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SUR LES CÉLÉBRATIONS TROMPEUSES DU GOUVERNEMENT SYRIZA-ANEL

KKE
publié le 23 août 2018

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Dans un discours télévisé depuis l'île ionienne d'Ithaque, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré que la sortie du pays de neuf années de crise et de renflouements financiers internationaux marquait un "nouveau jour" pour le pays, un "jour de rédemption mais aussi l'aube d'une nouvelle ère".

Dans un discours chargé de symbolisme classique, le Premier ministre a déclaré que l'"Odyssée" des temps modernes de la Grèce, qui avait commencé en 2010, était arrivée à son terme. "Les sauvetages de la récession, de l'austérité et de la désertification sociale sont enfin terminés."

"Notre pays reprend son destin en main ", a déclaré Tsipras depuis une colline surplombant une baie, sur l'île où Ulysse est revenu après un périple de 10 ans raconté par le poète classique Homère. Il a également ajouté que "nous avons laissé les Symplégades derrière nous", faisant référence aux roches mythologiques du Bosphore qui s'entrechoquaient à chaque fois qu'un navire passait par là.

Dans un effort de communication pour manipuler l'opinion publique sur le soi-disant " succès " du gouvernement de coalition de SYRIZA, Tsipras a déclaré que son gouvernement avait réalisé ce qu'il s'était fixé lorsqu'il a été élu au pouvoir en 2015, à savoir " sortir le pays des restrictions des mémorandums et de l'austérité sans fin ".

Dans une déclaration publiée le 23 août, le KKE revient sur ce discours de propagande et dénonce les mensonges d'Alexis Tsipras sur la soi-disant "nouvelle ère qu'il promet à la Grèce rappelant qu' "il ne peut pas y avoir de «développement équitable » dans des conditions capitalistes".

Nous publions ci-dessous la déclaration complète du KKE :

Sur les célébrations trompeuses du gouvernement SYRIZA-ANEL

Le gouvernement SYRIZA-ANEL a célébré le 21 août 2018 la sortie officielle de la Grèce des mémorandums. Il a essayé de cultiver un climat d'euphorie parmi le peuple, lui promettant que désormais sa vie quotidienne commencera à changer pour le mieux. Il a même qualifié ce développement de « retour à la normale » et de « début d'un développement équitable. »

Le KKE a immédiatement réfuté la propagande gouvernementale ci-dessus par des arguments et voila pourquoi:

La vérité est que les mémorandums, c’est-à-dire les accords des gouvernements grecs avec l'UE et le FMI pour un soutien financier, à l’égard des mesures anti-ouvrières et anti-populaires, n’ont pas précédé, mais ils ont suivi la manifestation de la crise économique capitaliste en Grèce en 2009. Cette crise, les causes se trouvant dans le mode de production capitaliste lui-même, s'est manifesté en Grèce avec l'aggravation de la dette publique, dont les causes ont été analysées précédemment (voir ici en anglais).

La manifestation de la crise capitaliste en Grèce a conduit, entre autres, à la signature par les gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du PASOK de deux mémorandums, ainsi que d’un troisième mémorandum par le gouvernement de SYRIZA-ANEL avec les institutions impérialistes de l'UE et du FMI, les prêteurs étrangers du pays. Ces mémorandums prévoyaient des centaines de mesures – engagements, que les gouvernements grecs se sont engagés à mettre en œuvre et qu'ils ont mis en œuvre au cours de toutes ces dernières années, avec le plein appui de la Fédération hellénique des Entreprises (SEV) et d'autres associations du grand capital. Ces mesures n'ont pas été imposés « par des étrangers », mais il s’agissait d’un plan stratégique du capital afin qu’il puisse atteindre à nouveau des taux de rentabilité, déplaçant la charge de la crise sur les travailleurs.

Le système bourgeois a démontré qu’il avait des réserves, comme cela a été mis en évidence par l’arrivée au pouvoir gouvernemental de SYRIZA, qui a poursuivi la politique anti-populaire, ce qui a résulté en 700 lois anti-populaires adoptées au cours de ces 10 dernières années.

Pour restaurer la rentabilité du capital, la valeur de la force de travail a baissé, avec d'énormes réductions des salaires et des pensions, ainsi qu’avec la diminution des acquis sociaux, la réduction importante des budgets pour les dépenses sociales et une fiscalité lourde pour le peuple. Les pertes des revenus populaires sont de l’ordre d'environ 30 à 40%.

Le gouvernement SYRIZA-ANEL ment quand il parle d'une « nouvelle ère » après les mémorandums, parce que:

Les centaines de lois anti-populaires demeurent ! Il existe toujours des engagements envers le capital et envers les associations impérialistes que les mêmes politiques anti-populaires se poursuivront, ce qui profitera à la soi-disant "compétitivité" et à l'"esprit d'entreprise", à savoir l'augmentation des profits du capital.

Il a même accepté des nouveaux coups aux droits populaires, qui seront mis en œuvre dès l'année prochaine.

Avec le soi-disant « semestre européen », le « pacte pour l'euro+ », le « pacte budgétaire », ou la «gouvernance économique renforcée », tout comme dans les autres pays qui sont dans l'UE, l'UE surveillera strictement la poursuite et l'escalade de l'attaque anti-populaire. En outre, des mesures anti-populaires sont prises aussi dans les autres pays de l'UE, où il n’y a pas de mémorandums comme en Grèce.

Mais même s'il n'y avait pas de supervision par l'UE, il y aurait - comme il y a dans toute société capitaliste - la «supervision» du grand capital, des monopoles et leur objectif d’accroître leur rentabilité. Pour cette raison, il ne peut pas y avoir de «développement équitable » dans des conditions capitalistes.

Au cours de ces dernières années, le rôle de premier plan du KKE et des syndicats de classe luttant dans les rangs du Front militant de tous les Travailleurs (PAME) a été très important, organisant la lutte ouvrière et populaire, réalisant des dizaines de mobilisations de grève, des centaines de manifestations, des occupations des ministères, etc. En dépit des difficultés, le rôle de SYRIZA, de la nouvelle social-démocratie et des autres partis bourgeois a été révélé; il y a eu de la résistance populaire, de nouvelles positions dans le mouvement syndical de la classe ouvrière et des couches populaires ont été conquis, la lutte des travailleurs continue avec la revendication des demandes qui sont fondées sur leurs besoins contemporains. La nécessité de la lutte anticapitaliste, anti-monopole contre l'adversaire réel, le capital et son pouvoir, a été mise en évidence.

Il y a une issue pour le peuple! Elle se trouve dans la lutte avec le KKE, pour le regroupement du mouvement ouvrier et pour le renforcement de l'Alliance sociale, contre les plans du gouvernement, de l'UE et des ses partis qui servent les profits du capital, pour l'élimination de toutes les lois anti-populaires, la restauration du revenu ouvrier populaire, le rassemblement des forces qui enverront à la « poubelle de l'histoire » la barbarie capitaliste et construiront une nouvelle société sans crises, sans chômage et sans guerres. Une société socialiste - communiste, avec la socialisation des moyens de production, la planification centrale de l'économie, le désengagement des unions impérialistes de l'UE et de l'OTAN, avec le pouvoir ouvrier.

Source :solidarite internationale pcf

 

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