Burkah ou piège à cons ?

envoyer un lien sur cet article a un ami

Les politiciens de bas étage qui gouvernent la France, Sarkozy, Besson et autres Woerth, ont avant tout pour objectif de rester au pouvoir pour achever la destruction programmée des acquis politiques et sociaux de la Libération et de l’après guerre. Les yeux fixés sur les sondages, ils ne reculent devant aucune démagogie xénophobe pour attirer à eux l’électorat raciste du Front national. C’était le seul but du « débat sur l’identité nationale », c’est aussi la raison unique de ce projet de loi « contre la burkha », qui avait aussi l’avantage de diviser les opposants de gauche, tiraillés entre leur répugnance pour l’intégrisme et leur désir de liberté individuelle. Cet objectif provocateur, ce piège politicien a en grande partie réussi, puisqu’on voit s’opposer sur le sujet des militants du PCF, du NPA, des mouvements laïques et féministes, etc. La première réaction rationnelle face à ce type de pièges devrait pourtant être de ne pas y tomber, de refuser les débats biaisés, le jeu du monarque Sarkozy et ses fidèles.
Mais le silence est difficile quand on voit des amis, des camarades, s’opposer en joutes verbales avec des arguments parfois faux ou irréfléchis.

Notons d’abord que le voile intégral, qui transforme les femmes en objets informes et méconnaissables, inspiré des régions reculées d’Afghanistan (niqab, et non burkah), n’a rien à voir avec le voile « islamique », foulard cachant la chevelure ou une partie du visage : ce dernier détail vestimentaire, trait culturel comme l’était le fichu de nos grands-mères, ne relève en rien de décisions législatives, et ne gêne que les racistes en France. Le niqab, lui, est prescrit à ses adeptes féminines par le salafisme, courant intégriste, c'est-à-dire mouvement politique qui instrumentalise les convictions musulmanes, au profit d’un idéal de théocratie antidémocratique, niant l’égalité entre les humains et entre les hommes et les femmes. Le rapport entre l’intégrisme salafiste et la religion islamique est le même qu’entre le fascisme de Franco et ses phalangistes, et le catholicisme : confondre le salafisme intégriste et l’Islam, c’est insulter l’Islam et tous ceux qui pratiquent le culte musulman.

De ce constat découle une première évidence : le débat autour du niqab n’est pas d’ordre religieux, et n’a aucun rapport avec la laïcité, comme ont tenté de le faire croire les partisans des intégrismes. Le niqab n’est nulle part une prescription coranique, pas plus que l’esclavage ne fut une directive biblique ou évangélique : il fut pourtant longtemps pratiqué…
La mise hors d’état de nuire des intégrismes et des sectes est une nécessité politique, pour une démocratie politique respectueuse des droits des citoyens.

Autre précision nécessaire, la laïcité, conquise par le peuple français et toujours à défendre, ne consiste pas simplement en respect mutuel des diverses religions, chrétiennes, musulmanes, juives et autres, comme l’affirme Sarkozy. Elle est l’affirmation par la loi que les croyances philosophiques sont d’ordre privé et ne relèvent pas de l’Etat ; toutes les croyances philosophiques et religieuses, certes, mais aussi celles agnostiques ou réfractaires à toute religion. Confondre laïcité et oecuménisme religieux relève de la naïveté ou de l’escroquerie politicienne, dans un pays d’Europe largement irréligieux depuis le 18ème siècle et la Révolution de 1789-94.

Il est enfin indispensable de ne pas perdre de vue la solidarité nécessaire avec les révolutionnaires, progressistes et féministes des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Persécutés, massacrés, comme en Algérie par les intégristes, opprimés par des nationalismes réactionnaires qui nient toute réalité autre qu’arabo-musulmane, ils ne peuvent qu’être désolés de voir quelques militants français faire preuve de complaisance envers leurs persécuteurs intégristes, ou confondre l’amitié entre les peuples des anciennes colonies françaises avec l’alignement sur les dirigeants de leur pays.

La solidarité internationaliste ne peut passer que par le soutien aux courants progressistes des autres pays.

Francis Arzalier

Accueil

sommaire