Déclaration de l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Populaire et Démocratique de Corée auprès de la Fédération de Russie

Kim Hyong Jun, lors de la rencontre avec les représentants des médias russes Le 16 mars 2017, à l'Ambassade de la République Populaire et Démocratique de Corée à Moscou
En fait, cet ambassadeur ne fait que déclarer exactement la même chose que ce que de Gaulle avait déclaré à propos de l'arme nucléaire, mais, en plus, dans une situation de blocus économique imposé par les USA et par tous les pays associés qui, de gré ou de force, commercent avec les USA et dont les firmes et les banques doivent en conséquence accepter le blocus visant la Corée puisqu'elles sont mises devant le chantage : ou commercer et accorder des prêts avec les USA ou avec la Corée. Il est donc clair que si la Corée avait accepté les exigences qui lui sont faites, elle aurait subi le sort de l'Irak ou de la Libye qui se sont soumis à ces mêmes exigences, avec les conséquences que l'on sait. Cela n'a donc rien à voir avec le régime politique de tel ou tel pays mais avec sa puissance propre dans le rapport de force international et avec son attitude vis à vis des règles du "Consensus du Washington" sur le plan économique et des institutions politiques, de type US, sud-soudanais ou saoudite peu importe dès lors qu'elles garantissent ces règles du "consensus de Washington" : ouverture des marchés et droit accordé aux entreprises privées d'une valeur supérieure aux droits de la puissance publique qui leur est donc subordonnée (la fameuse "concurrence libre et non faussée" ...par l'Etat-nation) ...Ce qui, en définitive, aboutit à ce que les firmes transnationales et les Etats riches s'enrichissent tandis que les pauvres s'appauvrissent. Chose à laquelle on assiste depuis trente ans pour tous les Etats plus faibles, vu que le rapport de force international est monopolisé par les USA qui dépensent en armement plus que les huit pays suivant ne dépensent tous mis ensemble. La démocratie est donc dans ce système subsidiaire par rapport au droit du plus fort économiquement. L'hypocrisie décrétée démocratie. Editions Démocrite

Il semble indispensable d'avoir un autre son de cloche que celui de nos merdias pour comprendre ce qui se passe a propos de le Corée du Nord. C'est pourquoi nous publions ce texte pour information Jean-Louis Bertrand
mis à jour le : 18 Avril, 2017

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Cela fait déjà plus d’un demi-siècle que la République Populaire et Démocratique de Corée est l’objet d’un chantage nucléaire sans précédent et de sanctions de la part des États-Unis et de forces hostiles.

Les manoeuvres communes militaires à caractère agressif et la menace nucléaire de la part des États-Unis se poursuivent sans cesse depuis longtemps, bien avant que nous n’obtenions l'arme nucléaire.

La politique extrêmement hostile des États-Unis à l’égard de la République Populaire et Démocratique de Corée, le chantage nucléaire et les menaces, y compris les manoeuvres militaires conjointes, ainsi que le développement des armements nucléaires nous ont obligé à élaborer notre propre potentiel nucléaire offensif et à l’affermir à un degré supérieur.

Les réalités d'aujourd'hui prouvent à l’évidence que la seule voie de la défense de la paix et de la stabilité dans la péninsule Coréenne et dans la région, dans les conditions de la menace nucléaire et du chantage des États-Unis et des forces qui les suivent, c’est le renforcement ultérieur, tant qualitatif, que quantitatif de forces nucléaires capables de balayer impitoyablement les agresseurs et les provocateurs, et par cette voie la création d’un balance des forces.

Pour liquider radicalement le danger croissant de la guerre nucléaire du fait des USA, nous affermissons encore plus nos forces d’autodéfense et de disuasion dont le pivot sont les forces stratégiques nucléaires.

Nos mesures d’autodéfense, y compris les essais nucléaires et les lancements de missiles, démonstration du droit à la légitime défense, représentent une riposte réelle et le droit légitime d’un État souverain en réponse à la menace nucléaire et au tapage violent autour des sanctions de la part des États-Unis et des forces hostiles.

