Le bouclier antimissile est mort, pas l’impérialisme US.

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Barack Obama a abandonné le projet de « bouclier antimissile ». Dix stations de missiles d’intervention étaient prévues par Bush en Pologne et République Tchèque, sous le prétexte de la « menace iranienne » à venir, en réalité pour encercler la Russie, qui ne s’y trompa pas, avec l’appui des gouvernements conservateurs d’Europe de l’est. Les raisons de cet abandon sont multiples, mais ne signifient en rien un changement de la nature agressive de l’impérialisme américain, à peine un peu plus de réalisme de ses porte-parole.

1 – Première raison, l’opposition résolue d’une partie des opinions en Europe de l’est, qui croient de moins en moins à la nécessité de jouer, en risquant le massacre, les larbins des intérêts américains contre la Russie et l’Iran, voire la Chine. Il faut à ce propos, saluer la lutte courageuse des communistes tchèques.

2 – En second lieu, Obama qui entame des négociations avec le régime iranien (en lui laissant les mains libres en Irak…), et avec la Russie qui se renforce (sur les armes nucléaires, en limitant les ambitions agressives de ses protégés ukrainiens et géorgiens), se donne par cette «concession » les moyens de négocier.

3 – C’est aussi pour les USA une façon de renforcer et récompenser « l’Europe » supranationale, dans le cadre de l’OTAN, que la France de Sarkozy vient de réintégrer : l’Europe de l’est ne sera pas, comme prévu par Bush, sous le grand parapluie américain, mais sous la protection de l’OTAN, euro-atlantique. Est-ce un progrès ?

4 – Autre motivation d’Obama et des stratèges étasuniens : économiser l’énorme dépense du « bouclier antimissile ». L’économie des USA va mal, le chômage grandit, les déficits de l’Etat US sont abyssaux, à tel point qu’ils risquent d’interdire au président élu de réaliser ses promesses électorales en matière de protection sociale, au risque donc de perdre toute popularité parmi les moins aisés qui l’ont élu. La cause essentielle de ces déficits est l’énorme somme consacrée par les USA au budget militaire : elle représente 45 % de la totalité des dépenses militaires mondiales ! (la part de la Russie représente 3 % de ce total, celle de l’Europe des 25 représente 21 %). Voilà pourquoi Obama doit freiner sur ce point, plutôt que continuer la fuite en avant de Bush. Il est suffisamment intelligent pour n’avoir pas oublié que l’URSS est morte un jour de ses énormes dépenses d’armement…

5 – Cela ne signifie en rien la disparition de l’impérialisme militaire en Europe, avec les risques de guerre qu’il implique. Le projet de « bouclier longue portée » annulé, les USA, par la voix de Mr Gates, ministre de la défense US, prévoient de déployer en Pologne et Tchéquie des missiles de courte et moyenne portée, et peut-être des missiles « Patriot » en Pologne. Quant à un éventuel système de défense « anti-iranien », ce pourrait être pour plus tard si nécessaire, en Turquie ou au Kosovo, selon les spécialistes de stratégie nucléaire russes ou nord-américains.
La voix des peuples en faveur de la paix devra encore s’exercer, la menace de guerre est toujours là : l’Irak détruit, livré aux intégrismes meurtriers et au sous-développement par l’invasion américaine, l’Afghanistan où l’occupation occidentale ne fait que renforcer la popularité des Talibans, en sont la démonstration évidente.

Francis Arzalier

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