"DéMOCRATIE à L'OCCIDENTALE", DE PARIS A L'ÎLE DE CORSE, DE KIEV A CARACAS

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publié le : 29 avril 2019

Depuis deux mois, sous prétexte de " Grand Débat", le Président-monarque a poursuivi sa tournée électorale, dans les diverses régions du pays. Des invités triés, autorisés à venir poliment lui présenter leurs doléances, et, en retour, un monologue maîtrise - faire valoir de décisions prises à l'avance. Une belle illustration de la "démocratie" inaugurée par notre Président, qui n'a jamais conquis l'approbation de plus du quart de l'opinion depuis son élection. Lui et sa Cour nous ont en tout cas annoncé leur argument essentiel pour l'emporter lors des élections à venir, ça a marché en 2017:

" Moi ou le chaos !", disait De Gaulle il y a 60 ans.
" votez pour Moi, Macron, qui suis la Démocratie, contre les méchants Populistes" !

Cette dichotomie simpliste est à l'évidence absurde, d'abord parce qu'elle réduit sous le même vocable irrationnel de Populisme des opinions exactement contraires, des hommes et femmes qui combattent l'injustice capitaliste, et les partis d'extrême droite qui la consolident grâce à la xénophobie, et qui ne rêvent que de supprimer partis et syndicats représentant les salariés en lutte.

Mais plus encore, parce que ce Centre mou libéral En Marche derrière Macron est étranger à l'idéal démocratique, pour lequel tout pouvoir n'est que la volonté des citoyens. Les élections de 2017 ont surgi du contraire, qui ont donné à la France une " Chambre introuvable", une Assemblée qui n'a rien de représentative, puisque les trois quarts des députés ne sont que clones de Macron et ses 25 pour cent, et les oppositions confondues réduites à la figuration lors du vote des projets de lois du Maître des Horloges a l'Elysée. Cette " démocratie" accoucha en deux ans d'un flot de " réformes " réactionnaires et répressives, et s'évertue, derrière un rideau de verbiage, à poursuivre sa marche vers le passé. Le plus récent fleuron de cette démocratie selon Macron et ses amis est la loi répressive contre les manifestations, répressive à tel point que les foudres de guerre gauchistes du Conseil constitutionnel en ont retoqué une partie !

DéMOCRATIE MACRON EN CORSE

Dernier exemple en date, la conclusion en Corse du " Grand Débat", dans le village montagnard de Cozzano, ou Macron avait invité 300 personnes environ à venir porter doléance à l'issue de quelques heures de route, et à entendre sa parole. Parallèlement,il avait sèchement refuse de venir dialoguer a l'Assemblée de Corse, dont la majorité dite nationaliste à tout de mémé été élue avec un pourcentage électoral bien supérieur au sien. Et grâce au mode de scrutin ultra-majoritaire en usage partout en France. Ces "Nationalistes" sont, comme lui, des libéraux, qui agitent l'identité et la langue pour faire oublier que l'île à des poches de pauvreté aussi évidentes que le 9-3 ou le Nord-Pas de Calais. Mais, élus, ils méritent considération démocratique autant que ses béni-oui-oui du Palais Bourbon. Le "Débat" de Cozzano a réuni 60 maires, tous de la Droite insulaire, qui, après leurs dols d'ordre municipal, se sont vus infliger un monologue monarchique, certes bien nourris d'évidences, il sait faire, et d'une seule promesse concrète: les rivages jusqu'ici protégés de la spéculation immobilière par la loi de protection du littoral, seront dorénavant constructibles par dérogation !

Dans une Corse sans industries et sans emplois, ravagée déjà par le "tout tourisme", où la spéculation sur les terrains à bâtir est telle qu'elle engendre corruption et criminalité, ce feu vert libéral est à la fois irresponsable et méprisant pour les citoyens de l'île...

DéMOCRATIE MACRON EN UKRAINE

Cette soit-disant "démocratie" que prétendent promouvoir Macron et ses Marcheurs, nous en retrouvons un exemple éclairant à l'est de notre continent. L'Ukraine, ce grand pays qui fut il y a 70 ans l'un des fleurons de l'URSS victorieuse, avec en 2004 une "Révolution" comme les aiment bien Macron, Merkel, et Trump, dans les pays qu'ils veulent assujettir. Profitant du mécontentement cause par l'économie délabrée par l'implosion de l'URSS, les Nationalistes ukrainiens, héritiers reconnus de ceux qui avaient en 1941 pactise avec l'envahisseur nazi, se sont installés au pouvoir par une insurrection armée, largement financée par les Puissances d'Occident. Ils ont même un temps convaincu les crédules Ukrainiens qu'il suffirait d'être admis à l'UE et l'OTAN pour accéder d'un coup aux salaires allemands et voir les étals de Kiev crouler sous les bananes. Timochenko, puis Porochenko, l'oligarque, fêtés comme " libérateurs de la démocratie " par les medias français, n'ont en fait réussi en ans qu'à réduire l'Ukraine et son capitalisme rétabli à quémander des subsides a l'UE, à accoucher d'inégalités sociales abyssales, d'une guerre féroce avec ceux du Donbass et d'ailleurs rêvant du retour à la Mère Russie, et de millions de citoyens souhaitant émigrer vers le mirage berlinois. à part ce désastre économique et social, un " Parlement-croupion " siège à Kiev, né d'un suffrage "universel", dont les Communistes sont exclus.

C'est dans ce contexte délétère qu'ont eu lieu les élections présidentielles ukrainiennes de mars 2019. Elles révèlent la désillusion de l'opinion: 18 candidats (!), mais pas de communistes, interdits..., 45 pour cent de votants (!), et un humoriste déjanté à la Coluche ( Zelenski ) qui arrive en tête avec 30 pour cent, alors que les sortants Timochenko et le Président Porochenko obtiennent respectivement 12 et 16 pour cent ! En voilà de la démocratie !

On ne sait* qui sera "élu" a l'issue de cette mascarade "démocratique" que l'Occident observe avec gourmandise. Une seule chose est assurée: A la fin de ce processus ridicule, un Pouvoir nationaliste et partagé par les plus riches pro-UE et OTAN, persistera à conduire le peuple ukrainien vers la guerre, la pauvreté et le chaos, s'il ne se ressaisit pas en retrouvant ses traditions de lutte sociale et politique. Cette sanction sans appel des électeurs Ukrainiens n'empêche pas nos Macroniens de parler de " la démocratie rétablie en Ukraine contre l'héritage de l'URSS "...

ET AU VENEZUELA

Ils ont aussi largement dévoilé ce que vaut leur idée de la "démocratie" à propos du Venezuela, où le régime Socialiste élu du Président Maduro est soumis depuis des années au sabotage économique et aux tentatives de putsch armé de la Droite soutenue par les USA. L'insurgé Guaido, qui proclame sa volonté de prendre le pouvoir par la force, voire par l'invasion d'une armée étrangère, comme le fit autrefois Franco contre la République espagnole, a été reconnu par l'UE et Macron, a la remorque de Washington.

Rarement le concept de Démocratie n'a été autant détourné de son sens véritable que dans la France d'aujourd'hui....

Francis Arzalier

* après que cet article ait été écrit Le clown Zelenski a été "brillamment" élu.

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