Lettre de Prague : La situation politique en République tchèque avant les élections législatives
Les élections législatives en République
tchèque auront lieu dans peu, les 28 et 29 mai. Après la chute
du gouvernement droitier au mois de mars 2009.
La crise économique, politique et même morale atteint une partie
toujours plus grande de la population tchèque. Avec plus de 700 mille
chômeurs dans une population de 10 millions d´habitants, avec deux
tiers de salariés qui n´atteignent même pas le salaire moyen,
dans une société où la corruption atteint une ampleur sans
précédent, la situation devient très tendue. Au moment
où une partie de partisans de la droite tourne le dos au Parti démocratique
civique (PDC) qui était à la tête du gouvernement avant
mars 2009 au moment où le parti chrétien – qui a participé
à presque tous les gouvernements à partir de la création
de la Répubique tchécoslovaque – risque de ne pas être
réélu à la Chambre des députés, certains
représentants de la droite ont décidé de former deux ou
trois nouveaux partis politiques qui s´intègrent dans le spectre
politique à droite. Et ils ont ancré dans leur programme électoral
des mots d´ordre tels que la lutte contre la corruption, la réduction
de l´endettement de l´Etat qui augmente chaque année, la
baisse du chômage, la création de milliers de lieux de travail
etc. L´ancien ministre des finances qui est responsable de l´accroissement
graduel de l´endettement de l´Etat a créé un nouveau
parti très droitier dans lequel il préconise des mesures d´austérité
au préjudice du peuple travailleur et des non-privilégiés.
Dans ces circonstances, où presque tous les mass-médias, sauf
ceux qui se trouvent sous l´influence du Parti communiste de Bohême
et de Moravie (PCBM) se rangent à la droite et luttent contre la gauche
(y compris et parfois surtout contre le parti social démocrate), la campagne
électorale devient de plus en plus violente (dans les derniers jours
le vice-président de la social-démocratie, député,
chef du comité budgétaire à la Chambre des députés;
a été bourré de coups et a dû être hospitalisé).
Dans cet état de choses, une partie de citoyens ne s´oriente pas
d´après ses sentiments sociaux et peut se faire rouler par les
politiciens démagogiques.
Le PCBM a proposé au début de la campagne électorale l´exigence
de la politesse et d‘une campagne en n´utilisant que des arguments
politiques. Le parti lui même évite les conflits et attaques personnelles.
Il a dressé la critique des gouvernements après le renversement
du gouvernement socialiste et en même temps il a fait des propositions
capables d‘améliorer la vie des travailleurs et du peuple non-privilégié.
Dans cet ordre d´idées le PCBM a publié à l´occasion du 1er Mai un numéro spécial d´Haló noviny, le seul quotidien gauche en République tchèque. Dans ce numéro spécial on rappelle dix crimes des gouvernements d´après 1989, à savoir :
1. La désintégration de la République
tchécoslovaque;
2. la déprédation des biens nationaux (des centaines de milliards
de couronnes);
3. l´endettement de la République tchèque de 1,2 billion
de couronnes;
4. l´endettement de chaque citoyen y compris les nouveaux-nés d´une
somme de 116 mille couronnes et la menace envers des ménages tchèques
de saisies;
5. la création d´une armée de chômeurs dépassant
700 mille personnes et de milliers de sans-abris;
6. l´intégration de la République tchèque dans les
aventures de guerre de l´OTAN et des EU;
7. l´installation d´une atmosphère d‘intolérance
sociale, de bureaucratie et d´une corrruption omniprésente;
8. l´accroissement effrayant de la criminalité, des meurtres et
des suicides dus aux problèmes sociaux;
9. la désagrégation du système juridique, des lois, qui
ont contribué à la déperdition des biens d´Etat et
à l´appauvrissement des gens.
10. la liquidation de l´agriculture et de l´auto-suffisance alimentaire,
ce qui amène notre pays à devenir dépotoir approvisionné
par „des pays développés“ grâce aux importations
de denrées alimentaires de qualité inférieure et dévalorisée,
de viande, de légumes et de fruits avariés, ce qui menace la santé
des habitants.
En même temps le PCBM a présenté des propositions pour remédier à cet état de choses et a présenté ses candidats aux élections capables de faire de leur mieux pour réaliser les engagements décrits dans les chapitres suivants:
1. Le travail pour tout le monde, un salaire juste;
2. aucune tolérance de la restriction des assurances sociales pour toutes
les générations;
3. la lutte contre la crise économique – régulation du marché,
investissement en faveur de la science, de l´éducation, en faveur
des technologies nouvelles;
4. environnement sain et développement durable;
5. la famille, fondement du contentement, les enfants et la jeunesse, espoir
pour l´avenir;
6. l´éducation, l´instruction, la culture, le sport;
7. les sûretés juridiques pour les citoyens, empêcher l´injustice;
8. la démocratie, les droits de l´homme; le PCBM représente
l´assurance de la démocratie;
9. l´accès égal aux informations;
10. la vie en paix, sans pactes militaires, sans bases étrangères
et sans guerres.“ Ce sont les tâches pour la réalisation
desquelles les communistes s´engagent à se battre pour la démocratie,
pour la vie libre des citoyens sur le chemin du socialisme futur sans les défauts
du passé.
Ota Lev