Le président de la république tchèque a nommé un cabinet de technocrates
Après la chute du gouvernement ont eu lieu deux événements
assez importants: la formation d´un gouvernement provisoire et le vote
du Sénat concernant le traité de Lisbonne. En dehors de cela on
ne peut ignorer l´accroissement assez rapide de l´extrémisme
de droite dans le pays.
Après s‘être copieusement insultés, les représentants
du Parti démocratique civique (PDCI) et du Parti social démocrate
(PSD) se sont mis d´accord pour proposer un nouveau gouvernement. Dans
ces conditions, le président V. Klaus a nommé chef d‘un
cabinet de technocrates, M. Jan Fischer, directeur de l´Institut tchèque
des statistiques. Ces "personnages apolitiques" devront gérer
le pays jusqu´aux élections anticipées qui auront lieu probablement
au mois d´octobre. Le nouveau gouvernement comprend 16 membres dont 6
étaient présentés par le PDCI, 2 par le PV et 8 par le
PSD. Le Parti démocratique chrétien (PDCR) a refusé de
prendre part à la composition de ce gouvernement, le Parti communiste
(PC) n´a pas été consulté, alors qu‘il s‘était
prononcé pour un gouvernement d´entente nationale, avec tous les
partis parlementaires. Le chef du gouvernement a 30 jours pour formuler un programme
et le présenter à la Chambre des députés en demandant
l´approbation de ce programme et en même temps de son gouvernement.
Les sénateurs du PDCI représentent toujours
une majorité fragile au Sénat. Alors qu‘ils s‘étaient
prononcés contre l´approbation du traité de Lisbonne, au
cours du vote 12 d´entre eux ont finalement – après la menace
du chef du gouvernement de démission – ajouté leurs voix
en faveur du traité de Lisbonne, ce qui a rendu possible l´accord
de la majorité du Sénat. Ce vote a divisé en une certaine
mesure les sénateurs du PDCI; une partie de ces sénateurs demande
à la Cour constitutionnelle de proclamer le traité de Lisbonne
en désaccord avec la constitution tchèque. Et le président
de la république qui critique ce traité, a déclaré
qu´il n´irait pas mettre sa signature sous ce document avant la
réponse de la Cour, ce qui doit durer quelques mois.
L´extrême droite relève la tête. L´administration
ne fait rien pour empêcher ses cortèges, ses manifestations, ses
réunions, les rencontres des forces réactionnaires de différents
pays et au contraire elle poursuit les opposants aux droitiers et aux fascistes.
C´est aussi le racisme qui s‘exprime dans la société.
Il y a quelques jours, des criminels en jetant une bouteille incendiaire ont
brûlé dans la nuit l´appartement de Tziganes. Tous les membres
de la famille ont été sérieusement brûlés.
Une fillette de deux ans reste toujours à l´hôpital, son
état est critique. Après cet événement, le chef
du gouvernement démissionnaire a déclaré qu´il ne
connaissait pas d´extrémisme de droite, et que d´après
lui, seul l´extrémisme de gauche existe. Bien sûr ces positions
officielles ne font que soutenir l´extrémisme de droite. Cependant
il faut noter que le chef du gouvernement désigné a adopté
un point de vue ferme et juste dans cette affaire.
Ota Lev