Jaurès ou Déroulède ? Benoit Hamon a choisi : Déroulède !

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mis à jour le : 10 Mai, 2017

A la veille de 1914 les impérialismes français, allemand, britannique … s’affrontent, tous veulent imposer leur propre domination dans l’espace colonial, sur les mers, dans les Balkans et ailleurs. A l’opposé, Jaurès, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Lénine mettent en garde contre le risque de guerre, chacun, dans son pays, dénonce l’augmentation des budgets militaires, les gesticulations militaires aux frontières, les rodomontades guerrières.

Dans tous ces mêmes pays, les nationalistes ne rêvent que de revanche pour imposer la victoire de leur impérialisme sur l’impérialisme concurrent. Et Déroulède chante : « l’air est pur la route est large, le clairon sonne la charge… ». A Berlin, tout sera fini avant les vendanges !

Bien sûr, pour les commis-voyageurs de la guerre, il n’est pas simple de vendre une guerre avec pour seul argument la défense d’un impérialisme contre un autre. Il faut des arguments plus attrayants : la démocratie, la liberté, le renversement des tyrans, la défense des frontières contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ou bien le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre la défense des frontières, etc. L’impérialisme dispose d’une imagination débordante pour camoufler ses sordides intérêts derrière un prétendu humanisme.

Il suffit de relire ce que disait Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, anarcho-syndicaliste converti au militarisme, le 4 août 1914, sur la tombe de Jaurès, en lui attribuant sans vergogne ses propres turpitudes : « S’il (Jaurès) était encore là (…) il nous dirait, camarades, que dans l’âpre lutte qui s’engage, au dessus de la cause nationale, vous défendrez la cause de l’internationale et celle de la civilisation dont la France est le berceau ». Et plus loin : « Empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, hobereaux de Prusse et grands seigneurs autrichiens qui, par haine de la démocratie, avez voulu la guerre, nous prenons l’engagement de sonner le glas de votre règne ».

La suite est connue : plus de 10 millions de morts, des pays dévastés… et même, ce qui n’était vraiment pas prévu, la révolution bolchevik….

La situation d’aujourd’hui est-elle comparable ? Certainement pas. Aujourd’hui une guerre généralisée, avec l’existence des armes nucléaires, n‘entrainerait pas « seulement » dix millions de morts, mais peut-être la fin de l’humanité, alors que les rivalités entre les impérialismes états-uniens, russe, français, chinois, allemand, britannique s’aiguisent..

Dans ces conditions, que faire ?

Quoique l’on pense de la politique intérieure des uns et des autres, l’urgence est à la négociation et non pas à la poursuite de sanctions économiques qui handicapent autant le sanctionnant, que le sanctionné.

L’heure n’est pas à renforcer l’Union européenne en développant « l’Europe de la défense » pour mieux surarmer une partie de l’Europe contre une autre partie de l’Europe.

Que propose B. Hamon ?

Incapable de se placer «au dessus de la mêlée», il fait monter la pression contre la Russie, agresse un de ses concurrents en le traitant de complice de Poutine, comme certains, avant-hier, n’appelaient le directeur de l’Humanité que « Herr Jaurès », et surtout il ne dit pas un mot sur l’action des pays de l’Otan qui massent des troupes et des chars en Pologne, dans les Pays Baltes, aux frontières de la Russie. La France de Hollande prend une part active à ces opérations. Un bataillon de chars français type Leclerc du 1er régiment de chasseurs de Verdun a rejoint les blindés du 2ème RIMa du Mans pour participer à l’encerclement de Kaliningrad.

Mais cela n’est pas suffisant : comme E. Macron, F. Fillon et M. Le Pen, il propose d’accroître le budget militaire pour le porter à 2 % du PIB, anticipant le vœu de D. Trump. La raison doit l’emporter, il faut mettre en avant la nécessité de négociations internationales et réduire l’influence de tous les va t’en guerre.
La France a un rôle à jouer, elle doit sortir de l’OTAN, de l’Alliance Atlantique, de l'Union Européenne et favoriser des relations apaisées entre tous les pays en gardant à l’esprit que « la liberté ne s’exporte pas à la pointe des baïonnettes», et qu’il appartient à chaque peuple de choisir son propre gouvernement. Mais cependant, ayons conscience que la solution définitive réside dans la disparition de tous les impérialismes « stade suprême du capitalisme », et là aussi, l’action des peuples sera décisive !

Robert Malclès

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