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Depuis plus de trente ans, congrès après
congrès, l’approfondissement de la dérive opportuniste
a poussé près de 80 % des adhérents à quitter
le PCF. La plupart ont voulu ainsi marquer leur désaccord avec la
ligne suivie et se sont mis en position d’attente. D’autres,
écartés de leurs responsabilités ou poussés
vers la sortie, militent aujourd’hui dans des groupes organisés
dans l’espoir de faire renaître un vrai parti communiste.
Cette hémorragie d’éléments révolutionnaires
a facilité et accéléré le processus de renoncement
par les directions successives et a mis en grande difficulté les
camarades fidèles au marxisme restés au PCF.
Les dégâts causés par la « mutation »,
et la division de ses opposants à l’intérieur même
du Parti ont été tels que le redressement de celui-ci avait
fini par apparaître comme très aléatoire à beaucoup
d’entre nous. Le pessimisme parmi les militants les plus conscients
ne cessait de gagner du terrain.
Mais il semble qu’une évolution positive dans le rapport des
forces s’est développée au cours de la dernière
période et a mis en difficulté les directions liquidatrices
à tous les nivaux. Une opposition grandissante s’est affirmée
progressivement dans les cellules encore actives, dans les sections, dans
les fédérations, et jusqu’au Conseil national. Elle
s’explique par :
- La suite ininterrompue d’échecs électoraux de plus
en plus graves aboutissant au 1,93 % des dernières présidentielles.
- Les participations à des gouvernements socialistes dont on
sait les bilans désastreux pour les travailleurs Français
et pour la paix en Europe et ailleurs.
- Les appels à « l’union de toute la gauche »
avec un PS qui soutient, quand au fond, les principales mesures antisociales
du gouvernement ultra réactionnaire de Sarkozy et qui dispute à
la droite la direction de l’Europe du capital si dure pour tous les
peuples de la région.
- Les expériences « mutantes » désastreuses
des partis communistes d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs.
- La réaffirmation de la nécessité du socialisme en
Amérique latine et la résistance grandissante au capitalisme
partout dans le monde.
Des militants de plus en plus nombreux ont commencé à douter
de la justesse de la stratégie suivie par leurs directions. Les critiques
se sont multipliées dans et hors du Parti au point que beaucoup de
communistes pensent que le 34ème Congrès, annoncé comme
devant procéder à coup sûr à l’enterrement
définitif du PCF, n’est plus joué d’avance. Une
lutte acharnée se déroule à tous les niveaux entre
les partisans et les adversaires de sa liquidation.
Les anciens adhérents du Parti, peuvent apporter une contribution
décisive à cette lutte en reprenant leur carte afin d’intervenir
à nouveau, aux cotés de leurs camarades, dans les débats
internes et faire que le 34ème Congrès soit celui de la défaite
des opportunistes et marque le début du redressement d’un Parti
qui fut et reste toujours le leur.
Rien ne les oblige à se dédire, à abandonner leurs
réserves ou à dissoudre les organisations qu’ils ont
créées, tant qu’ils n’auront pas la certitude
d’un PCF retrouvé.
L’opportunisme a fait et continue de faire beaucoup de mal, mais ne
peut-on pas dire aussi que le sectarisme, qui est plus ou moins en chacun
de nous, est aujourd’hui son meilleur allié car il est source
de division et s’oppose de fait, non seulement à l’union
des communistes, mais aussi aux actions communes indispensables pour en
finir avec la stratégie de la « mutation »
ouverte ou dissimulée.
Quant au 34ème Congrès, et quoi qu’en pensent certains,
la victoire des liquidateurs ne ferait qu’étendre, aggraver
et enraciner encore plus la division actuelle des communistes, situation
qui est hautement préjudiciable à la cause de tous les travailleurs.
La perspective d’un vrai Parti, uni, fort, et influent, en serait
reculée pour longtemps.
Je pense qu’il y a urgence. Moins de quatre mois nous séparent
du Congrès. La fête de l’Humanité peut être
l’occasion et le lieu appropriés pour appeler tous les communistes
à participer de plein droit à la lutte en cours pour faire
revivre à nouveau le glorieux PCF qui a beaucoup apporté au
peuple Français dans le passé et dont il a tant besoin aujourd’hui.
J. Molina
pour la Section: Robert JEAN
Jean Yves Quezenec