Cuba socialiste: venceremos !

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mis à jour le : 21 Octobre, 2017

L'an 2014 s'est terminé en apportant ce que nous espérions depuis 60 ans: les États-Unis, première puissance mondiale, ont enfin cessé de nier l'existence de la petite nation cubaine rebelle, supposée les menacer en s'obstinant à rejeter le capitalisme à leurs portes. Cette reconnaissance diplomatique négociée devrait permettre en seconde étape la fin du blocus imposé par Washington à Cuba depuis un demi-siècle, au mépris de toute équité internationale.

Déjà, les " Cinq " Cubains, prisonniers politiques aux USA pour avoir défendu leur pays, ont pu fêter leur liberté à La Havane. Le peuple cubain est en droit d'espérer la fin de cette interminable " Guerre Froide ", qui a vu les Présidents états-uniens successifs, de Kennedy à Obama, expédier vers l'île des commandos de tueurs, des envahisseurs armés, et asphyxier son économie déjà mise à mal par le forfait de la défunte URSS.

Depuis 1990, Cuba a réussi le tour de force de maintenir pour l'essentiel ce qu'il avait acquis par le socialisme, grâce à l'intelligence et la probité de ses dirigeants, et au courage patriotique de son peuple, alors que le " Camp Socialiste " s'effondrait comme un château de cartes ailleurs.

C'est pourquoi le Peuple Cubain a bien mérité sa victoire: Nous l'avons souhaitée avec lui, nous nous en félicitons.
Mais nous n'ignorons pas que l'impérialisme états-unien est toujours la,d'autant plus virulent et néfaste qu'il a dû reculer devant de nouveaux concurrents comme la Chine, et qu'il a vu s'effriter sa domination en Amérique Latine. C'est même pour cela, parce qu'il est désavoué par la majorité actuelle des états d'Amérique, qu'Obama s'est enfin résolu à
" reconnaître " l'existence de Cuba. Il l'a fait avec les mêmes objectifs impérialistes qu'autrefois, mais avec une nouvelle tactique: elle compte essentiellement sur le poids des contraintes économiques et monétaires exercées par le "Marché" capitaliste mondial, dominé par les USA.

Les États Unis et leurs compères du Moyen-Orient, Arabie Saoudite et autres émirs, ont, en quelques mois, organisé la chute de 50 pour cent du prix du pétrole brut, dans un but essentiellement géopolitique. Cela leur permet de tenter de détruire l'économie de leurs ennemis essentiels, l'Iran au Moyen-Orient, la Russie a l'est de l'Europe, que l'OTAN essaie par ailleurs d'étouffer par un blocus. Mais cette dégringolade largement artificielle du " Brut " est plus encore destinée à déstabiliser un autre producteur, le Venezuela progressiste, qui fait profiter ses citoyens les plus pauvres du pactole pétrolier, et alimente en énergie son allié cubain. Grâce a cette asphyxie du budget national vénézuélien, et avec l'aide des partis de Droite à Caracas, Washington espère y provoquer le mécontentement populaire, et parvenir au renversement du régime " Bolivarien ", comme il le fit au Chili en 1973.

Dans ce scénario-catastrophe made in USA, le pion Cubain, réduit aux seules rentrées financières du tourisme, souffrirait lui aussi de pénuries. Les stratèges de Washington comptent alors beaucoup sur la corruption monnayée que pourrait entraîner à Cuba l'afflux de capitaux et de biens de consommation venus du " Grand Frère " du Nord.

On ne peut sous-estimer ce projet mortifère: déjà, le développement nécessaire du tourisme massif à Cuba a fait naître des inégalités redoutables : depuis des années, une fille facile a La Havane peut gagner en quelques heures plus en dollars qu'un ouvrier en un mois de salaire. Certains a Washington espèrent que la prostitution consumériste va contaminer tout le peuple Cubain au cours des prochaines années, et tuer ainsi les idéaux égalitaires et patriotiques du socialisme.

Cela pourrait être le cas si les dirigeants cubains étaient naïfs ou corrompus, comme d'autres l'étaient il y a 25 ans en URSS. Mais Raul Castro et ses camarades ne sont pas Gorbatchev ou Eltsine, et le peuple Cubain n'est pas à vendre pou quelques lentilles venues de Miami.

Il aura encore besoin de notre solidarité contre l'impérialisme.

Francis Arzalier

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