Cependant le Conseil de Sécurité de l'ONU, en condamnant nos essais nucléaires et les lancements de satellites et de missiles balistiques, comme une menace à la paix mondiale, un danger et une provocation, a élaboré une série de résolutions imposant des sanctions.

La République Populaire et Démocratique de Corée a condamné catégoriquement et a rejeté ces résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, comme foulant aux pieds grossièrement la souveraineté de notre pays, les considérant comme des documents criminels sans valeur légale.

Les résolutions avec sanctions ont caractérisé nos essais nucléaires, les lancements de satellites et de missiles, comme une menace à la paix et à la sécurité mondiales, cependant ni dans la Charte de l'O.N.U., ni dans d’autres règlements internationaux, on ne trouve aucun fondement à cela.

Si les essais nucléaires, les lancements de satellites et de missiles présentent une menace à la paix et à la sécurité internationales, on ne peut pas appeler autrement que l’application d’un double standard, le fait que le Conseil de Sécurité de l'ONU ne condamne pas les essais nucléaires, les lancement de satellites et de missiles balistiques des États-Unis et d'autres pays et ne prend pas, en ce qui les concerne, de mesures de sanctions.

Nous nous sommes adressés au secrétariat de l'ONU en demandant d'expliciter la base juridique des résolutions imposant des sanctions à l’égard de la RPDC, mais le secrétariat de l'ONU n’a pas pu jusqu'ici donner une réponse claire à notre requête.

Le secrétariat de l'ONU se réfère à l’article 39 de la Charte de l'ONU, cependant l’article 39 définit seulement le mandat général du conseil de sécurité de l'ONU et ne donne pas de base juridique pour la prise de décisions comme ces résolutions imposant des sanctions contre la République Populaire et Démocratique de Corée.

Cette question est contestée parmi les spécialistes du droit international.

Par exemple, quand en 1966 les États-Unis ont élaboré la première résolution imposant des sanctions, dans l'histoire de l'ONU, à savoir la résolution ? 232 contre la Rhodésie, comme punition pour sa déclaration d’indépendance de la Grande-Bretagne, et ce en se référant à l’article 39 de la charte de l'ONU, la communauté internationale des juristes a condamné sévèrement cette décision du Conseil de sécurité de l'ONU, comme excédant ses pouvoirs, et a dénoncé concrètement l'illégalité de semblables sanctions. On entend maintenant des affirmations selon lesquelles le conseil de sécurité de l'ONU peut prendre des mesures correspondantes selon cet article 39, si les actions de quelque pays que ce soit sont caractérisées comme menace pour la paix. Certaines personnes ont également une interprétation sophistiquée, et disent que le Conseil de Sécurité de l'ONU est en droit d’infliger des sanctions, parce que d'autres pays ne reconnaissent pas le retrait de la RPDC du Traité sur la Non-prolifération des armes Nucléaires (TNP). L’article 39 de la charte de l'ONU définissant seulement les responsabilités générales du Conseil de sécurité de l’ONU, ne peut pas être une base juridique pour la prise de résolutions imposant des sanctions, et dans le droit international il n'y a pas d'article ni de point, où il est dit que les essais nucléaires et les lancements de satellites de quelque pays que ce soit puissent constituer une menace pour la paix.

Puisque l’on parle la sortie de notre pays du TNP, cette sortie était légitime sur la base de l’article article 10 du TNP, et il n'est nulle part stipulé que la sortie du TNP ait à être reconnue par d’autres pays.

Dans l’article 51 de la charte de l'ONU et dans l’article 12 de la Déclaration des droits et les devoirs des États il est clairement nettement spécifié que chaque État a droit à la défense individuelle et collective.

