DÉBAT DU QUINZE DÉCEMBRE 2018 : " la démocratie à l'occidentale", un modèle universel ? Vous plaisantez, Monsieur Macron ! ".

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Le samedi 15 décembre, a eu lieu la rencontre-débat organisée par le Collectif Polex sur le thème " la démocratie à l'occidentale", un modèle universel ? Vous plaisantez, Monsieur Macron ! ". Malgré des conditions difficiles imprévues, un débat animé à suivi les interventions du militant malgache JC Rabeherifara, du militant franco-africain R. Diagne , et de Bruno Dwreski ( publiés ci dessous par nos soins )
. publié le : 2 janvier 2019

PRESENTATION PAR FRANCIS ARZALIER, POUR LE COLLECTIF COMMUNISTE POLEX, ORGANISATEUR

Merci d'avoir répondu à l'invitation du Collectif Polex, que je dois présenter en quelques mots. Le Collectif Polex, créé en 2001, est une association indépendante de tout parti politique, et qui ne vit que des cotisations et des décisions de ses adhérents. Des adhérents divers, qui n'ont en commun que leur fidélité à l'idéal communiste, c'est à dire leur opposition sans concession à tout impérialisme, et à l'inégalité capitaliste.

Le thème abordé aujourd'hui est pour nous essentiel. L'idéologie libérale au pouvoir, incarnée en France par le Président Macron, ses Ministres et les idéologues médiatiques qui œuvrent à formater l'opinion, utilisent volontiers la falsification des concepts.

C'est ainsi que le concept "démocratie", qui signifie depuis sa naissance il y a 2500 ans que des citoyens égaux entre eux exercent le pouvoir politique sur eux-mêmes, décident sans contrainte de leurs droits et leurs devoirs, est utilisé par eux pour qualifier sa version libérale, occidentale, voire française. Dans cette acception, la démocratie est d'abord le capitalisme, et se limite à des scrutins épisodiques pour choisir des responsables libres ensuite de leurs choix jusqu'au scrutin suivant, quels qu'aient été leurs promesses avant l'élection. Dans une société capitaliste, ou s'opposent possédants et non-possédants des moyens de production de marchandises et d'idées, certains des candidats disposent de moyens financiers et médiatiques énormes pour convaincre l'électeur ou l'acheter. Il suffit selon nos théoriciens libéraux pour garantir le caractère démocratique que plusieurs partis s'y confrontent pour accéder au pouvoir, même si leur orientation politique est la même.

La France de 2018 est un exemple parfait de cette falsification de la notion même de démocratie: en 2017, le candidat Emmanuel Macron a été choisi par les possédants et leurs idéologues, et promu auprès de l'opinion par les médias a leur service, y compris grâce à l'élimination de ses concurrents par leur entremise. Il a été finalement élu Président par une minorité de citoyens français, dont beaucoup n'ont voté pour lui que pour éviter sa concurrente d'extrême droite. Dans la foulée, en profitant du discrédit dans l'électorat des partis dits "de gauche", englués dans l'opportunisme et le carriérisme, il a fait élire une majorité de députés à sa dévotion, qui, depuis, votent sans désemparer une avalanche de "réformes" libérales, une destruction systématique des services publics et conquêtes sociales du siècle précédent. Ces tenants des dogmes libéraux, le monarque-Président qui les dirige, sont impopulaires a tel point que la France est en ébullition, sous la forme désordonnée de ceux qui se baptisent Gilets Jaunes. Depuis des semaines, des centaines de milliers de Gilets Jaunes refusent de se soumettre aux ordres méprisants de Macron et ses ministres. La plupart d'entre eux ne votaient même pas, refusent de se reconnaître dans un parti ou un syndicat, mais ils sont le visage de la France des fins de mois difficiles, et leurs revendications sociales sont les nôtres, et aussi leurs aspirations confuses a plus de démocratie politique véritable. Macron n'a été élu il y a un an et demi que par défaut, parce qu'il a réussi à se présenter comme le rempart de la "démocratie" contre l'extrême droite xénophobe. Il tente de le faire encore, mais il a dévoilé ce mois ci le visage véritable de son pouvoir, des centaines de lycéens forcés par la police en armes de rester à genoux, bras levés contre un mur, et les blindés de la gendarmerie quadrillant les rues de Paris.

Et l'escroquerie d'État qui consiste à jouer de l'odieux attentat de Strasbourg pour tenter de stopper la grogne sociale sans satisfaire les revendications est encore exemplaire de la "démocratie" selon Macron. C'est cette soit disant "démocratie"que Macron et nos maîtres à penser des petits écrans présentent comme un modèle universel pour les peuples du monde entier, au point que nos forces armées sont habilitées à aller l'imposer en Afrique, ou ailleurs. Cette prétention à l'universel de la "démocratie à l'occidentale" se nommait autrefois la pensée coloniale, elle se prétend aujourd'hui droit d'ingérence au nom des Droits de l'Homme, elle n'est que le visage actuel de l'impérialisme politique, économique ou militaire, le visage de l'inégalité entre les peuples et entre les hommes.

On pourrait multiplier les exemples de cette falsification dans tous les continents livres à l'inégalité capitaliste. Ce sera l'objet du débat. Pour l'introduire, les 4 intervenants à cette tribune vont témoigner de quelques exemples actuels dans les pays qu'ils connaissent le mieux.

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