bien des choses), et peut-être qu’il y avait beaucoup de gens qui s’attendaient à ce que certains Arabes soient des traîtres, sans honneur, vils et hideux, mais (pas) au niveau que nous voyons ces jours-ci…

Le plus important dans cette question est le message suivant : nous sommes arrivés à une nouvelle étape en Syrie. La Syrie et l’ensemble de l’Axe de la Résistance aux côtés de la Syrie sont parvenus à une nouvelle étape.

L’accomplissement le plus important qui soit survenu est de briser le prestige israélien, de même que l’avion israélien abattu a brisé le prestige de leur aviation. (Auparavant), Israël était bouffi d’orgueil et plein de morgue, disons les choses comme elles le sont. Si quiconque portait la main sur le Golan, avançait ne serait-ce qu’un doigt vers le Golan, Israël était prêt à lui couper la tête. Mais cela est fini. Cela est fini.

Aujourd’hui, le message adressé à Israël durant la nuit des missiles est que ni la Syrie, ni les dirigeants de la Syrie, ni son Armée, ni son peuple, ni ses alliés ne tolèrent que la Syrie reste sans défense face à toutes ces violations et agressions israéliennes. Et ils sont prêts à aller aussi loin que possible. Ce qui s’est passé en Syrie durant la nuit des missiles est premièrement et essentiellement un acte de défense de la Syrie et de sa souveraineté, avant d’être une vengeance pour tels ou tels martyrs. Et notre responsabilité à tous est d’établir fermement, d’œuvrer à établir fermement cette nouvelle équation dans la lutte, car c’est une équation très importante et qui a une influence sur (notre) protection. […]

source : le saker francophone

3 sur la Palestine

[…] Avant d’aborder le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, et qui constitue l’objet de ce rassemblement (les élections législatives du 6 mai), permettez-moi en premier lieu, brièvement, de rendre en votre nom à tous notre hommage aux courageux manifestants à la frontière de Gaza, à ce peuple révolté, opprimé, endurant et résistant à Gaza, qui depuis des jours s’est réuni par dizaines de milliers, les mains nues (sans armes), les poitrines exposées, à la frontière de la bande face à l’armée d’occupation.

Ils ont offert des dizaines de martyrs, et des milliers de blessés, des milliers de blessés, et ont manifesté leur présence courageuse, loyale et prête au martyr et aux sacrifices. Nous rendons hommage à tous les martyrs, à tous les blessés, à tous ceux qui sont présents, qui participent, qui persévèrent, à tous les dirigeants des factions de Résistance à Gaza qui ont pris cette décision courageuse, cette initiative, cette forme parmi d’autres de résistance et de confrontation de l’occupation. Ce mouvement représente une forte gifle à ce qu’on appelle ces jours-ci « l’accord du siècle » (accord de paix israélo-palestinien parrainé par Trump).

Deuxièmement, à l’occasion de l’entrée de la guerre d’agression contre le Yémen dans sa quatrième année, et de la résistance héroïque du peuple yéménite durant trois années face à une guerre continue, à l’agression saoudo-américaine barbare continue, malgré les massacres quotidiens, le siège, les maladies, la famine, ce peuple continue à se défendre de toutes ses forces, et avec une présence totale sur les fronts de combat et sur les lieux de manifestations. Et ce que nous avons vu il y a quelques jours à San’aa en fait de manifestations massives traduit cette volonté populaire indéfectible. Permettez-moi également, face à cette Résistance historique et héroïque du peuple yéménite, d’adresser également en notre nom, depuis les postes de la Résistance (du Hezbollah) au Liban, notre hommage aux Yéménites endurants, patients, opprimés, aux dirigeants, au peuple, à l’armée et aux Comités populaires.

Troisièmement, j’adresse mes condoléances à tous les musulmans, et en particulier aux chiites (partisans) des Ahl al Bayt (famille du Prophète), sur eux les meilleures prières et la paix, à l’occasion de la commémoration du martyr du descendant du Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui et sur sa famille, l’Imam Musa b. Ja’far al-Kadhim, paix sur lui, en ces jours du mois de Rajab. Et cette occasion sera commémorée à partir de demain de manière grandiose, surtout à Bagdad (où se trouve le mausolée de l’Imam Musa al-Kadhim). Quatrièmement, je félicite également tous les chrétiens, ceux d’Occident comme ceux d’Orient, à l’occasion des fêtes grandioses qui ont été célébrées ces derniers jours (Pâques). Et je demande à Dieu le Très-Haut et l’Exalté de combler toutes les fêtes et commémorations de bienfaits et de bénédictions pour tous les Libanais, chrétiens et musulmans, et pour les peuples de la région. […]

le saker francophone

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