Regards d'Europe
LA CONVENTION INTERNATIONALE SUR LES MIGRANTS PLUS ACTUELLE QUE JAMAIS
Il y a 20 ans, le 18 décembre 1990, l'Assemblée
générale des Nations unies a adopté la "Convention
internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des
membres de leurs familles". Cette convention, conçue comme un des
instruments onusiens en matière de droits de l'homme, vise à garantir
les droits des migrants et de leurs familles, y compris des sans papiers. C'est
ainsi qu'elle précise que les droits des migrants "irréguliers"
doivent être protégés au même titre que ceux des migrants
"réguliers" et qu'il convient de garantir l'égalité
des droits entre travailleurs migrants et nationaux.
A ce jour, aucun Etat membre de l'Union européenne n'a ratifié
cette convention internationale qui est entrée en vigueur le 1er juillet
2003. Les politiques européennes, appliquées dans tous les Etats
membres, en prennent le contrepied puisqu'elles sont fondées sur le tout-répressif
comme vient de le dénoncer l'association "Migreurop" dans son
dernier rapport annuel intitulé "Aux frontières de l'Europe.
Contrôles, enfermements, expulsions" (www.migreurop.org). De nombreux
partis politiques, syndicats associations et ONG condamnent ces politiques qui
se manifestent par le non respect de l'interdiction d'expulser des gens protégés,
la sous-traitance de la "gestion des flux migratoires" à des
pays tiers, comme le Maroc et la Lybie. Dans le cadre des politiques dites de
"voisinage", l'Union européenne accorde des crédits
et subventions à ces pays pour installer des camps de transit et surveiller
les frontières afin d'empêcher l'arrivée des immigrés
sur le territoire européen.
Pour le 20ème anniversaire de la Convention internationale sur les travailleurs
migrants, une pétition a été lancée pour demander
aux Etats membre de la ratifier. De son côté, le Forum des Migrants
préparatoire au Forum social mondial de février 2011 à
Dakar s'est fixé le même objectif dans sa réunion du 18
décembre à Bruxelles.
POURSUIVRE LA MOBILISATION CONTRE LES POLITIQUES D'AUSTERITE
Après les Grecs, les Espagnols, les Français,
les Portugais et les Irlandais ont manifesté contre les politiques d'austérité
menées par leurs gouvernements. Au Portugal, la grève générale
a été le plus fort mouvement enregistré dans l'histoire
du pays à l'initiative des deux principales centrales syndicales CGTP
et UGT, unies pour la première fois depuis 1988. Tous les secteurs ont
été touchés et la paralysie des transports publics a été
quasi totale.
La protestation s'exprime également dans les pays de l'Est. Après
la Roumanie, la République tchèque connait d'importantes manifestations
pour protester contre les fermetures d'entreprises (suppression de 12 000 emplois
en 2009 dans la seule industrie automobile), contre la hausse du chômage
(près de 10%), contre la privatisation des services publics, contre la
baisse des salaires et des prestations sociales...
Sous la pression des marchés et obéissant aux "recommandations"
du FMI et de l'Union européenne pour la réduction des déficits,
les gouvernements adoptent des budgets d'extrême rigueur qui se caractérisent
à des degrés divers par: le démantèlement des systèmes
publics de retraites, les privatisations, la baisse des salaires des fonctionnaires,
la diminution des dépenses de santé, de logement et d'éducation,
le relèvement de la TVA...Ces mesures vont peser sur le pouvoir d'achat
des ménages avec le risque d'entraîner une grave récession
et une augmentation du chômage. Pendant ce temps, les banques, qui avaient
été renflouées en 2008 et 2009 sans contrepartie avec de
l'argent public, font des profits fabuleux. d'après le journal financier
"l'Expansion", en 2009 le fiche de paie des salariés du monde
entier a été amputée de 580 milliards de dollars au bénéfice
des entreprises;
Même la Confédération européenne des syndicats (CES),
qui a soutenu la Traité de Lisbonne et accepté la "flexisécurité",
est obligée de prendre en compte le mécontentement populaire.
La traditionnelle manifestation européenne à la veille du Conseil
européen de décembre (fixée cette année au 15 décembre)
ne se contente pas de reprendre les slogans creux sur "l'Europe sociale";
elle exprime une protestation massive contre les politiques d'austérité
qui font payer le prix de la crise aux travailleurs. Cette solidarité
dans l'action des salariés des pays européens dans leur refus
de payer l'addition de la crise doit se poursuivre et se développer pour
faire échec aux politiques de super austérité et imposer
d'autres choix économiques et sociaux répondant aux besoins des
peuples.
LES PEUPLES ONT DE LA MEMOIRE...
Les responsables du Parti socialiste européen
(PSE) se sont réunis récemment à Varsovie pour analyser
la crise qui sévit en Europe et proposer des solutions pour en sortir.
Critiquant l'absence de prévention des crises de la part de la majorité
conservatrice en Europe, le Parti socialiste européen prône un
"Plan Marshall" pour la reprise. Comme l'explique le journal "La
Croix", le PSE veut faire passer le message que la gestion de la crise
serait différente si les socialistes et sociaux-démocrates étaient
aux commandes en Europe.
Les peuples ne seront pas dupes; ils n'oublient pas que la Commission européenne
avait une majorité sociale-démocrate et que les gouvernements
socialistes étaient les plus nombreux dans l'Union européenne
pendant une longue période. Ils n'ont même pas tenté de
mettre un frein aux politiques de libéralisation et de remise en cause
des droits sociaux. Bien au contraire! C'est avec une majorité socialiste
en Europe qu'a été mis en place le marché unique fondé
sur la libre concurrence, c'est sous le gouvernement Jospin que les privatisations
ont été les plus importantes. C'est au Conseil européen
de Barcelone que Jospin et Chirac ont signé un accord pour relever l'âge
de la retraite. Les peuples n'oublient pas non plus que les socialistes et sociaux-démocrates
ont soutenu, dans leur grande majorité, le projet de Constitution européenne
puis le Traité de Lisbonne. Actuellement, les gouvernements dirigés
par des socialistes, comme en Espagne, en Grèce et au Portugal, appliquent
les mêmes politiques de rigueur que les gouvernements dirigés par
la droite. La résolution "Construire une Europe équitable
par et pour les personnes", adoptée par le PSE à Varsovie,
sera à ranger dans les armoires à souvenirs avec les slogans éculés
répétés pendant des années sur "l'Europe sociale".
L'EUROPE EN BREF...
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