NOUVEAU REVERS DES éTATS-UNIS EN AMERIQUE LATINE

Pendant longtemps, trop longtemps, les États-Unis considéraient les pays d'Amérique latine et centrale comme leur arrière-cour, leur chasse gardée. Ils n'hésitaient pas à intervenir pour faire échec aux mouvements populaires, fomenter des coups d'État et installer des dictatures à leur dévotion.

Ce temps-là est révolu! L'exemple et l'expérience de la Révolution cubaine, les luttes des peuples d'Amérique latine et centrale ont permis de balayer les dictatures et d'imposer des gouvernements qui se dégagent de la tutelle étasunienne et sont à l'écoute de leurs peuples. Dans de nombreux pays, les ressources vitales sont en voie de nationalisation, les firmes multinationales sous contrôle, des coopérations engagées (type ALBA) dans l'intérêt des peuples en lieu et place du libre-échangisme étasunien, les États-Unis chassés des affaires intérieures.

Cette mobilisation populaire, relayée par de nombreux gouvernements, a imposé des reculs successifs aux États-Unis. Dernier en date: la 39ème assemblée générale de l'Organisation des États américains (OEA), qui avait été créée et instrumentalisée par les États-Unis, vient de leur infliger un camouflet en levant l'interdiction de Cuba à en être membre. Comme l'a souligné le gouvernement cubain, cet "acte de portée historique désavoue ouvertement la politique suivie par les États-Unis contre Cuba dès 1959 (...) et n'a d'autre objectif que de réparer une injustice historique faite aux peuples de Cuba et d'Amérique". En effet, depuis sa création, l'OEA n'était qu'un instrument servile de l'hégémonie étasunienne: elle a approuvé le blocus contre Cuba, obligé ses membres à rompre les relations diplomatiques avec Cuba, soutenu les opérations étasuniennes de déstabilisation et de subversion. Création fantoche des États-Unis, l'OEA n'a aucune raison d'être. Pour toutes ces raisons, Cuba a confirmé qu'elle ne réintègrerait pas l'OEA malgré la levée de l'interdiction décidée contre la volonté de Washington. Cuba, qui entretient aujourd'hui des relations diplomatiques avec tous les pays de la région, sauf les États-Unis, est fermement décidé à renforcer ses liens de solidarité et de coopération, à défendre sa liberté et sa souveraineté, à poursuivre son combat pour l'instauration d'une société plus juste et plus équitable débarrassée du capitalisme. Face aux manœuvres des États-Unis qui, malgré les reculs qui lui sont imposés, n'ont pas renoncé à maintenir leur influence, le peuple cubain et les peuples d'Amérique latine ont plus que jamais besoin de notre solidarité. En retour, leur expérience peut nous aider dans notre propre lutte.

Jean Paul Le Marec

Amérique Latine

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