Quand l'empire se fissure... la confiance renaît !

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publié le : 28 août 2018

alors que la politique française, avec Emmanuel Macron à l'Elysée, ne permet d'entrevoir aucun signe d'optimisme, aucun changement politique à court terme, il est bon de se projeter au niveau de la planète pour mesurer l'ampleur des changements positifs intervenus à l'échelle mondiale ces vingt-cinq dernières années.

Rappelons-nous les années 1990, l'explosion de l'Union soviétique, la coalition américaine et sa première guerre d'Irak, les pays de l'Est européen annexés économiquement par l'impérialisme allemand, "la fin de l'histoire" annoncée par l'américain Fukuyama, c'est-à-dire la victoire définitive de l'impérialisme US sur le reste du monde.

C'était à désespérer.

A l'époque, le pouvoir à Washington, tout à son triomphe, se croyait permis de claironner haut et fort ses intentions impériales.

Deux rapports du Pentagone, dont l'un signé par Paul Wolfowitz, sous-secrétaire à la Défense, chargé des affaires politiques, annonçaient les orientations des Etats-Unis en matière de politique étrangère. Le but de celle-ci ,est-il écrit, est de "convaincre d'éventuels rivaux qu'ils n'ont pas besoin d'aspirer à jouer un plus grand rôle".

Pour y parvenir, il faut - c'est dans le rapport - que ce statut de super puissance unique soit perpétué par "une force militaire suffisante pour dissuader n'importe quelle nation ou groupe de nations de défier la suprématie des Etats-Unis"..."et de décourager celles-ci de "défier le leadership (américain) ou chercher à mettre en cause l'ordre économique et politique établi" et même "de vouloir jouer un rôle régional ou global".

On mesure ainsi le cynisme de Washington qui entend, alors, régenter le monde.

Eltsine et Clinton : les deux compères

Dans ces années-là, la Russie d'Eltsine est un grand bric-à-brac où tout un chacun puise à pleines mains. La Chine esquisse son avenir, avec une stratégie à long terme, afin de prendre place, un jour, dans le concert des nations. L'Europe, derrière un mur d'argent, est devenue un simple grand marché, dont les peuples sont livrés pieds et poings liés au grand capital.

Qui aurait aurait pu alors envisager le monde d'aujourd'hui ?

La Chine dispute aux Etats-Unis la place de première puissance économique du monde; Elle y construit ses nouvelles routes de la soie. Le pouvoir d'achat par habitant, calculé par la Banque mondiale est passé de 986 dollars en 1990 à 15535 dollars en 2016...et depuis la hausse s'est accentuée. Qui dit mieux ?

La Russie s'impose comme État de premier plan dans les affaires internationales. Sa force militaire rivalise avec celle des USA. Et de surcroît, la Russie a infligé deux défaites majeures à l'impérialisme US, la première en récupérant pacifiquement une de ses provinces, la Crimée (attribuée administrativement à l'Ukraine au sein de l'Union soviétique par Kroutchev); alors que l'Otan projetait d'en faire son porte-avions, la seconde défaite en Syrie où les forces militaires russes ont permis au gouvernement légal d'Assad de résister et de vaincre la coalition impérialiste menée par les Etats-Unis.

Les deux premiers échecs majeurs des USA depuis la guerre du Viet-Nam.

Et sur tous les continents se liguent pacifiquement des nations pour assurer leur indépendance économique et politique d'une part, dans l'Organisation de Coopération de Shanghai (la Russie, la Chine ,l'Inde, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Pakistan, et à titre d'observateurs, l'Iran, l'Afghanistan, la Mongolie et la Biélorussie ), et d'autre part à travers les BRICS (Brésil - Russie - Inde - Chine - Afrique du Sud), qui défient la puissance du dollar en mettant en chantier leur propre monnaie.

Ainsi, chacun peut ainsi mesurer les changements intervenus au cours de ces toutes dernières décennies dans le rapport de forces mondiales.

Jean LEVY

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