Cependant les États-Unis, en méprisant les stipulations de la Charte de l'O.N.U., de la Déclaration sur la non-intervention dans les affaires intérieures des autres pays et d'autres lois internationales, ont élaboré une série de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU aux fins d'isolation et d’asphyxie de la République Populaire et Démocratique de Corée. De plus, ayant rejeté même leurs déclarations hypocrites selon lesquelles les domaines économiques liés au bien-être du peuple constituent une exception, ils ont monté une résolution, qui bloque entièrement non seulement notre commerce extérieur et la coopération technologique, mais aussi le transport maritime. De tels agissements des USA sont des actes contre l'humanité et la civilisation, puisqu’ils nient entièrement le droit de notre peuple à l'existence et au développement et se fixent comme but de ramener notre société dans un sombre moyen âge.

C'est pourquoi la communauté internationale condamne ces actions. La convention de Londres sur la définition de l'agression et la Résolution de l’Assemblée Générale de l'ONU «Définition de l'agression», adoptée à la 39-ème session de cette Assemblée, considère les sanctions qui visent au blocus d’un état souverain en temps de paix, comme un acte d'agression.

Et le Comité du droit international de l'ONU a déjà condamné les sanctions en ce qui concerne l'Iraq et le Libye comme un acte transformant les peuples de ces pays en otages du Conseil de sécurité de l’ONU et a caractérisé ces sanctions comme des crimes contre l'humanité conformément aux principes établis par le tribunal militaire international de Nuremberg.

L'organisation juridique consultative pour les pays d’Asie et d'Afrique et l'Union Arabe des juristes ont condamné les sanctions de l'ONU sous forme de blocus, comme un des aspects de la guerre, qui est conduite dans les intérêts de certains membres du Conseil de Sécurité de l'ONU sous les prétextes de paix et de sécurité. Ils ont remarqué que de pareilles sanctions semblables constituent une arme de destruction massive.

Une préoccupation spéciale est provoquée par le fait, qu'à cause de ces résolutions imposant des sanctions fabriquées par les États-Unis et les forces hostiles, a été complètement annulé le dernier article en vigueur de l'accord d'armistice en Corée (du 27 juillet 1953) sur l'interdiction du blocus maritime.

Dans le point 15 de l'article 2 de l'accord d'armistice en Corée est indiqué : « Point 15- Le Présent accord sur l'armistice se rapporte à toutes les forces navales de l’une et l’autre partie, lesquelles forces navales sont tenues à respecter l'inviolabilité des eaux baignant la zone démilitarisée et l’autre partie de Corée, qui se trouve sous le contrôle militaire de la partie adverse, et ne soumettront la Corée à aucune forme de blocus.»

Du fait de ce ce que les États-Unis, en méprisant les principes des lois internationales universellement reconnues, abuse des prérogatives du Conseil de sécurité de l’ONU et continue à fabriquer des résolutions illégales contre la République Populaire et Démocratique de Corée, notre partie s'est adressée au secrétariat de l'ONU avec comme exigence la convocation à New York ou à Genève d’une conférence internationale de juristes afin éclaircir le fondement juridique des résolutions imposant des sanctions contre la RPDC.

Un tel forum international des juristes serait le lieu où serait appréciée la légitimité sur la base de la justice internationale et de la légalité, de ces résolutions imposant des sanctions.

A ce forum pourront prendre part tous les spécialistes gouvernementaux et non gouvernementaux en droit international ainsi que les organisations juridiques internationales.

L'ordre du jour du forum peut organisé de manière rationnelle, en prenant en considération les souhaits et les points de vue des participants.

Profitant de cette occasion, je voudrais demander aux représentants des médias russes influents de contribuer à un large éclairage de la position de principe de notre pays, énoncée ci-dessus, quant à la convocation d’une conférence internationale de juristes.

Plus haineusement les États-Unis et les forces hostiles tenteront de supprimer notre régime socialiste centré sur les masses populaires, plus nous persisterons sur le chemin de l'indépendance, du Songun et du socialisme, en levant haut l'étendard de l’appui sur nos propres forces.

Je vous remercie pour votre attention.

Source : éditions démocrite

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