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Compte rendu de la rencontre-débat
organisée par le Collectif Communiste Polex à l’Assemblée
Nationale
le 24 janvier 2012
Le Collectif Communiste Polex est une association loi de 1901,
indépendante de toute organisation politique. Son objectif est d’être
un lieu de rencontre, de débat et de réflexion ouvert à
tous ceux qui se considèrent militants anti-impérialistes et qui
regrettent la faiblesse en France de cette option politique.
Pourquoi organiser cette rencontre ?
Depuis des mois, la campagne électorale pour les présidentielles
est engagée, et, paradoxalement, tous les candidats évitent les
sujets de politique extérieure, alors que le futur Président en
sera le maître d’œuvre exclusif. Il serait temps que les citoyens
français soient consultés à ce sujet.
Nos questions sont nombreuses :
1) Jusqu’à quand devrons-nous supporter la conception
monarchique en France qui fait des relations internationales et de la guerre
un « domaine réservé » du Président,
alors que cela ne découle même pas de la constitution ?
2) Les dirigeants français se sont tous depuis 1947 inscrits dans le
camp occidental et atlantiste. Mais le général de Gaulle, en son
temps, et même le président Chirac en 2003 ont su privilégier
parfois l’intérêt national et refuser l’allégeance
aux volontés de Washington. Comment accepter la stratégie actuelle
du président Sarkozy, la réintégration de cette machine
de guerre occidentale dirigée par les USA qu’est l’OTAN,
jusqu’à en devenir le fer de lance supplétif ?
3) Comment accepter l’aventurisme guerrier qui a en quelques mois amené
les soldats et les bombardiers français à imposer des gouvernements
fidèles à l’Occident et à ses intérêts,
en Côte d’Ivoire, en Libye, au mépris du droit des peuples
à disposer d’eux-mêmes, et sous des prétextes humanitaires
d’autant plus mensongers que les « protégés »
de la France se sont rendus coupables de crimes de guerre avérés ?
4) Comment évaluer les conséquences néfastes de ces aventures
pour l’ensemble des pays du Sahel et du Sahara, déstabilisés
par le flux d’armes apportés aux trafiquants de drogue et d’hommes,
aux preneurs d’otage, aux groupes intégristes qui mettent en coupe
réglée la région ? N’est-ce pas un prétexte
idéal pour justifier la présence accrue de troupes françaises
ou occidentales en Afrique (déjà un nouveau contingent au Burkina) ?
5) Quelles conséquences dramatiques aurait l’intervention militaire
froidement envisagée en Syrie par Messieurs Sarkozy et Juppé,
au risque d’un conflit généralisé au Moyen-Orient,
voire au monde ?
6) Quand le Parlement et l’opinion vont-ils être enfin informés
du coût pharamineux de ces guerres, alors qu’on nous prêche
l’austérité soi-disant nécessaire, et des véritables
raisons de l’éviction de dirigeants comme Kadhafi, avec lesquels
la France s’accordait très bien les années précédentes ?
Quels contrats ont été signés à l’issue de
ces conflits, avec quelles entreprises, quels concurrents éliminés ?
7) Comment ne pas s’indigner et s’inquiéter de voir la France,
à la remorque de l’Allemagne, imposer aux divers peuples de l’Europe
la loi des « marchés » spéculatifs, l’austérité
budgétaire (« règle d’or ») et jusqu’à
leur gouvernement, en faisant ainsi de « l’Europe des 27 »
un véritable ensemble colonial, et, bientôt, une poudrière
au bord de l’explosion ?
8) Comment espérer stopper la destruction des industries et des emplois
en France, si on ne redonne pas à l’état national représentatif
la capacité de contrôler la monnaie, l’économie et
de protéger les productions françaises ? Comment les lui
redonner sinon en dénonçant le carcan des traités européens ?
9) Quand la France rapatriera-t-elle tous ses soldats engagés dans des
opérations militaires sanglantes, inutiles et injustifiées, en
Afghanistan, en Côte d’Ivoire, au Tchad, et fermera-t-elle ses bases
extérieures qui menacent, en liaison avec celles des USA, les peuples
d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Iran (bases de Djibouti, d’Abou
Dhabi, etc.) ?
10) Depuis 20 ans, les industries nationales produisant pour la consommation
des Français ont perdu, par les délocalisations notamment, près
du tiers de leurs capacités. Parallèlement, la France reste un
des premiers producteurs et vendeurs d’armes au monde, et cherche à
développer ses exportations en la matière (Rafale, drones, etc.).
Si cette distorsion se poursuit, n’y a-t-il pas un risque de militarisation
de l’économie française, avec tous les risques que cela
implique pour notre société ?
Voila un relevé non-exhaustif de questions auxquelles,
je l’espère, notre rencontre répondra.
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